Financement public extérieur : les élus nationaux veulent une gestion plus efficiente

Le parlement burkinabè, en partenariat avec le Programme commun d’appui à l’Assemblée nationale (PROCAB), a organisé une rencontre d’échanges avec les partenaires au développement, le mardi 13 juillet 2021 à Ouagadougou.

Le financement extérieur occupe une place prépondérante dans la mise en œuvre des politiques publiques au Burkina Faso. Pour preuve, le Plan national de développement économique et social (PNDES), mis en œuvre de 2016 à 2021, a connu une mobilisation de ressources extérieures globales de près de 4,688 milliards F CFA, soit un taux de 84,17%. C’est fort de ce constat que l’Assemblée nationale (AN), conscient des efforts consentis par les différents partenaires au développement et en tant qu’organismes chargés du contrôle de l’action gouvernementale, a initié avec l’appui du Programme commun d’appui à l’Assemblée nationale (PROCAB), une rencontre d’échanges entre les élus nationaux et les partenaires au développement, le mardi 13 juillet 2021 à Ouagadougou. Selon le vice-président du Parlement burkinabè, Nestor Batio Bassière, cette rencontre offre l’opportunité aux deux parties d’échanger sur la mise en œuvre des politiques publiques par le gouvernement de sorte à mieux imprégner les élus et à faciliter l’exercice de leur fonction. Le but ultime, a-t-il dit, est d’offrir aux députés une lecture exhaustive des contours du financement public international au Burkina Faso.

En outre, ce cadre d’échanges devrait faciliter l’appropriation par les députés, des enjeux et des défis auxquels les acteurs internationaux sont confrontés dans l’accompagnement du pays.
A entendre Nestor Bassière, la capacité d’absorption financière des ressources extérieures dédiées au Burkina Faso reste encore largement en-deçà (moins de 50%) des normes de performances internationalement admises. « Alors, comment optimiser les décaissements des ressources extérieures au moment où le pays doit faire face à des difficultés qui persistent ? Comment faire en sorte que les conducteurs des engins du développement ne se complaisent pas dans des satisfécits et autres congratulations, de salons pendant que les bénéficiaires du développement se demandent l’utilité des centaines de conventions signées à longueur de journées et dont ils peinent à voir les retombées ? », a questionné le vice-président de l’Assemblée nationale.

Atteindre les populations

Les premiers responsables du parlement se sont dit convaincus qu’en échangeant avec les partenaires au développement, ils offriront aux deux parties l’opportunité de mieux se connaître mais surtout de se compléter pour aider à une meilleure gestion de la chose publique. « Notre pays bénéficie de l’aide au développement et il va falloir que nous travaillions à ce que cette aide atteigne les populations. Avec les partenaires, nous allons analyser la gouvernance et essayer de situer les responsabilités », a fait savoir M. Bassière. Pour le vice-président de la troïka des Partenaires techniques et financiers (PTF) du Burkina, Vetter Wolfram, ce partenariat plus structuré entre les partenaires au développement et les parlementaires constituent une opportunité
« remarquable » d’échanger sur les appuis multiformes de la coopération des PTF aux politiques publiques au Burkina Faso, d’examiner les enjeux et défis sectoriels et de contribuer ainsi au renforcement du contrôle parlementaire de l’action gouvernementale. Pour cette première rencontre entre les deux parties, six secteurs de développement sur les 14 sont inscrits à l’ordre du jour des échanges.

Il s’agit de la sécurité et l’action humanitaire, l’emploi des jeunes et des femmes, la décentralisation, la justice et le respect des droits humains, la gouvernance publique et la santé. Aux dires de M. Wolfram, ces secteurs font partis des domaines d’interventions prioritaires déterminés dans le premier axe du Référentiel national de développement (RND) qui porte sur la consolidation de la résilience, la sécurité, la cohésion sociale et la paix. « Actuellement, notre objectif commun est la stabilisation durable et le renforcement de la présence de l’Etat et de l’administration publique afin d’assurer la délivrance des services sociaux de base aux populations », a-t-il indiqué. Reconnaissant que l’agenda du jour ne permettra pas d’épuiser l’étendue et la complexité des thématiques, il a suggéré que des rencontres plus régulières entre les PTF et l’AN soient organisées afin de traiter les autres secteurs de développement qui sont tout aussi importants. Mais en attendant, il a appelé à une mobilisation déterminée de tous les acteurs institutionnels, civils et de sécurité pour jouer pleinement leur partition afin de stabiliser le pays et améliorer la gouvernance dans toutes ses dimensions.

Nadège YAMEOGO
Wahabou Oubda (Stagiaire)

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