Enseignement supérieur : Un accord pour l’accès des étudiants réfugiés aux universités

L’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et l’Organisation des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) ont signé, le mercredi 24 février 2021 à Ouagadougou, par visioconférence, une convention-cadre. A travers ce partenariat qui se décline en 5 grandes composantes, les deux parties veulent mutualiser leurs énergies pour aider les étudiants réfugiés à intégrer les universités.

L’une a l’expertise des universités, l’autre celle des réfugiés. C’est ensemble que l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et l’Organisation des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) ont décidé de regarder dans la même direction. Pour ce faire, elles ont signé un protocole d’accord le mercredi 24 février 2021 à Ouagadougou, par visioconférence, pour formaliser leur collaboration en matière d’interventions en faveur des étudiants réfugiés.

Cette convention-cadre fixe les modalités de leur collaboration. Ce partenariat vise, selon Slim Khalbous, recteur de l’AUF, à aider les étudiants réfugiés à intégrer les universités. Partant d’une expérience-pilote qui a fait ses preuves à l’université de Ngozi au Burundi, les signataires de ce présent accord veulent s’en inspirer pour atteindre leurs objectifs. « L’AUF a mis en place un programme depuis 6 ans qui aide les étudiants réfugiés à être intégrés dans des universités, parce que l’accès est très compliqué pour eux », a précisé le recteur de l’AUF.

A l’entende, c’est quand l’UNHCR a vu que l’AUF faisait du bon boulot qu’elle a accepté de nouer un partenariat avec elle. « Lorsque l’organisation des nations unies accepte de signer une convention avec l’AUF, c’est tout un symbole, surtout qu’aujourd’hui, une grande partie des réfugiés dans le monde sont dans les zones francophones », a indiqué M. Slim.

Il a du même coup décliné les 5 grandes composantes de cette collaboration. Il s’agit du plaidoyer, de la recherche de partenariat, la sensibilisation dans les universités, l’accès aux ressources puis enfin, l’employabilité et l’entreprenariat.

Pour Ouidad Tebbaa, directrice régionale AUF Afrique de l’Ouest, cette belle aventure avec l’UNHCR offre des opportunités aux étudiants réfugiés. « Outre cette expérience-pilote qui est au cœur de nos actions depuis plusieurs années et que nous souhaitons poursuivre avec l’UNHCR, il y a également un travail que nous menons avec l’équipe de l’UNHCR en Afrique de l’Ouest et centrale pour promouvoir la question de l’employabilité des jeunes réfugiés », a-t-elle soutenu. Et de poursuivre : « Les expériences réussies que nous avons engagées notamment en Afrique sur cette question, nous souhaitons les mutualiser avec l’UNHCR au profit des jeunes réfugiés ».

Les attentes sont nombreuses. Mais en fédérant leurs énergies, les deux parties sont déterminées à relever les défis.  Pour ce qui est de l’opérationnalisation proprement dite de ce partenariat, Slim Khalbous a fait comprendre que l’approche consistera à aller convaincre les décideurs politiques, les universités d’accueil, les entreprises et les partenaires. De ses explications, les étudiants réfugiés bénéficieront également de plusieurs services qu’offrent l’AUF comme l’accès gratuit à internet, les documents et les centres d’employabilité. « Les bourses, c’est l’UNHCR qui sélectionne les bénéficiaires en fonction des critères de sélection », a-t-il souligné.

Toutefois, le recteur de l’AUF a laissé entendre qu’actuellement, seulement 3% des étudiants réfugiés dans le monde ont accès aux universités. Il nourrit l’espoir que la nouvelle dynamique contribuera sans doute, à inverser cette tendance en portant ce taux à 15% à l’horizon 2030 conformément aux Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations unies. « C’est une façon de mettre nos forces ensemble pour parvenir à convaincre les gens, soient les décideurs politique, soient les gens qui vont donner de l’argent », a-t-il noté. Avec 1007 membres à son actif, l’AUF est considérée comme le premier réseau universitaire au monde.

A entendre le recteur Slim, c’est un atout, principalement en ce qui concerne l’accueil des étudiants. « Nous allons les sensibiliser pour que chacune d’elles accepte de prendre un certain nombre d’étudiants », a-t-il martelé. D’après lui, si un étudiant n’a pas le niveau requis pour s’inscrire à l’université, des formations complémentaires de mise à niveau lui sont proposées dans le camp.

Ouamtinga Michel ILBOUDO

Omichel20@gmail.com

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