Attention, l’abîme n’est jamais loin

Toutes les consciences se sont arrêtées, le lundi 17 mai 2021, face à ce qu’il convient d’appeler les « évènements » du noble lycée Philippe-Zinda-Kaboré.
Si les enfants, voire les petits enfants de ceux qui, un 17 mai 1983, scandaient
« libérez Sankara », voulaient donner dans le symbole, alors, là, ils auront réussi « leur business ». Mais, il n’est pas question de libérer Sankara, qu’ils chérissent du fond de leurs jeunes âmes. Mais, ne jugeons pas.

Certainement, les mômes ont leur raison. Autrement, si le prétexte des réformes fonde « le tsunami », la déferlante de violence que les « enfants » ont donné à voir, ce lundi, il y a lieu de désespérer. L’avenir du pays (les enfants), n’a pas le droit de réagir de la sorte, même s’il estime que le souvenir (les parents) a fauté. D’ailleurs, en campant sur les valeurs traditionnelles, puisées de nos us et coutumes, quand a-t-on vu un môme réagir de la sorte face à son pater ?

Une maxime bien à propos indique que l’élève ne peut prétendre
« juger » son enseignant dans la mesure où il n’en a ni la qualité, ni la capacité. Alors, qu’est ce qui a bien pu se produire, pour que le grand Zinda, franchisse le pas le plus ignoble, tombe dans l’iniquité et montre ce visage de rage, que tous souhaitent qu’ils présentent lorsque vient le moment des examens, lorsque les enfants sont appelés à défendre les couleurs de leur établissement. Le lycée Zinda, le plus « grand » de la capitale, peut-être du pays, qui a forgé dans la discipline, la concurrence loyale, des générations de Burkinabè, ne mérite pas ce scénario.

Un ressort s’est cassé, peut-être était-il déjà cassé, mais quoi qu’il en soit, la jeunesse n’a pas droit à donner ce spectacle qui fait douter de l’avenir du pays. Sans accabler les « enfants », reflets certainement des
« aînés », on peut dire qu’ils sont allés loin, loin, et donc que l’abîme n’a jamais vraiment été aussi proche. Zinda Philippe Kaboré, un nom, une figure emblématique de notre histoire commune, comme bien de grands noms attribués à nos écoles et universités.

Rien qu’à penser au symbole, les « occupants » du moment se doivent de se discipliner, de montrer le plus d’exemples tirés du comportement de ceux qui ont donné leur nom à ces écoles. Maintenant que le vin est tiré, il va falloir certainement se retrouver, se parler et se rendre compte que rien ne justifie toute cette hargne, qui cache un désespoir, une désespérance. La balle est dans tous les cas, dans le camp de chaque citoyen. Pour peu que chaque acteur sache les limites à ne pas franchir.

A quelques encablures des examens de fin d’année, quelle thérapeutique proposer aux « enfants » du noble Zinda, pour qu’ils se concentrent sur l’essentiel, les préparatifs des examens ? Comment faire en sorte qu’ailleurs sur l’ensemble du territoire, il n’y ait pas d’autres Zinda, dans le cas de figure le plus monstrueux, le plus inique ?
En somme, comment prévenir pour éviter une contagion malsaine ? La jeunesse burkinabè, bien plus, sa frange scolaire, n’a pas besoin de ce spectacle.

Il faut vite renouer pour sauver l’année scolaire, il faut vite renouer pour situer les responsabilités et éviter à jamais pareils débordements. S’il n’y a pas eu de perte en vie humaine, c’est déjà l’essentiel.
Les dégâts matériels se réparent. Dans une société
« facebookisé », « réseau-socialisé », l’éducation n’est plus forcément l’apanage des parents biologiques. Alors, tout un chacun doit l’intégrer et éviter aussi de se croire «intouchable ».

Jean Philippe TOUGOUMA

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