Commune d’Arbinda : la mission pacificatrice des VDP

En dépit d’une dizaine tombée sur le champ de bataille et 15 autres blessés, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) de la commune rurale d’Arbinda, enregistrent, aux côtés des Forces de défense et de sécurité (FDS), de plus en plus de résultats satisfaisants aux yeux des populations. Ils comptent, à leur actif, plusieurs victoires, neuf Engins explosifs improvisés (EEI) et un important lot d’armements et motos saisis. Nous sommes allés à leur rencontre, du 20 au 24 février 2021, dans cette localité, située à 370 km de la capitale burkinabè.

Le chef VDP d’Arbinda, alias Bébé, promet trois mois pour venir à bout du terrorisme, si toutefois, l’Etat leur dote des armes nécessaires.

Dans l’enceinte de la Brigade de gendarmerie nationale de Dori, pandores, soldats et Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) s’activent, en cette matinée du vendredi 19 février 2021, pour rallier Arbinda. La relève monte au front pour une durée de 3 mois. C’est l’heure du briefing avant-départ. La rame (mouvement) est mise en place. Ce briefing consiste à articuler la rame, détailler les différents pièges des terroristes et communiquer sur le comportement à adopter en cas de contact direct (attaque). A l’issue de ce conclave, la relève est sectionnée en trois groupes : Warrios, Panthère et Alpha. Tout est fin prêt pour le décollage.

Il est 10 heures 11 minutes. Nous embarquons derrière un pick-up des pandores, côté gauche. Les consignes sont claires : «Si toutefois, nous sommes dans une situation (embuscade), évitez de fuir. Suivez le mouvement d’ensemble et évitez de fuir. L’initiative de fuir viendra de ceux avec qui tu embarques», ordonne un chef de la mission. Bien noté ! Répliquons-nous. Un pandore nous file son gilet pare-balle, de couleur noire, de 10 kg. Mais, notre crâne reste toujours exposé. La fumée des pots d’échappement « étouffe » la brigade. Les vrombissements crèvent nos tympans. Dix VDP participent à l’escorte sécurisée. La section Warrios prend la tête du peloton. Cependant, le véhicule de ravitaillement de la gendarmerie nous joue un tour. Il s’agit d’une panne du moteur. Après plusieurs échecs de démarrage, le voyage est reporté pour demain. Pour certains, il s’agit d’un porte-bonheur surtout sur cet axe du mal. C’est le « faux-départ » du Mogho Naaba (ndlr : vendredi), plaisantent les autres. Nous passons notre deuxième nuit dans la cité du « Liptako ». Samedi 20 février 2021.

Le soleil commence à distiller ses rayons sur la capitale régionale du Sahel. Après un briefing de la Sécurité, chaque agent file son gilet et casque pare-balles. Il est 8 heures 49 minutes. La section « Warrios » motorisée prend la tête du peloton. Objectif :
« Balayer » la voie. Nous sommes devant le siège du Service régional des Editions Sidwaya du Sahel, côté Ouest de la ville. Une immense foule, composée de commerçants, de ressortissants de Gorgadji et d’Arbinda, se greffe derrière le convoi. La Route nationale n°23 est envahie. Nous croisons à compte-gouttes des civils à bord des tricycles et motos avec leurs bagages. Un dispositif sécuritaire « exceptionnel » est mis en place.
La radio émetteur-récepteur du chef de la section
« Panthère » ne cesse de recevoir ou d’envoyer des messages.

30 terroristes neutralisés

Le grand imam d’Arbinda, le Cheick Ousmane Maïga appelle tous les Burkinabè au rassemblement.

« Mouvement d’animaux. Traversée d’une forêt clairière ou boisée. Elévation du terrain de part et d’autre. Zone boisée, des bergers de part et d’autre… », prévient l’équipe Warrios. La rame marque plusieurs arrêts pour vérifier tout cas suspect. Nous traversons des villages de Djigo, Bonbofa, Tonga, etc. Aucune vie humaine… Les indices de la terreur des atrocités des terroristes sont visibles : des maisons détruites à coup de roquettes, des greniers incendiés, des écoles et lieux de culte scellés. Autres stigmates de l’insécurité : Un paysage dévasté par des feux de brousse et des animaux errant dans tous les sens sans leur propriétaire. Après deux heures de trajet, nous sommes à l’entrée de Gorgadji, situé à 55 km de Dori. Autre signe des affres des groupes armés, ce sont les impacts de balles sur le mur de la mairie, l’incendie du commissariat de police et la fermeture de la Caisse populaire.

