Visite de l’ambassadeur Luc Hallade à Kaya : Sécuriser l’axe Ouagadougou-Kaya-Dori

La délégation française visitant une salle d’intervention du CHR de Kaya.

Le directeur du Centre de crise et de soutien (CDSC) au Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), Eric Chevallier, en compagnie de l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Luc Hallade, a visité, le mercredi 14 avril 2021 à Kaya, des projets français exécutés dans la région du Centre-Nord.

Depuis 2019, le Centre de crise et de soutien (CDSC) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français (MEAE) de la France exécute des projets à travers des Organisations non gouvernementales (ONG) françaises (anonymat) dans la région du Centre-Nord. Pour s’imprégner du niveau d’avancement desdits projets, le directeur du CDSC au MEAE, Eric Chevallier, en compagnie de l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Luc Hallade, a effectué une sortie-terrain, le mercredi 14 avril 2021, à Kaya. Avant cette visite, la délégation a échangé avec les autorités administratives de la région.

Au cours de cet entretien, plusieurs sujets ont été abordés, notamment la protection (abri) des Personnes déplacées internes (PDI), le renforcement de l’action sociale promotionnelle, la création de postes de santé avancés et au niveau des sites des PDI et la mise en place des activités de santé communautaire. Dans le domaine de la sécurité, les doléances se résument à la dotation en équipements (drones, détecteurs de métaux, appareil d’observation lointaine), au renforcement des capacités de renseignement et à l’amélioration des moyens techniques de communication et de mobilité (motos, remorque d’éclairage et d’incarcération).

Des sollicitations que les hôtes disent avoir pris bonne note. A l’issue de ces échanges, la délégation s’est déportée au Centre hospitalier régional (CHR) de Kaya où elle a eu droit à une brève présentation des activités d’une ONG française qui apporte son appui à la chirurgie du CHR de Kaya et du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Barsalogho. De septembre 2020 à mars 2021, cette ONG a effectué, entre autres, 332 interventions chirurgicales, 228 interventions d’urgence et  41 sur 71 interventions programmées.

La réhabilitation d’un bloc opératoire, l’évacuation de 53 patients figurent aussi parmi les acquis engrangés. Cependant, de nombreux défis restent à relever. Il s’agit, notamment de l’hygiène hospitalière déficitaire, de la faible capacité en stérilisation, du circuit d’oxygène dépassé et inadapté accompagné d’une faible disponibilité en bouteilles d’oxygène, de la gratuité partielle des soins, du plateau technique insuffisant et de la capacité insuffisante en imagerie médicale.

Amplifier le soutien

En termes de perspectives pour 2021, le projet a retenu l’amélioration du plateau technique et de la qualité des soins, l’appui au référencement (ambulance) et le renforcement des capacités du personnel. Après ce tête-à-tête avec le personnel soignant, la délégation de Luc Hallade a visionné la salle de stérilisation et trois salles d’intervention (opération) du CHR de Kaya. Le cap a été ensuite mis sur le site d’accueil des déplacés internes « 38 villas ».

Là, ils ont visité des classes sous des tentes, des espaces amis pour enfants et échangé avec les PDI. La sécurisation de leurs villages d’origine afin de faciliter leur retour rapide a été la préoccupation majeure des PDI. Pour l’ambassadeur de France au Burkina Faso, cette tournée s’inscrit également dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route du Sommet de N’Djamena du G5 Sahel et celle de la réunion ministérielle de la Coalition pour le Sahel. « Ces feuilles de route prévoient qu’on intervienne particulièrement en accompagnement des efforts du gouvernement pour la sécurisation de l’axe Ouagadougou-Kaya-Dori. Et, nous sommes dans cette dynamique », a-t-il indiqué.

A son tour, le directeur du CDSC s’est dit satisfait des efforts consentis par les ONG françaises. Eric Chevallier a aussi salué l’élan de solidarité des populations-hôtes des PDI. « Ce qui nous a beaucoup frappé, c’est l’extraordinaire générosité des populations-hôtes qui ont su accueillir autant de PDI (438 000, ndlr). Et cet élan de générosité exceptionnelle est rare à travers le monde… », s’est-il réjoui. M. Chevallier a aussi rassuré de la disponibilité de son centre à accompagner les actions du gouvernement. « Nous allons continuer à amplifier notre effort de soutien qui est aussi sécuritaire parce que la sécurité est un des besoins essentiels des PDI. Il nous faut tout faire pour créer des conditions pour que les PDI regagnent leurs villages d’origine de façon volontaire et dans le respect de leur sécurité », a estimé M. Chevallier.

 

Emil Abdoul Razak SEGDA
Segda9emil@gmail.com

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