Lu pour vous : De l’insurrection aux incertitudes

Le livre est une chronique romancée de l'actualité socio-politique du Burkina Faso de ces cinq dernières années.

Dans une chronique intitulée « Burkina Faso : de la chute du président Blaise Compaoré aux incertitudes du moment », la journaliste burkinabè, Lydia Valérie Congo, replonge le lecteur dans les événements d’octobre 2014 et les désillusions de la période post-insurrectionnelle.

L’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 soldée par la fuite du président Blaise Compaoré, les affectations arbitraires de plusieurs centaines d’agents des médias publics (Sidwaya et la Radiodiffusion télévision du Burkina-RTB) et la survenue de la pandémie de la COVID-19 au pays des Hommes intègres constituent le fil d’Ariane de « Burkina Faso : de la chute du président Blaise Compaoré aux incertitudes du moment », une chronique de la journaliste burkinabè, Lydia Valérie Congo. Composée de 72 pages, l’œuvre comporte trois grandes parties à savoir, « La chute d’un médiateur », « Médias en danger » et « Contagion terrifiante ». Comme son titre l’indique, le premier chapitre (« La chute d’un médiateur ») retrace, de manière romancée, les péripéties des événements d’octobre 2014, lesquels ont mis un terme aux 27 ans de règne sans partage de Blaise Compaoré.

« Depuis que le Président a annoncé son intention de briguer un troisième mandat, les esprits se sont surchauffés, prêts à tout, pour dire non ! les contestations se font légion et deviennent de plus en plus virulentes (…) Les contestataires se sont également attaqués aux domiciles des barons du régime pour la plupart, de députés et de certains ministres, en saccageant et en brûlant également tout (…) Le vendredi 31 octobre, le président Compaoré, perdu dans un labyrinthe de pensées, se rend à l’évidence. Son départ est imminent… », relate-t-elle. Ce récit servira également de prétexte à l’auteur pour faire le procès des longs mandats des présidents africains de manière générale et leur tendance maladive à modifier à souhait la Constitution. Après le soulèvement populaire, la Transition et l’élection présidentielle de novembre 2015, Roch Marc Christian Kaboré devient le nouveau locataire du palais de Kosyam. Malheureusement, la relative période d’accalmie, qui semblait s’amorcer avec le nouveau président, sera de courte durée.

Bras de fer

En janvier 2016, le Burkina Faso connaît, en effet, sa première attaque terroriste… »A cette situation s’ajoutent une misère grandissante au sein des populations et une grogne dans la plupart des services et ministères (…) Plus rien ne va donc entre les journalistes [des médias publics] et le nouveau ministre, Remis Dandjinou », explique Lydia Valérie Congo à l’entame des pages de la deuxième partie «Médias en danger ».

A la suite de ce bras de fer, plus de 300 agents (y compris l’écrivaine elle-même) de la RTB et de Sidwaya sont, en mars 2020, affectés au ministère de la Communication ou dans ses différents services (directions régionales, Direction des ressources humaines, des archives, etc.). Toutefois, la journaliste, se refusant à trouver un unique bouc émissaire, impute à la fois la faute au manque de courage et de franchise de certains responsables du ministère de la Communication en son temps et de l’absence d’union au sein des journalistes des médias publics… « Alors que les Burkinabè n’ont pas fini de régler leurs ennuis relatifs au terrorisme, à la cherté de la vie et à la précarité des conditions de vie et de travail, voilà qu’ils se retrouvent confrontés à une nouvelle maladie… », annonce-t-elle dès les premières lignes de la troisième et dernière partie, intitulée « Contagion terrifiante ».

Pour l’écrivaine, la pandémie de la COVID-19 a changé à jamais le quotidien des habitants de la planète et des Burkinabè en particulier, bouleversé leurs habitudes avec à la clé, un impact certain sur la santé psychique des uns et des autres. Au regard de tous ces drames engendrés par la pandémie de la COVID-19, dans quasiment tous les pays du monde, il est évident, reconnaît-elle, que nul n’en est à l’abri. « Il faut alors travailler à préserver les générations futures », préconise, un brin d’optimisme, la journaliste en toute fin d’ouvrage.

W. Aubin NANA
nanaubin@yahoo.fr

 

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