CEDEAO: Les défis de l’espace communautaire en débat

Le représentant-résident de la CEDEAO au Burkina Faso, Tiéna Coulibaly, a indiqué que l’organisation sous régionale doit relever les défis de la paix, de la sécurité, de la bonne gouvernance.

Dans le cadre de la commémoration conjointe de la Journée de l’Afrique et du 46e anniversaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration et des Burkinabè de l’extérieur, a organisé un panel sur le thème : « Les grands défis de la CEDEAO au 21e siècle », le vendredi 28 mai 2021, à Ouagadougou.

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration et des Burkinabè de l’extérieur veut contribuer à identifier et à trouver des réponses aux grands chalenges auxquels la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) doit faire face en ce siècle. En vue d’at teindre cet objectif, il a organisé, dans le cadre de la commémoration conjointe de la Journée de l’Afrique et du 46e anniversaire de la CEDEAO, un panel sur le thème : « Les grands défis de la CEDEAO au 21e siècle », le vendredi 28 mai 2021, à Ouagadougou.

Selon le secrétaire du département en charge des affaires étrangères, Seydou Sinka, cette conférence publique vise à faire une introspection des acquis engrangés durant les quatre décennies et à dégager les bases d’une meilleure intégration. Dans sa communication, l’ancien ministre et ancien vice-président de la CEDEAO, Jean-de-Dieu Somda, a indiqué que l’institution a depuis 2006, entamé des réformes qui ont permis aux Etats ouest-africains d’être solidaires dans les domaines de la gestion des crises, de la concertation sur les grands dossiers internationaux, la lutte contre le terrorisme, l’interconnexion des réseaux électriques, la mise en œuvre des grands projets intégrateurs.

Nécessaire retour aux idéaux

Et le Burkina Faso, par sa position géostratégique de « rond-point » de la sous-région est bénéficiaire de la quasi-totalité des initiatives de développement de la CEDEAO. Cependant, a-t-il noté, les réformes ont connu des « retards constants » dans leur mise en œuvre, dus au manque de volonté politique, au refus de certains Etats de verser les prélèvements communautaires et au recul du panafricanisme.

Le représentant-résident de la CEDEAO au Burkina Faso, Tiéna Coulibaly, a indiqué que l’organisation sous régionale doit relever les défis de la paix, de la sécurité, de la bonne gouvernance.

« La solidarité et la fraternité ont beaucoup reculé dans la sous-région. A titre d’exemple, j’ai été personnellement témoin du payement à titre gracieux, des salaires de certains Etats par d’autres Etats. Je me demande si cela est encore possible aujourd’hui », s’est-il interrogé. A cela, s’ajoute le manque de leadership dans la sous-région et qui se constate au quotidien dans les instances internationales où les positions communes de la CEDEAO sont souvent battues en brèche par les pays membres, a-t-il poursuivi. M. Somda a identifié trois défis que la CEDEAO doit relever si elle veut atteindre les objectifs d’intégration et de développement communautaire qui lui sont assignés.

Il s’agit de la mise en place d’un mécanisme efficace de transfert du prélèvement communautaire, du nécessaire retour aux fondamentaux des idéaux des pères-fondateurs, à savoir la solidarité, la concertation permanente, le panafricanisme et le leadership. Sur le plan du recrutement de ses agents, l’organisation sous régionale doit également faire preuve de professionnalisme en mettant l’accent sur la compétence en lieu et place des cooptations politiques ou familiales.

Intégrer les systèmes de défense et de sécurité

Le représentant-résident de la CEDEAO au Burkina Faso, Tiéna Coulibaly, a, pour sa part, indiqué que l’organisation communautaire doit impérativement trouver des réponses appropriées aux questions de paix et de sécurité dans la région, de la bonne gouvernance des Etats et de la CEDEAO, d’emploi des jeunes et des femmes et de transformation structurelle de l’économie ouest-africaine. Et cela passe, entre autres, par la construction des Etats forts assumant la plénitude de leurs responsabilités, la mise à niveau et l’intégration des systèmes de défense et de sécurité, une meilleure redistribution des richesses de la région, l’accès universel à une éducation de qualité adaptée au marché de l’emploi, à la promotion de l’industrialisation.

Dans sa communication sur la contribution de l’UEMOA à la consolidation de la paix et à la mise en œuvre du plan d’actions 2020-2024 pour éradiquer le terrorisme dans l’espace CEDEAO, l’ancien ministre de la coopération et actuel Délégué général à la paix et à la sécurité de la Commission de l’UEMOA, Paul Robert Tiendrebéogo, a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération, la coordination et les synergies d’actions au regard de la multiplicité des acteurs sur le terrain, de mettre l’accent sur la prévention, l’alerte précoce, sur le recours aux mécanismes endogènes de prévention et de règlement des crises.
Toutes ces préoccupations devraient être prises en charge dans la vision 2050 de la CEDEAO en cours d’élaboration. La jeunesse ouest-africaine a été invitée à jouer sa partition et à relever les grands défis de la sous-région.

Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com

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