Relations franco-africaines : « Je t’aime, moi non plus »

Les relations ne sont pas au beau fixe depuis les propos qu’aurait tenus le président français Emmanuel Macron, le 30 septembre, dernier à l’égard des descendants de familles de la guerre d’Algérie. L’idée de départ en échangeant à l’Élysée avec les 18 « petits-enfants » de la guerre d’Algérie était de panser les cicatrices laissées par le conflit. Malheureusement, « l’enfer étant pavé de bonnes intentions », le discours de M. Macron rapporté deux jours plus tard par le journal Le Monde, a produit un effet contraire.

Le président français a dénoncé la « haine » contre la France qui ne viendrait pas, selon lui, « de la société algérienne dans ses profondeurs mais du système politico-militaire qui s’est construit sur cette rente mémorielle ». En effet, ses déclarations ont déclenché une onde de choc en Algérie. En réponses à ce qu’elles qualifient « des propos irresponsables», les autorités algériennes ont immédiatement rappelé leur ambassadeur en France pour «consultations».

Ce refroidissement des relations diplomatiques intervient au moment où les deux pays se préparaient à commémorer le 17 octobre, jour du massacre à Paris par la police française de manifestants algériens en 1961. Avec cette crise, les chances pour que ces célébrations se déroulent dans le format initialement prévu ne tiennent qu’à un fil. Car l’Algérie n’a visiblement pas encore fini de digérer sa colère.

La preuve, elle a interdit, dès le dimanche 3 octobre, son espace aérien aux avions militaires de l’opération Barkhane et menace de revoir ses relations économiques et commerciales avec la France. Cette prise de bec de l’Hexagone avec un pays africain semble présenter à la face du monde, le rejet de plus en plus grandissant de la politique extérieure de la France sur le continent noir.

La semaine dernière, c’était le Premier ministre de la transition malienne, Choguel Maïga, qui décriait à la tribune de l’ONU la décision unilatérale de la France de retirer la force Barkhane sur le territoire malien. En Centrafrique, c’est encore la France qui indexait le pouvoir en place d’être au centre d’une campagne anti-française.

Et en représailles, Paris a gelé en juin 2020 son aide budgétaire et sa coopération militaire avec son ancienne colonie. Les trois cas ne sont que les parties visibles de l’iceberg. En effet, dans certains pays tels que le Burkina Faso, le Mali et le Niger, des manifestations ont été organisées par les populations pour deman-der le départ des troupes françaises ou pour remettre en cause les intérêts de la France sur leurs territoires.

Ces réactions témoignent que dans bon nombre de pays africains, les populations ne sont plus disposées à supporter les « humiliations » de la France. Et elles le font savoir ouvertement. Il appartient donc à Paris de tirer les conséquences de sa politique extérieure, surtout avec ses ex-colonies.

Abdoulaye BALBONE

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