Réglages tactiques

Pour la première fois, le président du Conseil militaire de transition, le général tchadien Mahamat Déby a été reçu à l’Elysée, le lundi 5 juillet 2021, par le président de la république française, Emmanuel Macron. Les deux personnalités se sont entretenues à huis clos, donc loin des caméras et des micros de journalistes. Même si rien n’a filtré de l’entrevue, le prochain sommet du G5 Sahel a été l’objectif officiel de cette visite tout de même discrète. Sans doute, ce sommet présente de nombreux enjeux au moment où il est question du retrait de la force française Barkhane du Sahel, mais la politique intérieure tcha- dienne, avec les préparatifs du dialogue national inclusif et à terme, les prochaines élections, ont certainement figuré au menu des échanges. Il est connu de tous que le Tchad est un allié clé de la présence militaire française au Sahel. De ce fait, l’Hexagone suit de près l’évolution de la situation sociopolitique depuis la mort du Maréchal président Idriss Déby Itno. Lors de ses obsèques, le 23 avril dernier, le président français avait clairement exprimé son soutien au Conseil militaire.

« La France ne laissera jamais personne, ni aujourd’hui, ni demain, remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad », avait-il laissé entendre, avant de se raviser à cause de manifestations antifrançaises en ces termes : « Je suis pour une transition pacifique, démocratique, inclusive. Je ne suis pas pour un plan de succession ». Certes, la prochaine rencontre du G5 Sahel est cruciale parce qu’il sera question d’aborder la présence de la force française au Sahel, mais aussi de la stabilité du Tchad qui demeure une préoccupation majeure. Au regard de la nouvelle configuration de l’engagement militaire français qui est annoncée dans la région méritant une « clarification » avec les partenaires incontournables avant les débats lors du sommet du G5 Sahel, l’on peut dire que le séjour du général Mahamat Déby recèle à la fois des enjeux stratégiques et géostratégiques dans un contexte où le péril sécuritaire se corse. Une chose est sûre, la fin de la présence militaire française au Sahel n’est pas pour demain. Toutefois, la confiance des alliés est capitale pour qu’elle soit effective et rassurante. Avoir l’assurance d’un partenaire comme le Tchad est essentiel pour dessiner les contours d’un nouvel engagement au Sahel. Dans une certaine mesure, l’on pourrait appréhender l’imminente visite du président nigérien Mohamed Bazoum à Paris, le 9 juillet prochain, sous cette perspective de la donne sécuritaire. Ce qui importe le plus, c’est que le soutien des armées étrangères puisse apporter une plus-value conséquente dans la lutte contre la nébuleuse terroriste au Sahel.

Karim BADOLO

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