Provinces du Loroum et du Yatenga : des champs asséchés, faute de pluies

Les récoltes s’annoncent très mauvaises dans la région du Nord en raison des poches de sècheresse répétées ayant asséché les champs notamment dans les provinces du Yatenga et du Loroum. Constat !

Les 314 000 tonnes de céréales attendues dans la région du Nord pour la présente campagne agricole ne seront pas atteintes. Ce, à cause de la rareté des pluies qui a détruit des milliers d’hectares de culture dans les provinces du Yatenga et du Loroum. Le constat fait, le vendredi 24 septembre 2021 dans les champs des villages de Dougouri Nongo et de Nonfairé est désolant. Dans le champ familial du producteur Adama Ganamé à Dougouri Nongo, à environ 6 km de Titao, ce sont des plants déshydratés qui se meurent à petit feu par manque d’eau. « A cause de l’insécurité, nous n’avons pas pu cultiver dans nos champs, situés à quelques 30 km d’ici. Nous nous sommes rabattus sur les terres abandonnées et lessivées.

« Pour cette campagne, j’ai fait un travail inutile », souligne Salifou Guiro.

Malheureusement, on fait face à des poches de sècheresse très longues. On rentre bredouille des champs. Il n’y a rien à mettre sous la dent », explique-t-il, tout en se demandant comment faire pour nourrir une famille de plus de 40 personnes. L’air désemparé, il ne sait plus à quel saint se vouer. Autre lieu, même constat. Nongfairé dans la commune de Oula, à environ 35 km de Ouahigouya, est une zone à forte production de maïs. Là-bas, les producteurs sont dans le désarroi. Certains ont déjà abandonné leurs champs pour vaquer à d’autres occupations comme la maraîcheculture. C’est le cas de Salifou Guiro. Son champ de maïs de 2 ha a séché complètement. « Même s’il pleut actuellement, je n’espère plus rien ici » indique-t-il, tout découragé. Mahamadou Guiro, lui a semé du sorgho dans son champ de 1ha. Producteur modèle, il estime ces pertes à plus de 50%, car une partie du champ a été décimée. Selon le chef de l’Unité d’animation technique (UAT), Amadou Ouattara, c’est à partir du 15 août dernier que les pluies ont commencé à se raréfier alors que les plantes étaient en plein développement.

Des pertes énormes

En effet, dans ces deux provinces, non seulement les pluies ont commencé tardivement mais la saison a été émaillée de poches de sécheresse très longues et répétées. « Elles peuvent durer deux semaines, voire plus. Elles sont intervenues au moment où les plantes avaient plus besoin d’eau pour se développer », souligne le Directeur provincial de l’Agriculture, des Aménagements hydroagricoles et de la Mécanisation du Loroum, Ousséni Ouédraogo.

Et la Directrice provinciale en charge de l’Agriculture du Yatenga, Anne Tapsoba/ Kan-Ouar d’ajouter que ce sont le maïs, le riz, le niébé, l’arachide et le vandzou qui sont les plus touchés. « Les pertes pourraient s’estimer à plus de 60 voire 100%. Seuls le mil et le sorgho résistent à ces types de sécheresse. Si on gagne deux bonnes pluies, on peut espérer récolter 50% de ces productions », ajoute la DP du Yatenga. Les pertes dans le Loroum sont estimées à environ 596 775 tonnes et celles du Yatenga à 13 568 tonnes. Pour Mme Tapsoba, cette situation est liée au changement climatique. Des phénomènes qui sont indépendants de notre volonté. Pour y faire face, elle suggère que le producteur intègre dans l’agriculture, l’irrigation d’appoint en construisant des bassins de collecte d’eau de pluies, des forages ou des puits.

Fleur BIRBA

fleurbirba@gmail.com

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