Nigeria : le rapt de trop

Au Nigéria, des hommes armés ont attaqué, dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 juillet, un pensionnat de l’État de Kaduna, dans le Nord-Ouest du pays. Au cours de cette visite inattendue, au moins 140 lycéens ont été kidnappés par les assaillants après des échanges de tirs avec les éléments de sécurité de l’établissement scolaire. La ville de Kaduna semble être ces temps-ci le ventre mou du Nigéria. En effet, cela fait la troisième attaque importante perpétrée dans la localité ces trois derniers jours.

Le dimanche passé, au moins huit employés d’un hôpital de cet État ont été kidnappés, selon la police. La plupart du temps l’objectif est d’obtenir une rançon sous peine d’exécuter les victimes. Comme si ces forces du mal voulaient monter les enchères, elles ont choisi la période des examens scolaires pour assouvir leur sale besogne. Un enlèvement de trop qui a suscité la colère justifiée des femmes de la ville de Kaduna. Une centaine d’entre-elles ont exprimé leur ras-le-bol pour protester contre ces enlèvements incessants et injustifiés de leurs enfants. Comment arrivent-ils à réussir de telles prouesses sans le moindre soupçon ? Existerait-il une complicité avec les autorités locales ou surfent-ils sur les failles du système sécuritaire ? A y voir de près, le kidnapping semble être le sport favori des groupes armés qui pullulent dans cette partie de l’Afrique. Depuis le mois de décembre 2020, plus de 1 000 enfants ont été enlevés à travers l’ensemble du Nigéria. Des statistiques qui suscitent mille et une interrogations sur ces agissements des ravisseurs. En effet, depuis le rapt des lycéennes de Chibok, les groupes armés ont vite compris qu’ils pouvaient non seulement faire de bonnes affaires à travers ce créneau mais aussi se restructurer. Les rançons que reçoivent les ravisseurs en échange des enfants kidnappés contribuent à renforcer leur assisse financière. Certaines personnes enlevées sont enrôlées de gré ou de force dans les conflits armés. Au regard de cette nouvelle stratégie adoptée par ces hommes de la terreur, il y a nécessité d’agir et le plus tôt serait le mieux.

Ce qui se passe au Nigéria doit interpeller l’ensemble des pays en proie au terrorisme. Le Burkina Faso a connu en janvier 2016 ce mode opératoire à la seule différence que le rapt a concerné deux adultes. Il s’agit du couple australien, le Dr Kenneth Elliott et son épouse, qui gérait, depuis plus de 30 ans, une clinique à Djibo, dans la province du Soum. Si Jocelyn Elliott a été libérée après quelques semaines, son mari, un octogénaire est toujours entre les mains de ses ravisseurs. Il se pourrait que le chirurgien soit mis à contribution pour apporter des soins aux blessés dans les rangs des groupes armés. De toute évidence, derrière tout enlèvement, se cache des objectifs bien déterminés. Il appartient donc aux Etats d’œuvrer à dérouter les ravisseurs de leur cible. Pour y parvenir un minimum de vigilance s’impose à tous.

Abdoulaye BALNONE

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