Il s’agit des séquelles de l’attaque terroriste du 29 avril 2019, visant le détachement de la localité, qui était logé dans cette mairie, par une vingtaine d’hommes armés. Ici, un autre groupe de civils s’accroche à nouveau derrière le cortège. Nous entamons le couloir de la mort. L’axe Gorgadji-Arbinda, long de 45 km, est le plus réputé, en matière d’actes terroristes. Ici, les terroristes multiplient les attaques : embuscades, Engins explosifs improvisés (EEI), assassinats en masse ou ciblés… Le 8 octobre 2019, au moins une trentaine de terroristes ont été neutralisés dans la zone de Gorgadji par les Forces de défense et de sécurité (FDS) contre un soldat blessé grave, selon des sources sécuritaires, citées par la télévision nationale du Burkina.

Le paysage est caractérisé par une succession de savanes boisées, de forêts boisées ou claires, de dalots de franchissement et de « cratères béants » des EEI. Nous sommes en plein cœur de la forêt du village de Djiolo. Trois épaves de pick-up de l’armée calcinées, disposées de part et d’autre de la voie. Courant mai 2019, neuf militaires perdent la vie après avoir sauté sur une mine artisanale. Nous continuons notre chemin de croix. Nous entrons dans une autre zone de « prédilection » des hommes sans foi ni loi : Boukouma. Dans ce village, situé à une dizaine de km d’Arbinda, le 23 avril 2019, 4 milices kolgwéogo sont massacrées dans une attaque terroriste. Le dalot du barrage de ladite localité a été à deux reprises la cible d’une attaque terroriste, le 18 septembre 2019, par les forces du mal dans le but de couper l’axe Dori-Arbinda. Cette tentative de dynamiter cet ouvrage de franchissement a poussé la police à Djibo de se retirer de la cité de Jelgodji.

« Du bon boulot »

Des postes défensifs sont érigés dans tous les endroits stratégiques de la ville.

A deux km plus loin, nous observons, à la sortie du barrage de Liki, situé à 10 km d’Arbinda, une carcasse d’autobus incendié, les roues en air. 4 passagers parmi les occupants du véhicule ont été ciblés et « froidement » exécutés, le 23 avril 2019, par des groupes armés. Toutes ces localités traversées sont des villages fantômes. Les habitations sont « orphelines » de leurs occupants. Arbinda enfin ! Nous venons d’avaler la centaine de km de route en 4 heures 24 minutes. Selon le bourgmestre de la localité, Boureima Werem, Arbinda vient de la contraction « Haro Benda », qui signifie derrière l’eau, en langue sonraï. « Avec l’arrivée du colon, la prononciation, « Haro Benda » a été transformée en Arbinda », détaille-t-il. D’une superficie de 2 543 km2, la commune rurale d’Arbinda compte 43 villages. Parmi lesquels on peut retenir Sanga, Madouji, Foubé, Arbinda, Belhouro, Lilgomdé, Oulf-alpha, etc. Selon les projections démographiques des communes du Burkina Faso, de 2007 à 2020, sa population, en 2018, se chiffre à 127 860 habitants, avec une prédominance féminine de 50,85%. A entendre l’édile Werem, le nombre de Personnes déplacées internes (PDI) s’élève à 84 204 personnes, selon les données de sa commune, qui sont différentes de celles du ministère en charge de l’action humanitaire. Il est 12 heures 25 minutes. Nous sommes à l’entrée de cette bourgade. La barricade de tous les axes entrant ou sortant de la ville par des troncs d’arbres ou des cailloux « sauvages » saute à l’œil.

