Insécurité à Ouagadougou : un gang, dirigé par un ex-RSP, dans les filets de la Police

Le Service régional de police judiciaire de Wemtenga de Ouagadougou a présenté, le mardi 13 juillet 2021, un réseau de délinquants spécialisé dans le braquage à main armée.

Fin de cavale pour I.I, chef de gang et ex-soldat du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et quelques membres de son réseau. Après un an d’investigation à la suite d’ une plainte déposée par le sieur O.C pour agression devant sa porte et au cours de laquelle son petit-fils a reçu une balle à la cuisse gauche, le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Wentenga a mis la main sur sept présumés bandits. Selon le commissaire principal de police, Sayibou Galbané, au cours de l’enquête, l’équipe a saisi entre les mains des délinquants, un pistolet automatique, deux chargeurs de pistolet automatique dont un garni de douze munitions, un paquet de munitions contenant 18 cartouches de calibre 7,65 mm, cinq motocyclettes, la somme de 830 000 francs CFA et deux crânes humains. A écouter le commissaire principal, le chef de gang n’est pas à sa première forfaiture. « En février 2020, l’intéressé a été interpellé par le commissariat de Boulmiougou et remis à la gendarmerie pour acte de grand banditisme. En août 2020, il a été déféré par ma brigade de recherche et d’investigation criminelle pour les mêmes faits. L’intéressé est donc à sa deuxième interpellation par mon service en l’espace de 10 mois », affirme-t-il. Quant aux autres membres interpellés, seul le nommé D. A. L. alias Wobgo, a purgé une peine de 8 mois en 2007, pour escroquerie. « Les nommés K.I.I. K.Y. Z.P. O.E. et Y.M. sont inconnus de nos fichiers », a dit M. Galbané. Il a avoué que le réseau était bien structuré dans leur mode opératoire. « Ils avaient une cellule de renseignements, de détections et d’identifications des cibles composée des nommés O.E, Z.P, D.A.L et Y.M. une cellule opérationnelle d’intervention composée des nommés I.I. et T.B. un élément du groupe encore recherché et d’une cellule d’approvisionnement en armes et munitions et d’écoulement des produits du vol composée des nommés K.I.I. de nationalité togolaise et K.Y. », a déclaré le commissaire principal. Il a rappelé que leurs cibles sont les maquis, les points de dépôts Orange Money, les grandes boutiques et les gens fortunés. « Le groupe a à son compteur, plusieurs cas de vols à main armée commis dans la ville de Ouagadougou. En 2019, le gérant du maquis ’’Moulin rouge ’’ sis au quartier Bendogo, 350 000 F CFA emportés. Toujours en 2019, le gérant d’un maquis situé non loin du péage (route de Fada), la somme de 150 000 F CFA emportée. Septembre 2019, un hôtel du quartier Bonheur Ville, la somme d’environ 80 000 F CFA emportée. Juin 2021, entrepreneur O.C, 8 000 000 F CFA retirés…», a cité le commissaire principal Galbané.

Des pratiques occultes pour s’ enrichir

Ces crânes proviennent de la profanation de sépultures à Zounghou dans le Ganzourgou.

Pour prospérer dans leurs forfaits, le commissaire a laissé entendre que le gang s’était adonné à des pratiques occultes. Ainsi, deux crânes humains ont été retrouvés. « Les crânes retrouvés sont ceux d’anciens délinquants victimes de lynchage. Mais, il avait également le crâne d’un bébé que nous n’avons pas pu récupérer », a précisé Sayibou Galbané. Il a soutenu que l’enquête se poursuit pour mettre hors d’état de nuire, les éventuels complices. Indigné par les multiples interpellations et la remise en liberté provisoire de I.I. des journalistes ont mis des doutes sur l’efficacité et la mesure de répression de l’appareil judiciaire au Burkina Faso.

Mais le commissaire principal s’est voulu clair : « Nous faisons notre travail et eux le leur, nous ne sommes pas bien placés pour donner notre avis sur le système judiciaire. Mais une chose est sûre, tant que ces délinquants troubleront la quiétude des populations, nous serons là pour les poursuivre où qu’ils soient ».
En attendant, les présumés malfrats seront conduits devant le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou 1. Il a remercié Interpol pour la collaboration et invité la population à plus de prudence. « Le N°17 de la Police nationale, le n°16 de la Gendarmerie nationale et la 1010 du centre d’éveil et d’écoute sont à votre disposition », a-t-il rappelé.

 Donald Wendpouiré NIKIEMA
tousunis.do@gmail.

 

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