Planification familiale au Burkina Faso : Des journalistes sollicités pour mobiliser des fonds

Les hommes des médias entendent faire davantage de productions journalistiques pour accompagner la planification familiale.

Le ministère de la Santé, à travers la Direction de la santé et de la famille, a organisé les 23 et 24 août 2021, à Ouagadougou, une rencontre d’échanges avec les journalistes, sur la mobilisation des ressources domestiques en faveur de la Planification familiale au Burkina Faso.

Les dépenses en matière de la Planification familiale (PF) au Burkina Faso ont été supportées par le reste du monde à hauteur de 60%, contre 40% pour les partenaires nationaux entre 2011 et 2018, selon Aguiébina Ouédraogo, représentant la Directrice de la santé et de la famille. Pour inverser la tendance, le ministère de la Santé a initié les 23 et 24 août 2021, à Ouagadougou, une rencontre d’information et d’échanges à l’endroit des hommes des médias, afin qu’ils apportent leur contribution pour pallier cette situation. Selon les organisateurs, l’atelier qui a réuni une cinquantaine de journalistes venus des 13 régions, vise à aider le gouvernement à mobiliser davantage de ressources internes pour assurer une durabilité du financement des activités de la santé de la reproduction et en particulier la planification familiale.

« Nous avons décidé d’échanger avec les journalistes pour qu’ils soient des relais en termes de plaidoyer auprès des différents leaders et acteurs du privé pour la mobilisation des ressources », a expliqué, Dr Djénéba Sanon, chargée de programme santé de la reproduction au Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Pendant les deux jours de travaux, plusieurs thématiques ont été développées au profit des participants. Il s’agit, entre autres, du financement de la PF et les engagements du Burkina Faso en la matière, en vue d’appréhender les difficultés inhérentes. La contribution des médias dans le processus de mobilisation des ressources endogènes en faveur de la PF, ainsi que la vaccination contre la COVID-19 ont été également abordées au cours de la session.

A en croire, M. Ouédraogo, dans son exposé, les efforts du Burkina Faso en matière de PF sont perceptibles sur le terrain, en témoigne le taux de prévalence contraceptif qui est passé de 22,5% en 2015 à 32% en 2020. Les indicateurs de la PF, selon lui, affichent également une baisse du quotient de la mortalité infanto-juvénile de 81,6 à 54,7 pour 100 000 naissances vivantes et une réduction du taux de prévalence du SIDA de 0,90 à 0,77% sur la même période.

Des efforts à faire

Malgré tout, a précisé le représentant de la Directrice de la santé et de la famille, beaucoup reste à faire, car le financement de la planification familiale reste tributaire des contributions de l’extérieur. « En 2009, l’Etat burkinabè n’a contribué que 11% pour l’achat des produits contraceptifs ; un effort qui est resté constant jusqu’en 2019 avec 33% », a-t-il poursuivi. Le Burkina Faso a déclaré la gratuité de la PF et compte sur l’extérieur pour l’assurer, a regretté Aguiébina Ouédraogo. Pour une pérennité des actions, a-t-il souhaité, il est nécessaire que le relais soit assuré par le niveau national, en vue de préserver les acquis déjà engrangés en matière de la PF.

« Les journalistes jouent un rôle important dans le plaidoyer et la sensibilisation des différents leaders sur la prise de mesures et surtout en ce qui concerne la mobilisation des ressources », a-t-il laissé entendre. A ce titre, il a signifié qu’il appartient aux médias de produire et de diffuser des informations pour influencer les décideurs. De l’avis de la Directrice de la communication du ministre de la Santé, Raïssa Ouédraogo, la presse, à travers sa production, pourra contribuer à améliorer la promotion de la santé et spécifiquement de la PF.

Au terme de la rencontre, les participants ont loué cette initiative du ministère qui, ont-ils dit, leur permettra de mener davantage d’activités à travers des productions journalistiques en faveur de la promotion de la PF. Mahamadou Zongo, journaliste à la radio Wenpanga de Ouahigouya, a apprécié les différents thèmes qui ont été présentés. Pour Hortense Tiéba, rédactrice en chef de radio Mugnu« la voix de la femme » à Banfora, des émissions sont déjà produites et diffusées au niveau de son organe, dans le cadre de la promotion de la PF. « Nous avons aussi pris un nouvel engagement qui sera de produire des émissions sur la planification familiale de façon hebdomadaire », a-t-elle promis.

Aly SAWADOGO

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