La démocratie, ce jeu de dupe !

Il paraît que la démocratie repose sur la contradiction et la diversité des idées et points de vue. Il semble que l’état de droit est une entité dans laquelle la liberté côtoie toutes les velléités entre légalité et légitimité, dans le respect des franchises républicaines. Autrement dit en démocratie, tout ce qui n’est pas interdit est permis. La démocratie, c’est aussi le refuge de tous les subterfuges avec en toile de fond, un peuple qui gouverne sans gouvernail. Au nom du peuple, on peut tout faire dans le meilleur des pires ; on tire sa légitimité du peuple ; on tire sur le même peuple quand vient l’heure de tirer sa révérence. En démocratie, la majorité gouverne dans une tour d’ivoire avec des personnages dignes du mythe de la caverne. L’opposition prend toujours position pour transformer les ratés d’en face en opportunités. En démocratie, la majorité reconnaît rarement ses erreurs et jette toujours l’anathème sur un bouc émissaire. Le parti au pouvoir n’a jamais tort, parce qu’il ne se trompe jamais. L’opposition félicite rarement la majorité et trouve toujours une antithèse à la thèse de l’Exécutif. Drôle de monde manichéen, arrogant et inconséquent !

En démocratie, ce n’est pas toujours le bon sens qui commande ; très souvent on gouverne et on s’oppose par l’absurde. La démocratie est le seul terrain où le chien de battue peut chasser sa proie sans l’égratigner et revenir lécher les bottes de son maître, la queue entre les jambes. Le loup joue l’agneau dans la bergerie pour réussir sa supercherie. Voilà pourquoi, ceux que vous avez combattus hier avec le peuple deviennent vos alliés aujourd’hui au grand dam du même peuple. Hier, il avait une relation passionnellement totémique avec la viande de chien ; aujourd’hui, c’est lui qui attise le feu de la marmite de bouillon du meilleur ami de l’homme. Et il ne manque pas d’ingrédients pour assaisonner la soupe. Voilà pourquoi, ils s’insultent à peine voilé le jour pour s’amouracher la nuit sur le lit de Machiavel. La politique est un jeu dont les principes ne sont pas connus du profane qui donne sa poitrine. Une fois au pouvoir l’opposant d’hier se révèle parfois pire que son détestable prédécesseur hué.

La démocratie, c’est vraiment le champ de toutes les insanités. Au nom du droit et de ses subtilités insondables, on peut défendre un coupable en lui conseillant de plaider non coupable. On peut même vertement mentir vrai pour paraître sincère dans l’antichambre de l’enfer. En démocratie, comme l’a dit Alpha Blondy : « du café au lait, ils sont capables de voler le lait ». Et les prestidigitateurs de nos tropiques sont rompus dans l’art de la roublardise politique. L’essentiel, c’est la fin et la fin justifie les moyens, au nom du peuple. En effet, il faut plutôt mourir pour des idées et non pour un politicien. Parce que comme disait le philosophe Lacan, l’idée n’appartient à personne. Mais les retombées du combat politicien reviennent toujours au politicien, rien qu’au politicien. Où sont les martyrs d’hier ? Que deviennent les blessés d’hier ? Qu’en est-il de la veuve qui se ronge les ongles pour nourrir sa douleur ? Quid de l’anonyme orphelin dont le père est tombé pour rien ? Combien de politiciens vous rendent visite par semaine, par mois ou par an ? Combien vous tendent la main sans faire du tapage sur leur générosité ? C’est gênant de le dire ou de l’entendre, mais en politique, on se réclame du peuple, on joue avec le peuple, dans le camp du peuple pour ensuite marquer contre le peuple et crier victoire par autogoal.

La démocratie sous nos tropiques, c’est aussi la frénésie des petites …

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