Le Voyage du chef

Au son du tam-tam, ils dansaient en silence, entre transe et souffrance
Sur le visage grave des tambours sacrés, perlaient les larmes du départ
Cette nuit, un baobab s’est effondré sous l’orage, malgré les murs de rempart
La douleur des hommes étouffaient le souffle des esprits en partance

Le chef avait pourtant annoncé son voyage aux notables de la cour
Tout le village attendait l’attelage du sage sans accepter tourner la page
Dans le cœur des vivants saignaient les blessures de la déchirure, sans tapage
Il était temps pour le vieux de rejoindre les aïeux des cieux pour toujours

Dans les arbres en berne, le gazouillis des colibris s’était tu sans refrain
Dans les regards ternes des vieillards, profilaient des lendemains incertains
Sous le soleil ardent, les épis avaient baissé leur tête, le vent ne soufflait plus
Sur la crête des montagnes, des nuages trottinaient dans un brouillard de cumulus

La Nature avait une posture de mauvais augure, l’azur avait changé de pelage
Les devins psalmodiaient dans la coupe du vin …..

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