Lutte contre le noma: une campagne pour vaincre le fléau

Le Projet de sensibilisation et de renforcement des capacités pour la prévention du noma au Burkina Faso (PSRCPN-BF) a organisé, du 2 au 6 mars 2021 à Dori et à Bani, une campagne de sensibilisation et de recherche active des cas de noma et d’autres affections de la sphère oro-faciale au profit des Personnes déplacées internes (PDI) et des communautés hôtes.

Afin de contribuer à lutter contre le noma et les affections bucco-dentaires dans les zones abritant les Personnes déplacées internes (PDI) des communes de Dori et de Bani, la campagne de sensibilisation et de recherche active de cas a permis de dépister 10 150 enfants de 1 à 12 ans du 2 au 6 mars 2021. Cette campagne a été réalisée par le Projet de sensibilisation et de renforcement des capacités pour la prévention du noma au Burkina Faso (PSRCPN-BF). Selon son chargé de projet, Dr Souleymane Bougoum, zéro cas de noma a été enregistré, 1258 cas de caries dentaires détectées et des milliers de personnes sensibilisées aux bonnes pratiques en matière d’hygiène bucco-dentaire dans quatre formations sanitaires de ces localités. Durant ces cinq jours, les populations ont reçu des conseils liés aux bonnes pratiques bucco-dentaires afin d’éviter le noma. Pour Safiatou Iba, une déplacée interne du quartier Wendou de Dori, elle a témoigné avoir trouvé un intérêt à suivre une séance de sensibilisation. « Désormais, je ferai tout pour maintenir mes enfants dans de bonnes conditions hygiéniques », a-t-elle promis. Pour sa part, Hadjaratou Dicko, une autre PDI de Bani, a salué l’initiative qui a permis non seulement de dépister les enfants sur le site des déplacés, mais également de sensibiliser la population à une maladie méconnue. « Les agents de santé nous ont dit que la prise en charge du noma est gratuite. Cependant, ils ont beaucoup insisté sur l’hygiène de nos enfants, d’une manière générale, et, particulièrement, sur l’hygiène bucco-dentaire pour éviter le noma », a-t-elle soutenu.

La stratégie du porte-à-porte

De l’avis du point focal du PSRCPN-BF au district sanitaire de Dori, Kalifa Pitroipa, 20 équipes ont été déployées sur le terrain pour la sensibilisation de la population et le dépistage des enfants. « Le dépistage a consisté à rechercher les lésions au niveau de la bouche, à savoir les gingivites et les plaies, les signes de la malnutrition, les cas de noma et les autres affections bucco-dentaires », a-t-il expliqué. Grâce à la stratégie utilisée du porte-à-porte, chaque équipe a procédé à un examen exo-buccal et endo-buccal des enfants de 1 à 12 ans. Au regard de la persistance de la maladie dans la région du Sahel, Dr Bougoum a fait savoir que le projet y intervient depuis 2011. En effet, a-t-il précisé, 63 cas de noma ont été enregistrés au Sahel contre 393 au niveau national de 1993 à 2016 et de 2017 à 2019, plus d’une vingtaine. Il a par ailleurs estimé que le public cible, en particulier, les PDI sont des personnes vulnérables dont les enfants souffrent généralement de la malnutrition et à risque de contracter le noma. Pour la réussite d’une telle activité, a-t-il poursuivi, un atelier de plaidoyer a été organisé à l’intention des autorités administratives de la province du Séno, les partenaires et les associations locales afin de leur présenter le projet, solliciter leur adhésion et demander leur accompagnement.

Souaibou NOMBRE
snombre29@yahoo.fr

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La malnutrition, principale cause du noma

Le noma est une maladie qui ronge les organes du visage et qui débute par la bouche. C’est une maladie causée par plusieurs facteurs notamment la malnutrition, les maladies parasitaires et infectieuses qui affaiblissent l’enfant et enfin la mauvaise hygiène bucco-dentaire. Lorsqu’un enfant vit dans ces conditions et contracte le noma, tout son visage peut être détruit et du coup, il perd une lèvre ou une mâchoire. Le noma est très mortel car les statistiques indiquent que 90% des enfants victimes de cette maladie peuvent mourir sans traitement. Ceux qui y survivent, vivront avec des séquelles graves et ils deviennent des « monstres » ambulants parce qu’il sera très difficile de les regarder.

SN

 

 

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