Filière Karité dans les Hauts-Bassins et le Centre-Ouest Un projet pour renforcer la résilience des femmes

Le Centre d’étude et de Coopération internationale (CECI) a organisé un atelier de formation sur la base de données, le partage, l’interprétation, l’analyse et l’utilisation des scenarii et données climatiques, le 9 mars 2021, à Ouagadougou.

Le Burkina Faso est en phase d’expérimentation du projet « Amélioration de la résilience au changement climatique des femmes dans les parcs à Karité des Hauts-Bassins et du Centre-Ouest ».
Un projet débuté en octobre 2018 et qui prend fin le 30 juin 2021.
Dans le cadre de la mise en œuvre de cette initiative, il est prévu des sessions de formation sur le partage, l’interprétation, l’analyse et l’utilisation des scenarii et données climatiques dans les zones d’intervention que sont Léo dans le Centre-Ouest et Bobo-Dioulasso dans les Hauts-Bassins.
Le 9 mars 2021, la série de formations a été lancée au cours d’un atelier organisé par le Centre d’étude et de Coopération internationale (CECI). L’idée, pour les organisateurs, est de permettre aux acteurs concernés issus des milieux scientifiques, gouvernementaux, communautaires et de production de karité, d’arriver à interpréter les scenarii, les analyser afin d’identifier les vulnérabilités de la filière et des producteurs et de les utiliser dans la prise de décision sur les choix de stratégies d’adaptation. Selon la directrice-pays du CECI, Nathalie Nikièma, le projet vise à accroître la résilience au changement climatique des femmes productrices de beurre de Karité des provinces de la Sissili, du Ziro, du Houet et du Tuy. Elle a confié qu’il a été financé à hauteur de 1.377.997 dollars canadiens dont un apport de 1 000 000 de dollars canadiens du Programme de Coopération climatique internationale et une contribution de 377.997 dollars canadiens du CECI.
« Les partenaires opérationnels sont la Fédération Nununa et le Réseau des productrices du beurre de Karité des Hauts-Bassins et des Cascades. Les bénéficiaires sont les productrices de produits du Karité, membres de ces deux organisations. Au total, le projet appuie plus de 3 000 productrices de karité qui assurent la collecte, la transformation et la commercialisation des produits à base de karité », a expliqué Mme Nikièma. Elle a indiqué, que le projet est axé sur deux principales composantes. Il s’agit de l’appui à l’élaboration des scenarii climatiques, leur interprétation et leur utilisation par les institutions burkinabè, les leaders communautaires et les organisations de productrices de karité. Ce, a-t-elle soutenu, afin de guider la prise de décisions en matière d’adaptations au changement climatique à court et à long terme, d’appui au développement et à la mise en œuvre de mesures d’atténuation et de stratégies d’adaptation au changement climatique par et pour les femmes productrices, dans le parc de Karité. A propos des raisons qui ont prévalu au choix des deux régions, la directrice-pays du CECI a relevé que celles-ci totalisent près de 70% de la production nationale de Karité. Mieux, elle a souligné que les deux organisations partenaires regroupent 394 groupements et environ 15 500 membres. Nathalie Nikièma a laissé entendre que son souhait est d’arriver à un passage à l’échelle pour permettre à d’autres régions de bénéficier des retombées du projet.
Pour sa part, le conseiller technique du ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, le colonel des Eaux et forêts, Paul Djiguemdé, a félicité le CECI et ses partenaires pour cette initiative porteuse.
Il s’est réjoui du fait de l’innovation du projet qui consiste au développement des scenarii climatiques probables à partir d’observations scientifiques et de savoirs locaux. Il a rappelé le rôle important des produits forestiers non ligneux dans l’économie rurale. « Les produits forestiers non ligneux et le karité en particulier contribuent à dynamiser l’économie rurale et sont pourvoyeurs d’emplois et de revenus en particulier pour les femmes », a-t-il déclaré. Toutefois, il est revenu sur les initiatives du gouvernement pour promouvoir le secteur. A ce titre, M. Djiguemdé a cité essentiellement la stratégie nationale de développement de l’accès des produits forestiers non ligneux aux marchés, les projets et programmes intervenant dans le domaine de la réduction de la pauvreté et de l’amélioration de la sécurité alimentaire.
Le projet est mis en œuvre par des structures partenaires que sont le Consortium Ouranos, Uniterra et GECA Environnement au Canada, la Fondation Naturama, le Centre écologique Albert Scheitzer (CEAS-Burkina), l’Agence nationale de la météorologie (ANAM), la Fédération Nununa et le Réseau des productrices de beurre de Karité des Hauts-Bassins et des Cascades (RPBHC) au Burkina Faso. Il est réalisé grâce à la participation financière du gouvernement du Québec dans le cadre du Programme de coopération climatique internationale (PCCI).

Gaspard BAYALA

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