Au niveau des axes stratégiques: Sikiré-Gorom-Gorom, Arbinda-Koutougou, Arbinda-Pem, Arbinda-Gasséliki, Arbinda-Gorgadji, des postes défensifs par des amas de fûts et des sacs de sables sont mis en place par des VDP. Des combattants engagés y prennent garde de jour comme de nuit. Sur les collines sacrées qui quadrillent la ville, certains VDP veillent aussi au grain en tout temps, surtout en cette période de « froid de canard » alternée de canicule, afin d’assurer la sécurité des populations et de leurs biens. Objectif : filtrer les entrées et tenir à tout prix leur position en cas d’attaque terroriste en attendant que les renforts arrivent. Agé de 21 ans, Ibrahim Tamboura est un VDP, depuis 2019.

Ce dimanche 21 février 2021, le natif d’Arbinda s’apprête pour la garde diurne, sur l’axe Arbinda-Koutougou. Vêtu de tricot noir et cheveux touffus, il nous donne les raisons de son engagement à combattre les forces obscurantistes. « Je me suis rendu compte que les VDP font du bon boulot. Je suis contre les idéologies des forces du mal…», justifie-t-il. Il dément les accusations faites à l’encontre des VDP de violation des droits de l’homme. « Les VDP d’Arbinda combattent l’ennemi qui veut détruire notre commune et non une communauté… », souligne notre interlocuteur.

« …nous dormons tranquillement »

Pour lui, les commérages racontés par des internautes sur les réseaux sociaux visent à saper leur vivre-ensemble. «Ici, toutes les communautés vivent en symbiose. C’est l’une des raisons fondamentales qui fait qu’Arbinda résiste toujours aux multiples attaques terroristes», affirme Ibrahim Tamboura. Il appelle donc chaque Burkinabè à être un artisan de la paix et de la cohésion sociale. Dans cette soirée du 22 février 2021, un autre défenseur du drapeau burkinabè nous reçoit dans son poste de garde, situé sur la colline sacrée Wassa, côté nord de la ville. Il s’agit d’Ali Dicko. Accompagné de son frère cadet Yéral, notre hôte assure la garde nocturne. Pour lui, se positionner sur ce monticule permet d’avoir une vue d’ensemble des axes Arbinda-Koutougou, Arbinda-Sikiré et Arbinda-Pem. Teint clair, cheveux touffus et vêtu de tissu traditionnel noir et blanc, cet adolescent de 15 ans, malgré son âge, est reconnu pour son intrépidité. Kalachnikov en bandoulière, doté par l’Armée burkinabè, il combat les terroristes, depuis 2019.

« Mes parents sont très bien respectés à Arbinda, ici. Ce sont eux qui nous ont encouragés à s’engager dans le volontariat pour lutter contre le terrorisme. Car, les autochtones nous ont octroyés des espaces d’habitations et des terres de culture… », se réjouit-il. A l’entendre, il s’agit d’une guerre de survie, donc chaque Burkinabè doit jouer sa partition. « Aujourd’hui, je suis très content d’arriver à repousser ces terroristes hors de notre commune », se félicite Ali Dicko. Cependant, il exhorte nos compatriotes qui ont pris les armes contre leurs propres frères à un esprit patriotique et à privilégier le dialogue. A défaut, il souhaite que l’Etat leur dote conséquemment de matériels de guerre pour mieux combattre les forces du mal. « Si nous avions suffisamment des armes et munitions, nous n’allons pas monter des gardes nocturnes. Nous savons où sont les terroristes. Nous allons mener des ratissages afin de les neutraliser », rassure Ali Dicko. Les actions des volontaires sont saluées par les autorités religieuses et coutumières.

« Les volontaires veillent jour et nuit pour que la quiétude revienne dans notre commune. Leurs actions ont apporté la sécurité à Arbinda. C’est grâce à Dieu, aux VDP et aux FDS que nous dormons tranquillement. Sans eux, nous ne serions pas là, aujourd’hui, avec vous », reconnaît le grand imam d’Arbinda, le Cheick Ousmane Maïga. Cette assertion est corroborée par les gardiens des us et coutumes. Pour le représentant du défunt chef de canton d’Arbinda, Nongma Maïga, l’implication des VDP dans la sécurisation de la commune a permis d’éradiquer la psychose qui régnait au sein des populations. Selon lui, aujourd’hui, grâce à l’engagement des VDP, les Arbindanais arrivent à dormir paisiblement et à circuler librement.

