Il vole des chèques trésor pour battre campagne

K.T. est agent au Fonds d’appui aux initiatives des jeunes (FAIJ) depuis janvier 2018. Il est poursuivi au pénal devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou pour, entre autres, vol de chèques trésor, falsification de chèques, usurpation d’identité, fausse qualité, escroquerie aggravée, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux. Appelé à la barre, le mercredi 25 mai 2021, il a reconnu les faits qui lui sont reprochés et a plaidé coupable. K.T. a reconnu avoir soutiré frauduleusement dans les tiroirs de son chef, des états de paiement et 17 chèques trésor destinés à des bénéficiaires des financements du FAIJ d’une valeur totale de 8,6 millions F CFA. Mais comment est-il parvenu à toucher 17 fois et à des dates différentes, des chèques Trésor qui ne portaient pas son nom, sans la présence des vrais bénéficiaires ?

Le prévenu passait par F.T. une caissière à la direction générale du Trésor et de la comptabilité publique, à qui il remettait de l’argent après l’opération pour service rendu. Elle a reçu au total entre 500 mille et 600 mille F CFA de K.T. En lieu et place des signatures sur les chèques, le prévenu y apposait des croix. Chaque fois que la caissière F.T. recevait les chèques de la part de K.T., elle procédait à leur paiement sans exiger les pièces d’identité des vrais bénéficiaires. Elle a payé ainsi à K.T. 15 chèques sur les 17. Les deux chèques ont été payés par deux autres caissières sur intervention de F.T.

Qu’a-t-il fait de ses deniers publics ? Dans sa déposition, il dit avoir utilisé l’argent pour ouvrir un maquis, s’acheter une moto qui a été volée par la suite, un terrain non loti et faire des dons de vivres à des nécessiteux. L’argent lui a également servi à battre compagne pour son parti lors des dernières élections présidentielle et législatives. A la barre, il a ajouté qu’il a aussi soigné sa fille malade. K.T. a précisé par ailleurs, être victime d’injustice au niveau de son service, notamment, parce qu’il ne bénéficie pas de missions. Pour le procureur, il est coupable des faits qui lui sont reprochés. Il a donc requis 8 ans d’emprisonnement dont 3 ans ferme, plus une amende d’un million F CFA.

L’Agence judiciaire de l’Etat (AJE), conseil du FAIJ, a simplement demandé le remboursement des 8,6 millions F CFA. Quant à F.T., le procureur l’accuse d’avoir agi en connaissance de cause et la reconnait coupable de contrefaçon, d’usage de faux, d’usage de chèques volés, contrefaits, d’enrichissement illicite et a requis une peine d’emprisonnement de 6 ans dont 2 ans ferme, plus une amende d’un million F CFA. Les avocats de K.T. ont demandé au tribunal de ne pas suivre les réquisitions du parquet et de rendre une décision qui n’engendrerait pas la révocation de son client de la Fonction publique. Surtout qu’il a plaidé coupable et s’est engagé à rembourser l’argent. Pour ce faire, sa mère, à la retraite, « a déjà bradé ses biens » pour effectuer le remboursement. Le conseil de F.T. a plaidé pour sa relaxe pure et simple. Car son client a certes commis une faute professionnelle mais pas une infraction. Elle a aidé de bonne foi K.T. qu’elle connaît depuis 2006. Le dossier a été mis en délibéré pour le 2 juin 2021.


18 mois de prison ferme pour un récidiviste

T.H. est jardinier de profession. Il est accusé de vols de motos d’étudiants à l’université Joseph-Ki-Zerbo. Appelé à la barre du TGI de Ouagadougou, hier mercredi 26 mai 2021, il a plaidé non coupable. Le sieur aurait été pris en flagrant délit de vol de moto en mars 2021, dans l’enceinte de l’université par les vigiles avec en sa possession 9 clés, dont six clés de motos et 3 de maison. Il a, par la suite, été conduit au commissariat. Comment s’est-il retrouvé sur ces lieux, alors qu’il n’est pas étudiant ? « Après avoir déposé mon enfant au LTO, j’ai laissé ma moto devant cet établissement et je suis allé dans une librairie vers l’université pour acheter un livre pour mon enfant qui fait la comptabilité. Le libraire n’ayant pas le livre en question, un monsieur m’a fait savoir qu’il en dispose.

Il m’a proposé de le suivre à l’intérieur de l’université pour qu’il lui remette le document qui coûte 8 000 F CFA. A l’intérieur du campus, pendant que je repartais rechercher la monnaie, je suis rentré dans les toilettes pour me soulager. Et c’est en sortant des toilettes que les vigiles m’ont appréhendé ». a-t-il expliqué. Des arguments que réfute E.Z., l’un des vigiles qui l’a arrêté. Le président du tribunal a apporté des images et des vidéos de l’arrestation de T.H. où il reconnaît le fait de vol. Il aurait fait ses aveux lors de son audition au commissariat. Mais T.H. ne serait pas à son premier vol d’engins à l’université de Ouagadougou. Il aurait l’habitude d’escalader le mur du lycée LTO pour entrer commettre ses forfaits à l’intérieur du campus.

En 2018, il aurait été arrêté par le même vigile, E.Z., pour vol de motos et conduit au commissariat. Dans le dossier, il est mentionné que T.H. a déjà été condamné à 12 mois ferme dans une affaire de faux billets de banque. Chose qu’il n’a pas reconnue à la barre. Le ministère public, au regard des antécédents judiciaires de T.H., de ses aveux durant l’enquête et de l’incohérence de son argumentaire, a requis la peine de 36 mois d’emprisonnement ferme, plus une amende d’un million F CFA. Son avocat a plaidé pour sa relaxe pour infraction non constituée, car son client n’a pas été pris en flagrant délit de vol ; pire les aveux ont été obtenus à la suite de torture. Pour le conseil, le fait de se retrouver au campus avec un trousseau de clés n’est pas en soi constitutif d’infraction ou d’acte préparatoire de vol. Le tribunal ne l’a pas suivi dans son argumentaire. Il a condamné son client à 18 mois de prison ferme, plus 750 000 F CFA d’amende.

Rassemblés par
Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com

 

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