Insécurité au Centre-nord : Ces enfants qui jouaient aux terroristes

Les trois enfants soupçonnés de menaces terroristes seront conduits devant le procureur du Faso pour suite judiciaire à donner.

Le Service régional de police judiciaire (SRPJ) du Centre-Nord a présenté à la presse, le mercredi 27 mai 2021 à Kaya, un groupe de trois mineurs, dont un élève de 10 ans, soupçonnés de menaces terroristes.

Informé de ce qu’un individu non identifié a menacé par appel téléphonique, le 19 mai 2021, une institutrice de l’école primaire publique de Daouirba, village situé à 12 Km de Tougouri, d’arrêter les cours et de quitter le village, sous peine d’être massacrée par un groupe djihadiste, déjà auteur d’une attaque, la veille dans la commune voisine de Pissila, la police a diligenté une enquête. Le mercredi 26 mai 2021, elle a présenté à la presse à Kaya, un groupe de trois enfants arrêtés dans le cadre des investigations menées.

Selon le chef du Service régional de la police judiciaire (SRPJ) du Centre-Nord, le commissaire de police, Aboubacar Tietiembou, la menace téléphonique a créé la panique généralisée dans le village concerné et ses environs, avec des déplacements massifs des populations. « Grâce à la promptitude du district de police de Tougouri, l’enquête ouverte par le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Kaya a permis, dès le lendemain, d’identifier et d’interpeller l’auteur de l’appel, un enfant de 14 ans ainsi que trois autres respectivement âgés de 10, 14 et 25 ans », a précisé le commissaire Tietiembou.

Interrogé au SRPJ, a-t-il poursuivi, le présumé auteur a déclaré avoir effectué cet appel à la demande d’un élève en classe de CE1 qui ne voulait plus poursuivre les cours, avant de finir par avouer qu’il l’a fait sur sa propre initiative pour s’amuser. « Ainsi, après son forfait, il s’offrit le plaisir d’observer la population en débandade à partir du marché du village en pleine ébullition », a regretté le chef du SRPJ. Et d’ajouter que deux jours avant, le jeune homme s’était procuré une puce téléphonique avec la carte nationale d’identité de son cousin de 25 ans et a obtenu le contact d’une enseignante avec l’appui d’un autre enfant de 14 ans. « C’est alors qu’ils ont appelé l’enseignante en lui disant de transmettre le message à ses collègues, avec un ultimatum de quitter le village dans les 72 heures qui suivent.

L’appelant avait précisé que son groupe, à court de munitions à la suite de l’attaque terroriste, la veille, d’un village de Pissila, commune voisine de Tougouri, marchera sur Daouirba après un ravitaillement », a détaillé le principal animateur de la conférence de presse. A l’entendre, toutes les attaques ne sont pas l’œuvre de terroristes, mais de grands bandits. Pour le commissaire Tietiembou, la menace de Daouirba n’est pas un cas isolé. « Au-delà de l’œuvre des terroristes, il y a également des individus mal intentionnés qui s’adonnent à ces genres de pratiques qui concourent malheureusement à l’atteinte des objectifs du terrorisme », a-t-il précisé.

Le commissaire Tietiembou a donc invité les populations de cette localité et des environs à la sérénité et à vaquer à leurs occupations. La vigilance et la dénonciation de cas suspects aux Forces de défenses et de sécurité (FDS) ainsi que le suivi rigoureux du comportement des enfants par leurs parents seraient, selon le conférencier, d’un apport
« appréciable » à la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. L’enquête suit toujours son cours, selon la police, en vue de démasquer d’éventuels manipulateurs de ses enfants. L’appelant, âgé de 14 ans est bien connu des services de la police, pour des faits de vol et surtout pour avoir organisé un voyage avec des camarades en Côte d’Ivoire. Ils avaient été interpellés à Zorgho
et remis aux services de
l’action sociale.

Sidgomdé

 

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