Sous le sceau de la réconciliation

Sur proposition du Premier ministre, le Président du Faso a dévoilé hier dimanche 10 janvier 2021, la liste des membres du gouvernement Christophe Dabiré II. Premier constat, conformément à l’engagement pris lors de son investiture de faire de la réconciliation nationale « le socle » de son deuxième mandat, le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, a créé un ministère d’Etat, auprès de la Présidence du Faso, consacré à la réconciliation nationale confié à l’ancien chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré. Les portefeuilles-clefs de la Défense, de la Sécurité, des Affaires étrangères, de l’Education nationale, des Finances n’ont pas changé de titulaires. Cheriff Sy, Ousseni Compaoré, Alpha Barry, Stanislas Ouaro, Lassané Kaboré sont, sans surprise, maintenus à leurs postes. En revanche, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo cède son fauteuil à un ancien du département, Clément Pingdwendé Sawadogo, pour occuper celui de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique laissé par Nestor Batio Bassière. Le seul ministre de la Transition encore dans le gouvernement, celui de la Justice, René Bessolé Bagoro est remplacé par l’ancienne secrétaire permanente du Conseil supérieur de la magistrature, Mme Victoria Ouédraogo/Kibora. Les ministres en charge de la communication, de la santé, de l’eau, des ressources animales, de l’urbanisme, de la culture et des sports ont également changé de titulaires. Ousseni Tamboura succède à Remis Fulgance Dandjinou, le Pr Charlemagne Ouédraogo à la Pr Claudine Lougué, Ousmane Nacro remplace Niouga Ambroise Ouédraogo, Modeste Yarbanga succède à Soumanogo Koutou, Me Bénéwendé Stanilas Sankara à Bonané Dieudonné Maurice, Mme Elise Ilboudo/ Thiombiano à Abdoul Karim Sango et Dominique Nana à Daouda Azoupiou. Le deuxième constat qui s’impose est la reconduction de bien de ministres du gouvernement Dabiré I (17 reconduits sur les 32). Le signe que l’on ne change pas une équipe qui gagne, d’une part et de l’autre, la volonté d’aller rapidement à la réconciliation nationale est manifeste. Sur le premier point, il est de notoriété publique que le gouvernement précédent a réussi à contenir la fronde sociale dans des proportions raisonnables au point que certains dossiers présentés comme des “bombes” n’ont pas “explosé “ en dépit de l’agitation frénétique de certains syndicats dans un contexte de crises sécuritaire et sanitaire qui ont sapé les efforts de construction d’une économie forte et solidaire. Les velléités de réveiller ces dossiers existent mais avec l’expérience des membres du gouvernement et même des nouveaux ministres qui ne sont pas novices dans le landerneau politique, nul doute que le traitement qui leur sera réservé permettra de surmonter les écueils et d’entamer le chantier de la réconciliation nationale, avant celui des préoccupations corporatistes. A notre sens, c’est ce chantier qui a prévalu, dans un second temps, à ce “bis repetita “ en ce qu’il permettra d’aller vite et bien et de ramener la concorde sociale et la paix civile sans lesquelles toute œuvre de reconstruction de “l’âme burkinabè” serait vouée à l’échec. Réalisme et pragmatisme justifient ce que d’aucuns pourraient considérer comme du surplace alors qu’à l’étape actuelle de la marche politique et sociale du pays, cette démarche est la plus idoine. La contribution de tous les filles et fils de la Nation sera requise, étant entendu que le président du Faso n’a pas fait mystère de sa volonté d’être le président de tous les Burkinabè dans la mise en œuvre de son programme politique : gagner le pari de la sécurité et de la stabilité du pays, réconcilier ses concitoyens, renforcer le processus de décentralisation, réformer l’Etat, l’administration publique, pour garantir la sécurité, la stabilité et renforcer la résilience économique du Burkina Faso…

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

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