Stockage des réserves alimentaires: la stratégie nationale validée

Le ministère de l’Agriculture, des Aménagements hydroagricoles et de la Mécanisation a organisé, le vendredi 29 janvier 2021 à Ouagadougou, un atelier de validation de la stratégie nationale de stockage des réserves alimentaires.

A l’horizon 2027, le Burkina Faso compte porter ses capacités de réserves alimentaires à 150 000 tonnes, pour mieux lutter contre l’insécurité alimentaire. Toutefois, le pays ne dispose pas d’une stratégie nationale de stockage de ses réserves. Pour se doter de cette stratégie, le pays des Hommes intègres a bénéficié de l’appui de la CEDEAO, à travers l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA), dans le cadre de la stratégie régionale de stockage. La validation de ladite stratégie est intervenue, le vendredi 29 janvier 2021 à Ouagadougou. C’était au cours d’un atelier organisé par le ministère de l’Agriculture, des Aménagements hydro-agricoles et de la Mécanisation qui a réuni les ONG, les institutions publiques et privées et les représentants des organisations professionnelles agricoles. Pour le Directeur général (DG) de la Société nationale de gestion des stocks de sécurité (SONAGESS), Hamadé Belem, la version qui sera examinée est le fruit d’un processus participatif qui a abouti à un contenu provisoire validé par le comité de suivi. « D’ores et déjà, la SONAGESS se félicite de disposer d’un outil qui lui servira d’orientation pour améliorer son système de stockage », a-t-il noté. Pour sa part, le représentant-résident de la CEDEAO au Burkina Faso, Tièna Coulibaly, a précisé que la formulation de cette stratégie nationale est un apport
« important » à l’opérationnalisation de la réserve régionale alimentaire de la CEDEAO. Le stock physique de la CEDEAO constitué en 2013, a-t-il laissé entendre, a permis à l’espace communautaire d’exprimer sa solidarité à l’endroit des populations d’Etats-membres comme le Nigéria, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Ghana, entre 2017 et 2020. « La réserve est donc un instrument important de solidarité régionale, de promotion de la sécurité et de la solidarité alimentaire, de l’intégration régionale et de la paix. C’est pourquoi, pour la CEDEAO, il est très important d’accompagner les Etats- membres dans l’élaboration et l’harmonisation des politiques et stratégies nationales de stockage », a-t-il dit.

Sept axes stratégiques

Le secrétaire général du ministère en charge de l’agriculture, Lamourdia Thiombiano, par ailleurs, président du Comité technique du Conseil national de sécurité alimentaire (CT/CNSA), que déjà, le Burkina Faso dispose de trois lignes de défense, dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Il s’agit, a-t-il cité, des stocks de proximité, des stocks nationaux et des stocks régionaux. « S’il faut saluer l’existence de ces trois lignes de défense, il sied de relever que leur efficacité dépend de la disponibilité des infrastructures de stockage adéquates qu’il conviendrait d’accroître et de moderniser », a-t-il dit. A titre d’exemple, a-t-il expliqué, la SONAGESS ne dispose actuellement que d’une capacité de stockage de 82 750 tonnes, l’obligeant ainsi à recourir à des magasins privés de capacités de 35 000 tonnes. Il est donc envisagé, a fait savoir Lamourdia Thiombiano, de passer au stockage en silos et à la gestion informatisée des stocks, d’où l’importance de la validation de la stratégie nationale de stockage des réserves alimentaires.
« L’objectif central des politiques de stockage de sécurité alimentaire est de sécuriser les approvisionnements, notamment pour les populations vulnérables ou en crise alimentaire à travers des modalités diversifiées notamment les stocks physiques, les réserves financières, la combinaison transferts monétaires/transferts en nature, les filets sociaux, etc. », a-t-il soutenu. A l’horizon 2024, a-t-il insisté, la vision stratégique du Burkina Faso est d’assurer à tout moment, à l’ensemble des populations, la disponibilité d’une alimentation équilibrée, suffisante et saine, afin de contribuer à la réduction de la pauvreté, à la consolidation de la paix sociale et à la réalisation d’un développement durable. Cette vision comporte sept axes stratégiques dont l’amélioration des opérations techniques de gestion, du système d’information et de communication, le renforcement de la capacité de stockage, de la logistique, des instruments de prévention et de gestion des catastrophes naturelles et de crises alimentaires, la promotion des filets sociaux de sécurité, le tout d’une valeur de 136 milliards F CFA. Le président du Comité technique du CNSA a donc invité les participants aux profils et compétences « variés », à apporter leurs contributions pertinentes au document à eux proposé.

Jean-Marie TOE

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