Promotion du riz de Bagré : La BADF signe une convention de 846 millions F CFA avec Bagrépôle

Les directeurs généraux de la BADF et de Bagrépôle, satisfaits après la signature de convention de partenariat.

Bagrépôle et la Banque agricole du Faso (BADF) ont signé, le jeudi 4 mars 2021, une convention de partenariat pour la promotion et la commercialisation du riz produit sur la plaine hydroagricole de Bagré.

La plaine rizicole de Bagré est confrontée de manière récurrente à une sortie massive du riz paddy en direction de pays voisins. Les raisons évoquées sont entre autres liées aux retards de paiement des créances que des acheteurs institutionnels notamment l’Etat et les mairies doivent à certaines rizeries locales. Or les exploitants familiaux doivent honorer leurs engagements vis-à-vis des institutions financières ou de microfinances qui attendent impatiemment leurs remboursements. Selon les exploitants, les montants en souffrance de règlement se rapportant à la production de la campagne sèche et celle humide de l’année 2019, s’élèvent à plus de 800 000 000 F CFA.

La secrétaire générale de la Primature, par ailleurs Présidente du conseil d’administration (PCA) de Bagrépôle, Yvonne Rouamba / Guigma, a précisé que la mise en place de la convention de partenariat pour la promotion et la commercialisation du riz et du Fonds de garantie agricole du pôle de croissance de Bagré (FGA-PCB), est le fruit des concertations avec les acteurs de la chaîne de valeur riz et les partenaires sur la problématique de la commercialisation du riz de Bagré.

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, représentant le parrain, le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré, a salué la mise en place de cette convention dans un contexte où le Burkina Faso a engagé des actions fortes dans le sens de l’intensification de la production agricole, pour anticiper les effets pervers de la COVID-19 sur la sécurité alimentaire.

Selon lui, cette initiative qui vise à promouvoir la production, améliorer la promotion et la commercialisation efficace du riz de Bagré, s’inscrit en droite ligne des orientations du gouvernement en matière de renforcement du réseau d’unités industrielles de transformation du riz afin d’apporter un début de solutions structurelles à la problématique de la commercialisation du riz.
Une convention de partenariat accueillie favorablement par les acteurs de la chaîne de valeurs du riz à Bagré.

Huit unités bénéficiaires

C’est pour apporter des solutions aux difficultés des acteurs de la chaîne de valeur riz, que Bagrépôle et la Banque agricole du Faso, bras financier de cette convention de partenariat, ont décidé de mutualiser leurs forces pour améliorer la promotion et la commercialisation du riz produit à Bagré. D’un montant global de 846 000 000 F CFA, cette convention sera sous-tendue par la mise en place d’un mécanisme reposant sur un fonds de garantie dénommé «Fonds de garantie agricole du pôle de croissance de Bagré (FGA-PCB)», doté d’un budget initial de 500 000 000 F CFA, domicilié à la BADF par Bagrépôle. Pour cette phase-pilote, huit unités de transformation et distribution ont reçu des prêts sous forme de crédits de campagne pour des montants allant de 16 à 250 millions F CFA.

«De votre rigueur dans la gestion de vos unités, ainsi que du respect des engagements que vous prenez et avec Bagrépôle et avec la BADF, dépend fortement la duplication du même mécanisme sur d’autres pôles ou auprès d’autres faîtières d’organisations paysannes, visant à résorber un tant soit peu l’immense besoin de financement du monde rural», a lancé le DG de la BADF, Daouda Simboro. Pour le directeur général de Bagrépôle, Joseph Martin Kaboré, cette signature de convention de partenariat entre sa structure et la BADF met le doigt sur une des problématiques les plus critiques qui entravaient la dynamique de la croissance de la production sur la plaine car, «le moindre retard de paiement des productions par les transformateurs et distributeurs, occasionne un autre retard dans l’engagement de la campagne suivante par les producteurs».

Le représentant des unités de transformation bénéficiaires, abbé Jean-Paul Yoda, gestionnaire de l’usine de décorticage «KOKUMA», qui a reçu un prêt de 200 millions F CFA, a, dans la même lancée affirmé ceci : «Le déficit de confiance et le manque de respect de nos engagements n’a pas toujours facilité notre collaboration avec les institutions financières. Avec l’encadrement dont nous bénéficions pour la mise en œuvre de cette phase-pilote, nous espérons poser les balises solides pour la facilitation des relations avec d’autres institutions financières».

Bougnan NAON
naon_2012@yahoo.fr

 

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