Mali : éviter le piège des « transitaires »

Le temps imparti à la Transition malienne mise en place après le coup d’Etat contre l’ancien président, Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août 2020, tire inexorablement à sa fin. La charte de la Transition adoptée, le 12 septembre 2020 par les forces vives de la Nation malienne, avait fixé à 18 mois la durée de la Transition. A sept mois du délai
« constitutionnel » convenu, les débats sur le respect des échéances sont au goût du jour. En effet, une vingtaine de partis politiques maliens ont appelé, le mardi 27 juillet, au respect de la date fixée pour la tenue des élections et la publication d’un chronogramme détaillé des tâches devant conduire aux élections.

Dans une déclaration, les partis signataires ont manifesté leur volonté à accompagner les autorités dans le but d’éviter un dérapage du processus en cours. Pour ce regroupement, dans lequel l’on retrouve des formations de l’ex-majorité et de l’ex-opposition, le mot d’ordre est clair. Il s’agit du maintien de la date du 27 février 2022 prévue pour les prochaines élections. Mieux, ils demandent au pouvoir en place de rendre public un chronogramme des tâches à accomplir devant conduire jusqu’au jour des élections. Cette sortie médiatique des partis politiques sonne comme une mise en garde aux organes de la Transition.

Le président de la Transition, Assimi Goïta, va-t-il se conformer à la feuille de route préalablement définie par la charte ? Jusque-là aucun signe tangible ne prouve le contraire. Mais à y voir de près cette piqure de rappel des partis politiques ne semble pas anodine. Le mystère de la destitution, le 24 mai 2021, de l’ancien président de la Transition, Bah N’Daw et de son Premier ministre, Moctar Ouane, n’est pas encore percé. Ces deux hommes sont toujours en résidence surveillée à Bamako, malgré les appels incessants lancés par l’Union africaine, les Nations unies ou l’Union européenne.

En plus, le président Goïta entretient un mythe autour de ses intentions, laissant cours à toutes sortes de spéculations. Ce n’est plus un secret de Polichinelle, que de dire que la conquête du pouvoir, surtout sur le continent noir, se fait souvent au mépris des règles préalablement définies. Dans la plupart des pays africains, les bidasses se sont toujours invités, dans l’arène politique, les armes en main. Au lieu d’établir l’ordre, ils passent maîtres de désordres constitutionnels. Ainsi, certains hommes de tenues, en jouant avec le temps ou tirant sur les ficelles, ont pu abandonner leurs treillis pour des costumes présidentiels.

Il ne serait donc pas surprenant qu’un cas similaire se reproduise au Mali. Il appartient aux forces vives maliennes d’œuvrer à ce que la démocratie triomphe sur les forces obscurantistes. Le peuple malien doit éviter le piège du labyrinthe des « transitaires » dans lequel se trouve présentement leur pays. Pour ce faire, il leur faut se mobiliser pour le respect des échéances assignées à la Transition et surtout travailler à porter des civils au pouvoir. C’est à ce prix qu’ils pourront positionner leur pays dans le concert des Nations en quête d’un mieux-être de leurs concitoyens.

 

Abdoulaye BALBONE

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