« La vie est rose »

Qu’à cela ne tienne, le garant de la tradition souhaite que l’Etat augmente la puissance de frappe des VDP. Les Volontaires ont su également donner confiance aux populations locales, à travers leur détermination. La peur de mourir a cédé sa place à la résistance suivie de la résilience : la patrie ou la mort ! « Nous n’avons plus peur des attaques terroristes, parce que nos FDS et VDP sont aguerris. Nous leur faisons confiance », affirme un mécanicien du détachement mixte, Ousmana Drabo.

La vie est « rose » dans cet épicentre de l’hydre terroriste. Dans la journée, le marché grouille de monde. Les populations vaquent tranquillement à leurs occupations. L’ambiance est bon enfant. La nuit, outre les vrombissements ou phares des motos, les populations fréquentent les débits de boissons. Les trois grands maquis de la place jouent de la musique jusqu’aux heures tardives. Le couvre-feu semble être foulé aux pieds. La situation sécuritaire s’est « nettement » améliorée par rapport aux deux années précédentes, selon les témoignages. « Depuis que je suis revenu de Kaya, il y a un an, je n’ai plus vu les populations fuir la nuit ou le jour à cause d’une attaque terroriste. En 2019, nous pouvions comptabiliser cinq alertes d’attaque par jour », témoigne un gérant de cafétéria, Boureima Ouédraogo. Et un VDP blessé, Hamidou Maïga d’ajouter : « En 2019, la psychose avait tellement atteint son paroxysme que même dans la journée, on ne pouvait plus s’asseoir dehors pour causer. Actuellement, nous avons l’esprit tranquille ». La réalité sur le terrain est toute différente de ce qui est présenté sur les réseaux sociaux. Ici, les communautés vivent en parfaite symbiose. Elles ont pris ensemble leur destin en main. « Nous ne stigmatisons aucune communauté ici. Notre ennemi, c’est le terroriste », confirme Nongma Maïga.

La preuve, renchérit le guide spirituel, toutes les communautés d’Arbinda participent à la lutte contre le terrorisme. A Arbinda, il est quasiment impossible de s’infiltrer au sein de la population locale. La vigilance est extrême. Tout le monde est aux aguets. Un étranger qui fait son entrée dans cette contrée est systématiquement interpellé. Lors de notre séjour, nous l’avons à deux reprises. Qui êtes-vous ? Qui est votre hôte ? Quel est l’objet de votre visite ? Combien de temps séjournerez-vous ici ? Autant de questions posées à un intrus. Un système de renseignement très « efficace » est mis en place par les VDP. « Actuellement, nous sommes très bien organisés de sorte que nous parlons le même langage. Un étranger ne peut plus s’infiltrer dans la population… », indique le chef VDP de Koutougou, Dramane Kergueye. Un système de renseignement efficient grâce à la franche collaboration de la population.

Des anti-balles mystiques

« Franchement, j’apprécie positivement leur manière de faire ! Rien ne peut passer sans que les VDP ne soient au parfum », se réjouit M. Drabo. Pour le chef VDP d’Arbinda, Hamadoum Tao, alias Bébé, l’objectif de ce contrôle rigoureux vise à éviter l’espionnage. « Avant, la porosité de nos frontières faisait que les ennemis profitaient étudier nos plans et revenir nous massacrer », justifie-t-il. Outre la collaboration, les populations participent à l’effort de guerre en dotant les VDP des radios émetteurs-récepteurs et des armes avec tous les papiers nécessaires.

Du matériel qu’ils promettent rétrocéder à l’Armée, une fois la paix retrouvée. « Si la guerre finit et que l’Etat n’a plus besoin de nous, nous allons remettre toutes les armes mêmes celles achetées par nos propres moyens pour s’occuper de nos activités : agriculture, élevage et orpaillage », déclare M. Tao. L’escorte sécurisée fait partie des missions quotidiennes des VDP d’Arbinda. Ces supplétifs de l’Armée sécurisent les mouvements des populations et de leurs biens de Dori à Arbinda. A chaque sortie, même avec l’Armée, ils prennent la tête du peloton et assurent l’arrière du convoi. Malheureusement, sans gilets et casques pare-balles ni protège-tibia ou coude. « Nous sommes comme le bouclier de tout le monde. Parce que d’habitude les attaques se font au niveau de la tête ou de la queue du convoi », ironise Hamadoum Tao. Pour certains agents de la Sécurité, les VDP possèderaient des pouvoirs mystiques qui dissipent les balles. Selon certains commerçants de la localité, les VDP jouent un rôle important pour la survie des populations. « Sans eux, à l’heure-là toutes nos boutiques de vente seraient fermées par manque de ravitaillement. Avant, nos marchandises pouvaient faire un mois à Dori. Maintenant, en moins d’une semaine, nous avons nos produits », se félicite un commerçant de pièces détachées, Karim Zango.

