Agence d’appui au développement des collectivités territoriales

Le directeur général du Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT), Bruno Dipama, a animé une conférence de presse, le mardi 5 janvier 2021 à Ouagadougou. La conduite du processus  de restructuration de son institution et le bilan de ses deux ans d’exercice ont meublé les échanges.

Depuis le 7 octobre 2020, le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) a été rebaptisé, en Conseil des ministres, Agence nationale d’appui au développement des collectivités territoriales (ADCT). Cette mutation institutionnelle, comme l’a rappelée le Directeur général (DG) du FPDCT, Bruno Dipama, au cours de la conférence de presse d’hier, mardi 5 janvier 2021, est l’aboutissement d’un processus de restructuration entamé depuis 2019. Après une décennie d’existence, a-t-il indiqué, son institution se devait de « se réinventer » pour plus d’efficacité. Malgré un « bilan éloquent » se traduisant par une mobilisation de 120 milliards F CFA, entre 2008 et 2020, pour financer plus de 12 000 projets structurants au profit des 364 collectivités territoriales du Burkina, a constaté le DG, l’action de sa structure était limitée. « Le FPDCT apportait uniquement des subventions aux collectivités, mais avec sa transformation en ADCT, nous pourrons désormais apporter de l’appui technique et octroyer des prêts et garanties aux emprunts au profit des collectivités », a précisé M. Dipama. Il a ajouté que l’ADCT, établissement public de l’Etat, a sollicité 75 milliards F CFA auprès du ministère des Finances pour pouvoir remplir ses nouvelles missions et est en attente de réponse. « Si nous ne parvenons pas à obtenir ce montant, nous ferons avec ce dont on disposera », a confié le DG, pour qui le principal défi est d’opérationnaliser « pleinement » l’ADCT, d’ici le 1er juin 2021. Un chronogramme, établi à cet effet, prévoit la mise en place, dans « les prochaines semaines », des organes d’administration et de gestion, notamment le Conseil d’administration et la Direction générale. Cette démarche, à entendre M. Dipama, se traduira par diverses actions. Il s’agit, entre autres, de la nomination des administrateurs et d’un DG, l’adoption d’un organigramme, l’élaboration des documents opérationnels et des différents outils, la création d’un logo et la conception d’un plan de communication et d’un plan stratégique pour la période 2021-2025. « L’ADCT se veut un mécanisme unifié de financement et d’appui technique des collectivités territoriales contribuant à la mise en œuvre des politiques publiques en matière de développement et de gouvernance », a-t-il souligné.
Le second point développé par le DG Dipama lors de la conférence de presse, c’est son bilan à la tête du FPDCT depuis son installation, le 28 décembre 2018. En deux ans d’exercice, s’est-il félicité, de nombreux acquis ont été engrangés, conformément aux objectifs qu’il s’était fixés en accédant à cette fonction. Il a cité, parmi tant d’autres, la réforme du FPDCT avec l’adoption de nouveaux référentiels juridiques, une plus grande visibilité dans les médias, l’amélioration du traitement des dossiers, le renforcement des capacités des agents, l’accroissement du portefeuille des projets en faveur des collectivités et l’augmentation des partenaires techniques et financiers. Sur ce dernier point, le DG Dipama a affirmé que la FAO et la Banque mondiale se sont ajoutées aux partenaires traditionnelles, telles l’AFD et la KFW. « Les actions menées ont été possibles grâce au soutien des agents du FPDCT. Je voudrais saluer leur rôle important dans les résultats engrangés et leur souhaiter une bonne année 2021, de paix, de succès et de santé »,
a commenté M. Dipama.

Kader Patrick KARANTAO

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Pas de subvention aux collectivités en 2021

Pour l’année 2021, le FPDCT n’apportera pas de subventions, couramment appelé « droit de tirage », aux collectivités, selon le DG Dipama, pour deux raisons. La première, à l’écouter, est que certaines collectivités n’ont pas encore épuisé les subventions reçues les années antérieures. « Celles-ci doivent utiliser leurs subventions et pouvoir justifier. C’est dans leurs intérêts », a-t-il soutenu. La seconde est liée à des contraintes budgétaires internes. En 2020, a-t-il rappelé, son institution devait recevoir un soutien de 6 milliards F CFA de l’Etat, mais à cause de la conjoncture économique imposée par la crise sanitaire de la COVID-19, c’est la moitié de la somme qui leur a été allouée. Alors que des conventions de financements avaient déjà été signées avec les collectivités territoriales. Dans le même temps, a-t-il mentionné, le FPDCT s’est vu retiré également 2, 1 milliards F CFA, pour la même raison, ce qui fait un gap de 5, 1 milliards CFA. Pour « sécuriser » les finances, a expliqué M. Dipama, ce montant sera retranché dans la subvention de l’Etat inscrite dans le budget 2021, de l’ordre de 5, 6 milliards F CFA. « Cela nous permettra de revenir à une situation normale. Nous avons échangé avec les collectivités pour s’accorder là-dessus », a conclu le DG.

K.P.K

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