Coopération sino-africaine: Bâtir une communauté d’avenir partagé

Le conseiller d’Etat et ministre des Affaires étrangères de la Chine, Wang Yi, a entrepris sa tournée traditionnelle en Afrique, depuis le 4 janvier 2021. Le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Botswana, la Tanzanie et les Seychelles sont les différentes destinations du chef de la diplomatie chinoise jusqu’au 9 janvier. Son message sera essentiellement axé sur les efforts conjoints de la Chine et de l’Afrique pour construire une communauté d’avenir partagé encore plus étroite.

 Au moment où le Conseiller d’Etat et ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, entreprend sa traditionnelle tournée annuelle en Afrique, la Covid-19 continue d’occuper l’actualité. Face à cette parenthèse douloureuse, la Chine et l’Afrique ont mis en avant leurs liens de fraternité et d’amitié pour se soutenir. Dès les premiers moments de la pandémie, la Chine bien confrontée à la situation, a fait preuve d’un élan de solidarité inédit à l’endroit des pays africains. Des cargos chargés de masques, de matériels de protection sanitaires, des thermomètres ont quitté l’Empire du milieu à destination des capitales africaines. De plus, des missions médicales composées de médecins chinois sont venus en Afrique, partager leurs expériences avec leurs collègues africains dans la riposte contre la maladie. « Nous devons mettre en œuvre ensemble les acquis du Sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre la COVID-19, continuer à renforcer la coopération dans la riposte sanitaire et dans la reprise de l’activité et bien construire le siège du CDC africain, pour apporter une énergie positive à la coopération internationale contre le virus », avait rappelé le ministre assistant des affaires étrangères, Deng Li, lors de la 14e réunion des Hauts fonctionnaires du forum sur la coopération sino-africaine en décembre dernier. Il a ajouté que la Chine entend continuer à fournir des matériels médicaux aux pays africains, à partager avec l’Afrique les expériences de lutte contre la COVID-19 et les bonnes pratiques en matière de promotion coordonnée de la riposte sanitaire et du développement économique et social, et à soutenir l’Afrique dans ses efforts pour renforcer les systèmes de santé publique et relancer le développement économique.

La Chine, a précisé Deng Li, envisage favorablement, lorsque les vaccins seront développés et déployés, d’en fournir aux pays africains qui en ont besoin et aidera l’Afrique par des actions concrètes à vaincre rapidement la COVID-19. Sur la même lancée, la Chine a signé des accords sur la suspension du service de la dette avec 12 pays africains et a exonéré les prêts sans intérêts à 15 pays africains qui arrivaient à échéance fin 2020, devenant ainsi le plus grand contributeur du G20 à l’allégement de la dette africaine.

De son côté, l’Afrique a apporté un soutien agissant à la Chine quand celle-ci traversait les moments les plus difficiles dans sa bataille sanitaire. Plus de 50 dirigeants africains ont exprimé leur solidarité et soutien à la Chine par des messages ou déclarations. Le Conseil exécutif et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA ont publié des déclarations pour soutenir les efforts de la Chine contre le virus.

« Explorer les potentialités de coopération »

 Au cours de l’année 2021, le Sénégal va accueillir la conférence du Forum sur la coopération sino-africaine. Une occasion qui permettre aux deux parties de revisiter le chemin parcouru ensemble et d’envisager les projets futurs. « La Chine entend œuvrer avec les amis africains pour associer en profondeur leurs plans de développement et générer sans cesse de nouvelles dynamiques de coopération. Nous avons à mettre en œuvre activement des projets de bien-être social créateurs d’emploi et à explorer les potentialités de coopération notamment dans les domaines de la zone de libre-échange, de l’économie numérique, de la réduction de la pauvreté, de l’interconnexion des chaînes industrielles et d’approvisionnement et de la lutte contre le changement climatique », a souligné Deng Li.

Depuis le sommet de Beijing en 2018, ce sont plus de 70% des 60 milliards de dollars américains de soutien financier annoncés ont été affectés ou programmés. De grands projets comme le pont Maputo-Catembe au Mozambique, la première phase du chemin de fer Nairobi-Malaba au Kenya et la ligne de train léger en Égypte ont été accomplis ou avancent dans d’heureuses conditions, ce qui a contribué énergiquement au développement économique et social de l’Afrique.

Une tradition diplomatique

  Avec un volume commercial sino-africain de 150 milliards de dollars américains sur les dix premiers mois de cette année, la Chine pourrait probablement demeurer le premier partenaire commercial de l’Afrique pour la 12e année consécutive.

La visite annuelle du chef de la diplomatie chinoise est devenue une tradition depuis plus de trois décennies et illustre la solidité des liens entre l’Afrique et la Chine. Elle démontre à souhait la volonté de Pékin de renforcer son rôle partenaire privilégié de développement du continent africain. « La Chine est le plus grand pays en voie de développement, et l’Afrique regroupe le plus grand nombre de pays en voie de développement. Avec notre identité partagée au sein d’un monde en développement, la Chine et l’Afrique ont la responsabilité de mettre en avant les intérêts des pays en voie de développement », a soutenu Wang Yi avant de démarrer sa tournée. En 2021, a-t-il confié, la Chine et l’Afrique tiendront des réunions du FOCAC au Sénégal. Le ministre Wang Yi a laissé entendre que la Chine travaillera avec l’Afrique dans les trois secteurs prioritaires que sont la coopération en matière de vaccination, la relance économique et le développement transformateur pour bâtir un nouveau consensus sur la solidarité, établir de nouvelles bases de coopération, et apporter de nouveaux avantages aux populations. « La Chine et l’Afrique demeureront de bons frères se soutenant mutuellement, de bons partenaires à la recherche d’un développement commun, et de bons compagnons d’armes se serrant les coudes dans les moments difficiles. Je pense que nous allons accomplir de nouveaux progrès dans la construction de la communauté Chine-Afrique avec un avenir partagé », a-t-il ajouté.

Respect du multilatéralisme

 Dans sa coopération avec l’Afrique, la Chine a fait de la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays un principe sacro-saint. Elle n’assortit pas non plus son aide au continent de conditions quelconques. La coopération gagnant-gagnant dans un esprit de consultation et de concertation mutuelle a toujours prévalu.  « C’est à nous de porter haut l’étendard du multilatéralisme, de rehausser sans cesse le partenariat de coopération stratégique global sino-africain, de redoubler d’efforts pour une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique encore plus solide, et de donner l’exemple dans la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité », a souligné le ministre assistant des affaires étrangères, Deng Li. Actuellement, les relations entre la Chine et les pays africains se trouvent dans la meilleure période de l’histoire, marquée par des échanges d’expériences en matière de gouvernance d’État approfondis. Face à une situation internationale complexe et changeante, la Chine et l’Afrique ont travaillé main dans la main pour défendre le multilatéralisme, rejeter l’unilatéralisme et le protectionnisme, défendre fermement l’ordre et le système internationaux centrés sur les Nations Unies, les cinq principes de la coexistence pacifique et les autres principes fondamentaux régissant les relations internationales, ce qui a permis de préserver effectivement les intérêts communs des pays en développement et les intérêts de l’ensemble de la communauté internationale. La Chine soutient résolument la construction d’une Afrique unie et forte. Elle œuvre toujours à défendre les justes causes de l’Afrique dans les enceintes multilatérales, à appeler la communauté internationale à accroître l’attention et le soutien à la paix et au développement en Afrique, et à promouvoir activement la coopération avec l’Afrique dans le cadre de l’ONU, de l’Initiative « la Ceinture et la Route », du G20 et des BRICS.

Une synthèse de

Karim BADOLO

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