A l’entendre, les VDP sont toujours disposés à escorter leurs produits sans aucune contrepartie financière. « Ils escortent nos marchandises sans exiger de l’argent. Aucun commerçant ne peut dire le contraire ici », confirme M. Zango. Certains usagers préfèrent plus les VDP. « Nous sommes plus contents lorsqu’il s’agit de l’escorte des VDP. Parce que les terroristes ont plus peur d’eux », nous confie, un chauffeur ayant requis l’anonymat. Aux dires de Hamadoum Tao, à chaque escorte de Dori à Arbinda, entreprise par l’Armée, 10 VDP sont dépêchés. « Et, la prise en charge, en plus du carburant, est de 2500 francs/jour/VDP. Pour deux jours, nous recevons chacun 5000 francs », déclare-t-il. Les patrouilles en cas d’alerte figurent parmi les missions des VDP. Avec ou sans les FDS, ces défenseurs de la patrie sillonnent les villages environnants de la ville, afin de prévenir le danger.

15 VDP blessés en difficultés

Aux dires de Hamadoum Tao, depuis 2019, des centaines de patrouilles ont été menées, avec à la clé 6 victoires engrangées, 9 EEI désamorcées, d’importantes armes et motos saisies remises aux FDS sans compter les missions de renforts inestimables en cas de contact direct. Toutefois, ces actions ont occasionné, à la date du 23 février 2021, 12 pertes en vie humaine, côtés VDP et 15 autres blessés. Selon Tao, actuellement, 24 veuves et 77 orphelins de ces défunts VDP, tombés les armes à la main, vivent dans le désarroi sans aucune prise en charge de l’Etat. De même, les VDP blessés éprouvent des difficultés pour se soigner.

« Nous avons commencé à désamorcer les mines artisanales parce que nous avons perdu deux de nos hommes et 6 soldats ont sauté sur une mine dans le village de Gaïkakota. Ce jour-là, nous avons perdu un pick-up et une moto », se remémore, amer, Hamadoum Tao. Actuellement, dans la commune d’Arbinda, la peur a changé de camp. Les VDP ont pris le dessus sur les forces du mal, même si le danger n’est pas loin. « Lorsque nous apprenons leur présence dans une zone, nous lançons l’offensive. Nous leur tendons régulièrement des embuscades. Actuellement, les terroristes n’osent plus le contact direct », affirme M. Tao, avec vigueur. Malgré tous ces efforts consentis, les VDP d’Arbinda ne disposent toujours pas de contrat dûment signé avec l’Etat. Ce qui ne permet pas leur meilleure prise en charge conformément à l’arrêté conjoint n°2020-081/MDNAC/MINEFID portant fixation des avantages financiers et en nature accordés aux VDP, promulgué, le 8 avril 2020. « Nous voulons que le gouvernement revoie sa copie au niveau des VDP d’Arbinda, parce qu’ils ne sont pas nantis.

Ils perdent leurs vies pour la sécurisation de la patrie, malgré tout ils s’efforcent pour aller dans les villages environnants chasser les terroristes parfois avec leurs propres engins et carburants », supplie le chef coutumier, Nongma Maïga. Les doléances de ces défenseurs de la patrie se résument à une prise en charge alimentaire, sanitaire et des ayants/droit des VDP décédés en opération. Le matériel de guerre : Armes, munitions, gilets et casques pare-balles et protège-tibia ou coude constituent la préoccupation majeure des VDP d’Arbinda et de Koutougou. En bref, il s’agit de l’application dudit arrêté conjoint. « Si nous obtenons le matériel nécessaire, je donne 3 mois pour finir avec le problème d’insécurité dans les communes d’Arbinda et Koutougou, afin de permettre le retour rapide des PDI », promet Hamadoum Tao.

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

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