Caisse des dépôts et consignations De nouveaux pas en avant

Le comité stratégique du programme d’appui à la Caisse des dépôts et consignations du Burkina Faso, composé de la direction générale de l’institution financière publique, son homologue de France, l’Agence française de développement, et EXPERTISE France, s’est réuni le 26 mars 2021 par Visioconférence. Plusieurs dossiers, dont la formation du personnel et des membres de la commission de surveillance et les études de faisabilité, ont été examinés.

L’opérationnalisation de la Caisse des dépôts et consignations du Burkina Faso (CDC-Burkina Faso), créée depuis 2016, se poursuit. Dans ce cadre, la direction de la caisse et les principaux partenaires techniques financiers, à savoir la CDC-France, l’Agence française de développement (AFD) et EXPERTISE FRANCE ont tenu une session virtuelle, du comité de pilotage stratégique du programme d’appui triennal 2021-2024 de ces PTF, vendredi 26 mars 2021. Au terme de celle-ci, la Caisse des dépôts et consignations du Burkina et ses partenaires ont convenu du démarrage des travaux du cabinet d’études chargé de réaliser l’actualisation du modèle prudentiel et du cadre de gestion des risques. Un autre cabinet d’expertise chargé d’élaborer les différentes doctrines d’investissements et de mandataires va recevoir le quitus pour commencer ses travaux. Le comité de pilotage stratégique a procédé également aux derniers réglages pour lancer la formation des agents et des membres de la commission de surveillance en vue du démarrage effectif des activités de la CDC-Burkina. Les études de faisabilité pour sélectionner les projets prioritaires de la Caisse vont aussi être lancées. Par ailleurs, les partenaires ont accédé à une sollicitation de la partie burkinabè portée par le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré, présent à la cérémonie d’ouverture de la réunion. « Le gouvernement burkinabè souhaiterait que la CDC-France et l’AFD puissent étudier les possibilités d’un accord de partenariat en vue de financements conjoints sur les projets structurants d’intérêt général », a dit le ministre en charge de l’économie.

« La CDC n’est pas en concurrence avec les banques »

Enfin, les parties ont aussi convenu de finaliser le mémorandum d’entente quadripartite entre les 4 parties qui sera signé dès que les partenaires français pourront venir au Burkina Faso. A l’issue de la rencontre, le Directeur général (DG) de la Caisse des dépôts, Paul Kaba Thiéba et les partenaires ont animé une conférence de presse. Celle-ci a permis au directeur général de revenir sur les missions de la caisse des dépôts consignations. « Le rôle de la caisse des dépôts et consignations est d’être un acteur endogène du financement du développement du Burkina. Elle est créée pour financer l’intérêt général, par exemple des universités, des hôpitaux, des abattoirs frigorifiques ou encore la politique du logement social, avec l’épargne des burkinabè », a-t-il rappelé. La CDC-Burkina ne vient-elle pas empiéter sur les parts de marché des banques commerciales ? Dans sa réponse, M. Thiéba s’est voulu catégorique. « Non » a-t-il déclaré. En effet, selon ses explications, la caisse des dépôts n’est pas une banque, car elle ne reçoit pas des dépôts du public, elle ne fait pas non plus de crédits à des particuliers ou des entreprises directement. Pour lui, la caisse vient plutôt compléter le paysage bancaire et financier du Burkina en prenant en charge des financements à long terme non couverts par les banques commerciales. Il s’agit également d’un changement de paradigme dans le financement des projets de développement avec des ressources endogènes de préférence, l’aide publique au développement étant aléatoire et de moins en moins important. Sur les ressources de la caisse des dépôts et consignations, son DG a souligné qu’au terme de la loi qui l’institue, il s’agit de l’épargne populaire collectée par La Poste Burkina et des fonds de retraites rassemblés par la Caisse autonome de retraite des Fonctionnaires (CARFO) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), des fonds de tiers détenus par les notaires et les greffes des tribunaux. Interrogé sur la date du lancement du premier projet sur financement de la caisse des dépôt et consignations, son DG n’a pas donné de date fixe. Il a expliqué que la dynamique est lancée et que la caisse va entrer en discussion avec tous les acteurs pour avoir leur adhésion au mécanisme. Par rapport au rôle de chaque partenaire, on peut retenir que l’AFD est celle qui apporte les ressources financières pour la mise en place et l’envol de la CDC-Burkina Faso. EXPERTISE France, quant à elle, est une plateforme de mobilisation de l’expertise au service des besoins de la caisse des dépôts du Burkina Faso pour appuyer sa structuration. La CDC France, elle, partage son expérience avec sa consœur burkinabè et aussi dans la définition de la hiérarchie des priorités.

Nadège YE

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