Attaque de Solhan : « Trop, c’est trop », clament des manifestants à Dori

La marche a mobilisé des manifestants venus des quatre coins du Sahel.

Une semaine après l’attaque de Solhan, dans la province du Yagha, les différentes communautés résidant à Dori, sont sorties le samedi 12 juin 2021 pour exprimer leur mécontentement au regard de la recrudescence des attaques terroristes dans la région du Sahel.

Réunis au rond-point Arba-Hama-Diallo de Dori, dès la levée du soleil, des adultes et des jeunes, munis de pancartes, ont exprimé, le samedi 12 juin 2021, leur ras-le-bol face à la dégradation sécuritaire dans la région du Sahel. « Fier d’être Sahélien, je suis Solhan », « On veut la paix au Sahel, trop c’est trop », « Non à la barbarie humaine », « il faut sauver le Sahel », « Nous exigeons que l’Etat veille sur notre sécurité », sont entre autres messages qu’on pouvait lire sur les affiches des manifestants.

De cette grande place circulaire en passant par la Route nationale n°3, les manifestants, composés des Organisations de la société civile (OSC), des militants de certains partis politiques et des syndicats, notamment, se sont rendus au gouvernorat de Dori avec leur plateforme revendicative adressée au Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Une marche pacifique, selon les organisateurs, conduite par le président de la section du Séno du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), Abdoulaye Dicko, dont le message principal est d’attirer l’attention des autorités compétentes à redoubler d’efforts afin d’assurer la sécurité des populations.

« Résoudre nos problèmes »

Le gouverneur du Sahel, le colonel-major Salfo Kaboré, (gauche) a promis
que la lettre sera transmise à qui de droit.

« Il est temps que la nation, dont vous êtes censé être le père, nous intègre enfin, parmi ses filles et fils, nous mette définitivement à l’abri de ces scènes d’horreur de populations massacrées, déchiquetées par des balles de fusils d’assaut ou d’engins explosifs », a dit Abdoulaye Dicko, dans la lettre remise au gouverneur de la région du Sahel, le colonel-major Salfo Kaboré, pour être acheminée au chef de l’Etat.

A la réception de la lettre, le premier responsable de la région a remercié la délégation venue au nom des manifestants pour la remise de la note et les a rassurés de sa transmission « à qui de droit ». Cette marche constitue la deuxième du genre, selon le coordonnateur régional des jeunes du Sahel, Ali Bokoum, puisqu’en janvier 2019, les populations étaient dans la rue pour montrer que leurs préoccupations n’ont pas eu gain de cause sur le plan sécuritaire.

« Pendant trois années, nous avons été résilients. Nous nous sommes dit qu’il faut qu’on s’unisse pour combattre le terrorisme. Nous demandons à l’Etat de résoudre nos problèmes. Et si l’Etat n’y prend garde, nous aurons affaire à beaucoup plus de problèmes », a-t-il fait savoir. En attendant que la plateforme revendicative parvienne au chef de l’Etat, les organisateurs de la marche ont présenté leurs condoléances aux familles des disparus et souhaité prompt rétablissement aux blessés de l’attaque de Solhan.

Souaibou NOMBRE
Oumarou RABO
(collaborateur)

 

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