Le « lenga » de tous les enjeux !

C’est désormais officiel. Le mandat des conseillers municipaux, censé arriver à terme en mai prochain, a été prolongé d’un an par le gouvernement. Depuis l’annonce d’un probable report des élections municipales par le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, lors de sa Déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, les états-majors des partis politiques, les Organisations de la société civile (OSC) et bien d’autres acteurs sont à pied d’œuvre pour apporter, au moment venu, leurs contributions au nouveau Code général des collectivités territoriales (CGCT), qui sera mis sur la table des discussions. De toute évidence, l’actuel code est « dépassé » portant, en lui-même, les germes de blocages que l’on constate dans certains conseils municipaux.

En effet, l’introduction du suffrage universel direct comme mode d’élection des présidents des conseils de collectivités territoriales (maires et présidents de conseils régionaux), promesse de campagne du président Roch Marc Christian Kaboré, pourrait être l’innovation majeure qui évitera désormais les bagarres rangées, la corruption et les intimidations dans la désignation des maires par les conseillers municipaux. Et pour cause, si chaque parti doit aller aux élections municipales avec une liste clairement établie, le choix revient aux électeurs, donc aux citoyens, de décider directement du choix de celui qui devra gérer leurs collectivités. Cela aura au moins le mérite de les épargner des « maires imposés » à d’autres fins.

L’autre innovation attendue de cette modification du CGCT est le statut de l’élu local. Longtemps réclamé, ce statut, s’il est adopté de manière consensuelle, sera un grand pas de franchi dans le processus de décentralisation burkinabè. En complément à la Fonction publique territoriale, il donnera à nos élus une « reconnaissance légale » et organisée de leurs traitements (frais de session et autres), mais aussi dans la valorisation du combat du développement local qu’ils mènent.

Ayant pour mission et par délégation de promouvoir le développement à la base, les collectivités territoriales et plus particulièrement les communes doivent être intimement impliquées, dans le processus de décentralisation. Il sied donc d’établir des contrats annuels d’objectifs et de résultats avec le gouvernement, dans la mise en œuvre de l’ensemble des engagements relatifs à la satisfaction des besoins sociaux de base, chacune en ce qui la concerne. En plus de la réorganisation (redécoupage) du territoire national annoncée, la modification du code doit clarifier les compétences et les ressources à transférer aux régions et aux communes, mais aussi renforcer la participation quasi inexistante des villages au développement local.

Dans les communes à statut particulier comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, les arrondissements doivent avoir une plus grande autonomie dans leur fonctionnement et leur gestion. Enfin, ce « lenga » d’un an doit être mis à profit pour mettre de l’ordre dans la gestion des mairies au regard des arrestations de présidents de conseils municipaux pour motifs de détournement notamment. En somme, il s’agira d’une prolongation qui donne aux acteurs de la décentralisation le temps de relancer le processus sur de nouvelles bases, pour un développement local encore plus harmonieux.

Jean-Marie TOE

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