Ces images qui marquent

L’année scolaire est bel et bien achevée, avec ce mois d’août à cheval entre le plein de vacances et déjà les soucis de la rentrée scolaire. Ce qui n’empêchera pas chaque acteur en fonction de ses résultats, de savourer cette année, qui a livré son verdict. Alors souvent, l’image qui reste, surtout pour les élèves des classes d’examens, c’est bien, ce rendez-vous obligatoire avec les résultats des examens. En ce moment chacun prend certainement conscience que le fait du groupe a aussi ses limites. Et que quoiqu’il en soit, on demeure soi-même acteur de son destin. Quel que soit l’âge. Les images fortes qui restent sont bien souvent ces délibérations. La formule magique qui précède la proclamation des résultats est bien celle de toutes les angoisses quel que soit votre résultat en classe. Tout le monde a peur. Les élèves, premiers concernés, en sont conscients. Ils se rendent compte qu’en quelques dix ou quinze minutes leur destin se jouera. Echouer ou être admis, n’ouvre pas les mêmes portes pour la suite de son cursus scolaire. Il y aura bien un arrêt forcé. Une chute. Une décadence. Les parents qui souffrent aussi des résultats s’interrogeront sur leur responsabilité. Ai-je vraiment offert à mon enfant les conditions minimales pour être parmi les élus de la session scolaire ?

Les enseignants, qu’ai-je fais pour un résultat meilleur ? Comme quoi, chacun joue sa partition et devra pouvoir en rire ou en pleurer. A qui la faute ? L’Etat certainement aura bien sa responsabilité dans le taux global d’admission ou d’échec. Si chacun, surtout les élèves, fait son flash-back d’une année académique qui ne dure que neuf mois, si chacun revisite ses temps de loisirs, ses temps de protestations, d’enfant gâté, qui refuse les conseils, ses temps de marches, d’arrêt pour revendiquer, peut-être que la prochaine occasion pourra être sensiblement heureuse. Mais, malheureusement, la nouvelle entrée scolaire avec les nouveaux camarades de classe passent comme des moments d’insouciance pour une jeunesse très attachée à ses rendez-vous « incontournables ». Entre les journées culturelles à ne pas rater pour aucune raison, des écoles ont même été fermées parce que les enfants y tenaient. Entre les arrêts de cours pour se mêler des « bagarres » entre enseignants et administration, nos enfants ont fini par ne pas savoir quelle est leur priorité. Pourra-t-on imaginer une année scolaire où les enfants, le 6 décembre, journée commémorant la mort de l’élève Flavien Nébié, le 9 décembre journée funeste qui rappelle la mémoire du doctorant Dabo Boukary ou le 13 décembre, triste journée de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et ses camarades d’infortune, vont se rendre à l’école, sans faire le tralala qu’il nous est donné de voir ? Pourra-ton imaginer des enfants qui se concentrent à leurs obligations en attendant les vacances pour s’épanouir trois mois durant ? Au-delà des enfants, il y a aussi cette rivalité saine entre établissements à qui sera le meilleur, à qui reviendra le titre de meilleure école, de meilleur éducateurs.

Alors, l’une des réponses se trouve nichée dans ces établissements qui font du 100% chaque année. Peut-être faut-il envoyer les élèves des autres en pèlerinage dans ces écoles. Ils comprendront que ces cadres de travail épousent rarement les faits de grève. La preuve, la rencontre entre les meilleurs des écoles et le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré est une réponse si éloquente. Qui a déjà entendu que dans une école confessionnelle, les enfants sont allés en grève ? Qui a déjà entendu que les prytanes ont fait autant ? Tous pourtant en fin d’année, savent que ces établissements ont rendez-vous avec le cent pour cent. Peut-être que la clé du succès est bien là. Dans un cadre où les élèves refusent de « toiser » l’autorité sous prétexte qu’ils « sont les premières victimes » d’un système qui bloque leur avenir, il faut les raisonner. Peut-être qu’il faut qu’ils apprennent à choisir entre le superflu du moment, les apparences faciles et la rigueur de l’heure qui ouvre bien des perspectives heureuses.

Jean Philippe TOUGOUMA

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