Niger : un pas de géant

Les Nigériens se sont rendus aux urnes, le dimanche 21 février 2021, pour le second tour de l’élection présidentielle. Un scrutin qui a mis aux prises l’ancien président, Mahamane Ousmane et le dauphin du président sortant, Mohamed Bazoum, après un premier round âprement disputé. En attendant les résultats de ce scrutin inédit pour ce pays, en ce sens qu’il conduira à la première succession pacifique et démocratique entre deux présidents élus, on est en droit de féliciter les acteurs politiques pour avoir réussi le pari. Celui d’avoir organisé sans trop de bisbilles, l’élection qualifiée d’apaisée par nombre d’observateurs. Le vœu de tous est que ce climat prévale jusqu’à la proclamation des résultats définitifs. S’il faut cependant déplorer la mort des sept agents de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans la région de Tillabéry, l’unanimité s’est tout de même dégagée quant à la bonne tenue de cette consultation électorale.

Toute chose qui est à mettre à l’actif de l’ensemble de la classe politique nigérienne et de sa société civile qui dans leur majorité, à la différence de ce qui a été donnée de voir sous d’autres cieux, ont fait montre de responsabilité. Cette attitude sert l’image de la démocratie au Niger, naguère écornée par des coups d’Etat à répétition. Mais au-delà, c’est le reste de la région ouest-africaine et bien plus, le président sortant, Mahamadou Issoufou, qui doit s’enorgueillir d’avoir jeté les bases de cette nouvelle donne démocratique dans ce vaste Etat. L’exemple nigérien devrait d’ailleurs inspirer bien d’autres pays où les pratiques démocratiques demeurent chimériques, si on s’en tient à leurs manies, souvent aux antipodes de l’idéal démocratique tant souhaité de tous.

Par voie de conséquence, quel que soit le vainqueur du scrutin parmi les deux « grands ténors » de la politique nigérienne, le moins que l’on puisse dire c’est qu’un pas de géant a été franchi vers la démocratisation du pays et la consolidation de ses institutions. Dans la mesure où la notion de démocratie semble à géométrie variable pour bien de dirigeants africains, il reste à espérer que le futur président élu fasse en sorte, que cet acquis démocratique soit préservé pour mieux faire face aux nombreux défis de développement. Le nouveau président devrait, en effet, faire face à la pauvreté, à l’insécurité et à bien d’autres maux et non des moindres qui frappent de plein fouet la société nigérienne, depuis belle lurette. La santé, l’éducation, la corruption, le chômage des jeunes, etc. sont de ceux-là.

Saura-t-il y arriver sans écueils, quand bien même la maturité du peuple nigérien a été saluée à travers ce scrutin ? Loin s’en faut. Car, pour y parvenir et c’est une Lapalissade que de le dire, celui qui présidera aux destinées du Niger devrait travailler à vaincre l’hydre terroriste auquel le pays est confronté, tout comme d’autres Etats du Sahel. Autant dire que le mandat du prochain locataire du palais présidentiel de Niamey ne sera pas de tout repos ! En attendant d’apprécier la nouvelle dynamique de gouvernance à implémenter, c’est l’ensemble des Nigériens qu’il faut féliciter et encourager. Du reste, au nom de l’intérêt supérieur de la nation, les Nigériens de toutes obédiences devront prendre la mesure de la situation et faire chorus dernière leur nouveau président pour affronter les défis du développement. Cela, pour peu qu’ils veuillent inscrire le pays au panthéon des Etats d’Afrique les plus en vue et respecté de tous.

Soumaïla BONKOUNGOU

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