Réconciliation nationale : des problèmes « pas assez profonds » à Zorgho

Le ministre d’Etat, ministre auprès du Président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, Zéphirin Diabré, a participé aux concertations communales sur la réconciliation nationale, le mardi 10 août 2021, dans la commune de Zorgho, région du Plateau central.

Dans le cadre des concertations nationales, les forums communaux ont été institués. Le ministre d’Etat, ministre auprès du Président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, Zéphirin Diabré a, en effet, été témoin, dans la commune de Zorgho, des échanges entre filles et fils, le mardi 10 août 2021. « Je suis venu participer aux concertations communales à Zorgho sur la réconciliation nationale dont le forum doit se tenir avant la fin de l’année 2021 », a-t-il précisé. Pour lui, ces échanges à la base permettent d’abord d’expliquer aux populations la vision du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, relative à la réconciliation nationale et la cohésion sociale.

Ensuite, a poursuivi M. Diabré, ces concertations offrent l’opportunité aux habitants d’exposer leurs préoccupations, par exemple, les conflits qui minent la paix et le vivre-ensemble. Enfin, elles amènent les populations à la base à proposer, elles-mêmes, des solutions endogènes de réconciliation nationale, a-t-il confié. « C’est l’occasion pour moi de remercier les autorités administratives, à l’image du haut-commissaire, du maire, du préfet et du point focal qui a recueilli les préoccupations », a-t-il indiqué.

Le ministre d’Etat en charge de la Réconciliation nationale a, également salué les autorités coutumières (Naaba Sanem, Naaba Yemdé, etc.) et religieuses (l’Archevêque émérite de Koupèla, Mgr Séraphin Rouamba) présentes. Ce, a-t-il expliqué, pour leurs contributions au rapport soumis à l’appréciation des participants venus des différents villages de la commune de Zorgho. « Zorgho comme d’autres communes a finalisé son rapport aujourd’hui. Lorsque toutes les 351 communes auront fini leurs concertations, nous allons les rassembler pour en faire une synthèse afin de disposer d’une vraie cartographie des problèmes de réconciliation nationale à la base », a-t-il assuré. Quant au préfet du département de Zorgho, Issa Daboné, il a présenté, dans un premier volet, le processus de la réconciliation nationale au Burkina Faso. Il en ressort qu’il est fondé sur l’aggravation de la déchirure du tissu social, la dégradation de la cohésion sociale et le contexte sécuritaire difficile dû à l’hydre terroriste. Des problèmes de plusieurs natures Il résulte, de la communication faite par M. Daboné, des besoins de réconciliation nationale. Ils sont liés, à ses dires, aux conflits communautaires issus du terrorisme, agro-pastoraux, aux malentendus entre Forces de défense et de sécurité (FDS) et groupes sociaux, aux détournements, recels, destructions et dégradations de biens publics (en dehors des mobiles politiques comme l’insurrection populaire), aux affectations arbitraires, à l’insuffisance de justice, etc.

« Le Burkina Faso n’a pas un seul problème de réconciliation nationale comme le Rwanda après le génocide de 1994 mais, plusieurs problèmes de natures différentes », a fait remarquer M. Daboné. Il a, en sus, dévoilé la nouvelle stratégie de la réconciliation nationale basée sur une vision stratégique fondée sur des objectifs spécifiques à chaque problème, le respect du triptyque vérité-justice-réconciliation et un processus largement inclusif et participatif. C’est à l’effet, a-t-il affirmé d’aboutir à une cohésion sociale durable et de faire du pays des Hommes intègres, une nation réconciliée. « Il faut ressortir au plus profond de nous le potentiel de ressources et de talents, devoir de tout Burkinabè, pour la promotion de la cohésion sociale et de la paix au Burkina Faso », a recommandé Issa Daboné. Il a dépeint, en dernier ressort, les types de conflits notamment ceux liés au foncier dans la zone de la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR) à Sapaga (village de Zempasgo), un « conflit à la fois latent et ouvert », parmi tant d’autres. Concernant ces inquiétudes, le ministre Diabré a laissé entendre qu’elles ne sont pas assez profondes contrairement à d’autres localités qui auraient enregistré de « graves » conflits terriens et coutumiers. Le maire de Zorgho, Toukoumnogo Jacques Kaboré a, pour sa part, dit être satisfait de cette rencontre au nom du conseil municipal. A l’entendre, les forums communaux sont des tribunes pour se parler, s’écouter, tirer leçons du passé et se réconcilier. Il a, par ailleurs laissé entendre que la présence du ministre d’Etat, M. Diabré et de sa délégation est une touche particulière à la réconciliation nationale véritable dans la « Cité de Naaba Tirkoum » et au Burkina Faso en général. En dehors des mécanismes endogènes adéquats de réconciliation nationale (concertation, sensibilisation, dialogue, etc.) les communautés à la base de Zorgho ont proposé de « miser » précisément sur la parenté à plaisanterie, les fêtes coutumières et religieuses, l’arbre à palabre et le dialogue interreligieux. La sortie du ministre d’Etat en charge de la Réconciliation nationale s’inscrit dans une tournée qui le conduira à Dissin (Sud-Ouest), à Bobo-Dioulasso et Houndé (Hauts-Bassins).

Boukary BONKOUNGOU

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