Ceinture verte de Ouagadougou : Renaître de ses cendres, une nécessité vitale

La ceinture verte de Ouagadougou bénéficie d’apport en plants à travers les campagnes de reboisement.

La ceinture verte de Ouagadougou (2 100 ha au total), à la demande du gouvernement voltaïque, a été marquée en 1976, par la mise en place d’une ceinture d’arbres autour de la capitale, grâce à une mission forestière allemande. De nos jours, s’étalant sur une superficie de plus de mille ha sur une distance de 21 km sur 500m de largeur, illégalement occupée, la dégradation de ce joyau vert du fait de la rurbanisation et des occupations anarchiques commande qu’il soit réhabilité vivement.

Un riche patrimoine environnemental, qui ceinture la ville de Ouagadougou appelé La ceinture verte, bénéficie aujourd’hui de toutes les attentions de la collectivité, des institutions nationales et internationales et des structures associatives. En effet, elles réagissent, face à la dégradation du sol et du couvert végétal de ce joyau qui, par des financements qui, par des reboisements. Ce, dans l’optique que cette ceinture verte, mise en place depuis les années 1970 pour lutter contre le vent et la poussière, puisse servir d’espace de repos et de loisir, assurer l’équilibre écologique, etc. ne s’éloigne de ses objectifs de départ.

Le Burkina Faso n’est, d’ailleurs, pas le seul pays au monde à expérimenter l’idée d’une ceinture verte, en atteste son existence au Kenya, inspirée par Le Mouvement de la ceinture verte (Green Belt Movement, GBM). Cette organisation environnementale fondée en 1977 par le Professeur Wangari Maathai sous l’égide du Conseil national des femmes du Kenya (National Council of Women of Kenya, NCWK) visait à préserver l’environnement et améliorer les moyens de subsistance des communautés, notamment les femmes. Dans la ville de Pau en France, également, l’idée de créer une « ceinture verte maraîchère », a été voulue par la mairie en 2019 pour satisfaire les besoins des Français pour les circuits alimentaires de proximité, le déploiement à grande échelle d’une agriculture urbaine et péri-urbaine.

Et les exemples à travers la planète sont légion. En réalité, les objectifs assignés à la ceinture verte de Ouagadougou (2 100 ha au total dont 1 050 ha aménagés sur une distance de 21 km sur 500 m de largeur), qui devrait s’étendre du Nord-Est de Kossodo à partir du prolongement du bras du Massili et traversant la route de Ouaga-Kaya jusqu’à l’axe Ouaga-Bobo à l’Ouest de la ville, ne sont pas loin de ceux visés dans les autres parties du monde.

Créer des emplois

A ce propos, la ceinture verte poursuit des buts nobles à savoir l’approvisionnement et l’alimentation par la culture combinée agro-forestière, la création d’emplois et de revenus, l’instauration d’un tapis végétal contre l’érosion éolienne et hydrique vers les barrages de la ville de Ouagadougou… Il faut donc assainir ce poumon d’oxygène, mettre fin aux occupations illégales (construction de kiosques, de garages, d’écoles, d’églises, etc.) et empêcher l’urbanisation de l’emporter et la crise du foncier, de l’exterminer.

En d’autres termes, il faut sauver ce qui peut encore l’être. C’est pourquoi, aujourd’hui la municipalité du Burkina Faso, appuyée par les partenaires nationaux et internationaux

Il est urgent de mettre fin aux occupations anarchiques sur la bande de la ceinture verte
de Ouagadougou par sa revalorisation durable.

œuvre à sa revalorisation ! A cet effet, la ceinture verte de Ouagadougou est inscrite dans le Projet d’assainissement et de drainage de Ouagadougou (PADO), dont la première phase est estimée à plus de 9 milliards FCFA. A ce titre, le mardi 21 septembre 2021, une délégation tripartite de l’Union européenne (UE), de l’Agence française de développement (AFD) et de la Banque européenne d’investissement (BEI) a été conduite par la mairie de la ville de Ouagadougou sur une bande de la ceinture verte de Ouagadougou dans l’arrondissement 4.

Cette sortie des partenaires internationaux est intervenue après que le bourgmestre de Ouagadougou, Armand Roland Pierre Béouindé, a reçu à Paris en France, l’honneur fait à sa commune pour le Projet de revalorisation de la Ceinture verte de la ville de Ouagadougou, retenu dans la catégorie « Prix ville africaine solidaire et durable ». Il faut dire avec insistance qu’il y a vraiment nécessité de réveiller ce poumon d’oxygène qui fait l’objet d’initiatives burkinabè en matière de promotion de l’environnement et d’un cadre de vie décent. C’est pourquoi, cette reconnaissance internationale doit être le coup d’accélérateur de la sensibilisation de toutes les couches sociales à la préservation de la ceinture verte de Ouagadougou.

Car, de surcroît, cette dernière, parmi les projets ou réalisations d’Afrique francophone, intègre les dimensions durables et solidaires et améliore l’environnement local à court, moyen et long terme, tout en favorisant la lutte contre l’exclusion et la participation citoyenne. Par ailleurs, ce laurier fait à la commune de Ouagadougou lui a valu l’annonce de plusieurs financements structurels, notamment de l’Association internationale des maires francophones (AIMF) et de l’Union européenne. En effet, plus de 217 millions FCFA ont été accordés par l’AIMF à la commune de Ouagadougou pour la revalorisation de la ceinture verte avec l’aménagement de 20 ha à travers la mise en terre de 8 000 plants, l’implantation de quatre forages et la clôture de l’ensemble du site au profit de 800 femmes et jeunes vulnérables.

Ce projet de financement, avec une contribution de la ville de Ouagadougou de plus de 40 millions FCFA, n’est donc pas un hasard, car la communauté internationale est bien consciente des grands défis à relever en matière de changement climatique qui est un phénomène mondial. Autrement dit, les retombées de la réhabilitation de la ceinture verte de Ouagadougou en matière de séquestration de carbone dans la lutte contre la variabilité climatique seront planétaires. Il ressort, selon des études d’évaluation du potentiel du carbone, que si la superficie de la ceinture verte de Ouagadougou est aménagée en espace de conservation, cela permettra d’augmenter le pouvoir de séquestration et de réservoir du carbone. Vivement donc que la ceinture verte de Ouagadougou renaisse de ses cendres pour être revalorisée dans la durabilité !

Boukary BONKOUNGOU

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