Second tour de la présidentielle nigérienne : Des vœux pour une élection apaisée

« Je voudrais que chacun travaille à ce que cette présidentielle se passe bien », soutient Amidou Moussa.

Appelés à nouveau aux urnes à l’occasion du 2d tour de la présidentielle, du dimanche 21 février 2021, des Nigériens, rencontrés dans les rues de Niamey, formulent un seul vœu : « une élection dans le calme et la paix ».

A quelques heures de la fin de la campagne électorale pour le 2d tour de la présidentielle du dimanche 21 février 2021, les Nigériens, bien que partagés entre les deux challengers, Mohamed Bazoum et Mahamane Ousmane, font preuve de fairplay. Ils souhaitent que le meilleur candidat que le peuple aura choisi soit reconnu de tous. Approché dans une rue de Niamey, Idrissa Abdou affiche d’emblée son appartenance au Parti nigérien pour la Démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya), le parti au pouvoir.

Son vœu le plus ardent est que l’élection se déroule sans troubles. « Mon vœu est que le président qui sera élu soit au-dessus de la mêlée, qu’il soit le président de tous les Nigériens sans distinction. Je suis du PNDS-Tarraya. Pendant la campagne, de mauvaises choses ont été dites sur notre candidat. Si toutefois il est élu le 21 février, je voudrais qu’il fasse abstraction de tout cela et travaille pour le bien du Niger », soutient-il. Chauffeur de taxi, Moussa Amidou partage le même avis que son prédécesseur. Son vœu, affirme-t-il est que la CENI fasse son travail en « toute transparence et équité ». « Que celui qui remporte l’élection soit reconnu et que le perdant accepte le verdict des urnes.

Depuis 1993, le Niger organise des élections et je voudrais que chacun travaille à ce que cette présidentielle se passe bien. L’essentiel est que les autorités ne perdent pas de vue l’intérêt général », précise-t-il. En quête de clients, son compère Amadou Yacouba, formule également le même souhait pour une élection apaisée et transparente. Pour lui, l’important est que l’intérêt général des Nigériens soit pris en compte par celui qui sortira vainqueur des urnes. « Le souhait du peuple nigérien est que le second tour se déroule en toute transparence et dans le calme. Nous prions pour la paix. Vu l’engouement, personne ne veut perdre. Mais le fairplay doit prévaloir dans chaque camp », affirme l’agent commercial Abdoul Kader Honoré Claude, en train de siroter son verre de thé dans un kiosque de fortune.

A côté de lui, son collègue Boubacar Ayouba Kaka plaide pour que le scrutin se déroule dans le calme et le respect des droits humains. « Notre pays fait déjà face à l’insécurité et il ne faut pas en rajouter », argue-t-il. Tout en souhaitant un scrutin apaisé, nos interlocuteurs formulent leurs attentes vis-à-vis de celui qui va présider aux destinées du Niger, les cinq prochaines années.

« Honorer ses promesses de campagne »

« Je voudrais que chacun travaille à ce que cette présidentielle se passe bien », soutient Amidou Moussa.

Sécurité, éducation, santé, eau potable, électrification rurale et réduction du coût de la vie, sont, entre autres, priorités qui reviennent dans les propos des gens interrogés. « Ma prière est que le président élu prenne à bras-le-corps la préoccupation sécuritaire. Sans la sécurité, toute initiative de développement est compromise. L’autre priorité que le prochain président doit voir, c’est l’éducation », confie Idrissa Abdou. A l’entendre, c’est le manque d’instruction qui fait qu’on exploite l’ignorance de la population pendant la campagne en lui faisant croire toutes sortes de mensonges. « Si les gens sont bien éduqués, on ne peut pas les instrumentaliser sur des questions d’ethnie et de région.

On ne peut pas comprendre que des gens fassent silence sur leur programme politique pour parler des choses qui nous ramènent en arrière », s’interroge-t-il. En un mot, M. Abdou rêve d’un chef d’Etat qui sera à l’écoute du peuple. Quant au chauffeur de taxi, Moussa Amidou, il souhaite la réduction du prix du carburant. Selon lui le litre d’essence qui coûte 540 F CFA est difficilement supportable pour le « petit peuple ». « Il faut que le nouveau président améliore l’école nigérienne et l’offre sanitaire. Créer des emplois pour endiguer le chômage des jeunes devrait être aussi une priorité pour le prochain président », indique-t-il.

De son côté, Abdoul Kader Honoré Claude affirme que l’Etat doit fournir de l’eau potable au peuple. « Tous les Nigériens ont droit à l’électricité. Il est vrai que pendant les campagnes électorales, on entend tout, mais au final, on ne voit rien. Il faut que cela change. C’est le peuple qui est souverain avant tout et le prochain dirigeant a le devoir d’honorer ses promesses de campagne vis-à-vis de ce peuple », martèle l’agent commercial. Préoccupé par l’insécurité, Boubacar Ayouba Kaka invite le prochain président à déployer les moyens nécessaires pour bouter le terrorisme hors du Niger.

Karim BADOLO
(Depuis Niamey au Niger)

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