Processus de réconciliation : les concertations communales enclenchées à Ouahigouya

Avant le lancement des concertations, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré (3e à gauche), a sollicité les bénédictions du Naaba Kiiba.

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a officiellement lancé dans la ville de Ouahigouya, le samedi 26 juin 2021, les concertations communales entrant dans le cadre du processus de réconciliation nationale et de la cohésion sociale.

C’est parti pour le processus de la réconciliation nationale au Burkina Faso.
Le 26 juin 2021 à Ouahigouya, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a lancé officiellement les concertations communales.

Ainsi, dans l’ensemble des 370 communes du pays, des concertations seront menées avec les populations en vue de trouver des solutions aux différends qui opposent les Burkinabè.
Mais avant le lancement officiel, le chef du gouvernement a fait observer une minute de silence à la mémoire des victimes de Solhan et des policiers tués le 21 juin dernier dans la région du Centre Nord. Selon le chef du gouvernement, la tenue des concertations communales constitue la pierre angulaire de la démarche participative et inclusive voulue par l’Exécutif.

«Plusieurs problèmes commandent qu’on se départisse d’une approche unique pour imaginer des solutions individuelles à chaque type de réconciliation. Notre peuple a besoin de tourner la page de ces errements passés pour retrouver le chemin de la repentance et du pardon sincères», a-t-il indiqué. Pour lui, avec ces concertations, le peuple a la parole.

Que les populations s’expriment !

Pour le chef du gouvernement, si certains mécanismes « non modernes » sont mis à profit pour solutionner des conflits, le gouvernement respectera la décision.

Dans la commune de Ouahigouya, les conflits qui existent sont, entre autres, d’ordres foncier, politique, religieux, liés à la chefferie, à l’exploitation des ressources naturelles notamment entre agriculteurs et éleveurs.

De 2018 à 2020, ce sont 70 conflits qui ont été répertoriés dont 43 conflits fonciers, 12 entre agriculteurs et éleveurs et le reste constitue des conflits religieux et intracommunautaires. Les voies pour la réconciliation, à entendre les participants, sont l’usage de « l’arbre à palabre », la parenté à plaisanterie, le pouvoir des neveux ou la médiation des leaders religieux et coutumiers.

« C’est l’enchevêtrement de ces nombreuses réconciliations qui constituera la réconciliation au Burkina Faso. Dans cette démarche, le gouvernement sera fidèle au trio vérité- justice-réconciliation. Les Burkinabè veulent savoir ce qui s’est passé avant de pardonner. Il est du devoir du l’Exécutif d’étancher cette soif par une saine reconstitution des faits si tel est le souhait des victimes », a expliqué le Premier ministre. A l’entendre, les avis à l’issue de ces concertations seront prises en compte à toutes les étapes du processus, à savoir la mise en place du Conseil national d’orientation et de suivi de la réconciliation nationale, qui sera l’organe consultatif et l’élargissement des comités techniques de rédaction de la stratégie nationale de réconciliation.

« L’objectif de ces échanges dans les communes est la tenue réussie d’un forum de réconciliation nationale qui donnera à tous les Burkinabè l’occasion de se parler, de s’écouter, de se pardonner et de tracer ensemble le chemin de leur avenir commun », a précisé M. Dabiré. Il a poursuivi que le gouvernement a déjà adopté une feuille de route, le 21 avril 2021, dans la perspective de la tenue prochaine dudit forum. C’est pourquoi, il a sollicité l’implication des responsables religieux et coutumiers dans ces concertations.
« J’attends d’eux qu’ils nous montrent la voie à suivre pour panser nos plaies, nous pardonner et réapprendre à vivre ensemble. Seul l’engagement de tous les Burkinabè est la condition de la réussite de la réconciliation nationale », a-t-il exhorté.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

 

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