Secteur bancaire: La BCB rend hommage à son ancien DG, Mahmud Hammuda

La Banque commerciale du Burkina (BCB) a organisé une cérémonie d’hommage en l’honneur de son ancien directeur général de 1997 à 2005, Mahmud Hammuda, décédé le 27 août 2021 en Libye. Lecture de coran, prières pour le repos de son âme, témoignages et reconnaissance de bonnes œuvres de l’illustre défunt ont constitué les temps forts de la cérémonie à lui dédiée, le dimanche 17 octobre 2021, à Ouagadougou.

Les grands hommes ne meurent pas. Ils entrent dans l’histoire avant et après la mort pour leurs actions. Mahmud Hammuda, ancien directeur général de la Banque commerciale du Burkina (BCB) de 1997 à 2005, est de cette catégorie d’hommes qui ont vécu utilement pour leur communauté, pour la postérité.  Décédé le 27  août 2021, à Tripoli en Libye, à l’âge de 60 ans, le Conseil d’administration et l’ensemble du personnel de la BCB ont rendu un grand hommage « mérité » à l’homme lors d’une cérémonie qui lui est dédiée le dimanche 17 octobre 2021, à Ouagadougou, au siège de la BCB, en présence de sa famille, des proches, amis et connaissances, anciens collaborateurs, des personnalités du secteur public et privé burkinabè.

Il a reçu un hommage « mérité » à titre posthume du Conseil d’administration, du personnel de la banque, des parents, amis, connaissances, anciens collaborateurs.

Le cérémoniel d’hommage commence par des prières, lecture de Coran, invocations pour le repos de l’âme de l’illustre défunt. Les Imam Abdellah Ouédraogo, Alidou Ilboudou du Cercle d’étude de recherche et de formation islamique (CERFI), Abdel Aziz Ouédraogo prient, implorent Allah pour qu’il accueille Mahmud Hammuda au paradis. « J’invite tout le monde, quel que soit son bord religieux, à avoir une pensée pieuse pour lui, à prier pour qu’il repose en paix », implore El Hadj Adama Sakandé.

A l’issue des prières et invocations vient le moment des témoignages sur les bienfaits, les bonnes actions de celui qui est arrivé à la Banque arabe libyenne (Balib), aujourd’hui BCB, en tant que directeur central en 1994, puis directeur général de 1997 à 2005. Ses anciens collaborateurs, ses connaissances, sa famille se succèdent au pupitre. Leurs témoignages sont aussi émouvants qu’édifiants, les uns après les autres !

« Il avait de l’ambition, de la vision »

On retient de l’homme qu’il était un grand manager, un visionnaire, un capitaine d’entreprise hors pair. « Mahmud Hammuda est arrivé au moment où la Balib avait des difficultés pour se faire de la place dans le paysage bancaire burkinabè. Son premier défi était de construire le siège de la Banque dont l’inauguration a été faite en présence du guide de la révolution libyenne, Mouammar Kadhafi et du président Blaise Compaoré », fait savoir l’ancien président du conseil d’administration de la BCB, Ibraima Ouattara. Pour M. Hammuda, l’image de la banque en dépend !

L’actuel DG de la BCB, Bashir Karwa: « Il avait de l’ambition, de la vision et a su mobilier les hommes autour de lui »

Sous son leadership, la banque connait des niveaux de croissance fort appréciables, a ajouté M. Ouattara. Au moment où il quittait la direction de la banque en 2005, la BCB était parmi les quatre premières banques de la place avec un total bilan de 70 milliards F CFA et 11% des parts de marchés, précise l’actuel directeur général adjoint de la BCB, Hubert Léandre Kabré. « Quand Mahmud Hammuda prenait la direction de la banque, elle n’avait de vision, de stratégie. Il s’est mis à la tâche pour doter notre banque d’une stratégie. Plus qu’un patron, il était un ami. Il nous a inculqué des valeurs persévérance, l’amour des grandes ambitions. Il nous respectait et nous faisait respecter », confie M. Kabré.

C’est également lui qui a engagé le processus de digitalisation de la banque et a changé le nom de la Balib pour la rebaptiser Banque commerciale du Burkina, témoigne l’actuel ministre des Sports et des Loisirs et ancien cadre de la BCB, Dominique Nana. Pour l’actuel directeur général de la BCB, Bashir Karwa, la cérémonie se veut un hommage à un grand homme qui a su assumer de grandes responsabilités, qui a fait de grandes choses pour sa banque, à commencer par la construction du bâtiment du siège.

La construction du siège de BCB, des agences, le changement de nom, etc. sont à mettre à l’actif de son ancien directeur général, Mahmud Hammuda.

Un homme unique et entier

« Avec lui, il y avait une entente totale avec le conseil d’administration. Il avait de l’ambition, de la vision et a su mobiliser les hommes autour de lui. Il nous laisse un grand vide. Tout ce qu’on peut faire, c’est de prier pour le repos de son âme », lâche-t-il. Somé Angélique, entrée à la BCB comme secrétaire, et qui, par la suite, a embrassé une carrière de banquier grâce à Mahmuda Hammuda, a laissé entendre que l’homme savait détecter le potentiel de ses collaborateurs et leur donnait l’occasion de l’exprimer, de le développer.

L’actuel directeur général de la Banque agricole du Burkina Faso (BADF), Daouda Simboro, a été recruté à la BCB en 2000 par Mahmuda Hammuda. Ancien proche collaborateur du défunt directeur général, il dit devoir sa carrière dans la profession bancaire à celui dont tout le monde salue la mémoire aujourd’hui, 15 ans après qu’il a quitté la direction de la BCB. « M. Hammuda nous a donné envie de faire la banque et d’y rester. Je suis devenu ce que je suis aujourd’hui grâce à lui. Plus qu’un patron, il était un ami, un collaborateur. Il était un homme unique et entier, prévisible, qui savait faire du recul quand il se rendait compte qu’il avait tort. M. Hammuda s’aimait, aimait la vie, aimait les gens.  Il savait galvaniser, encourager, reconnaitre le travail bien fait. Et quand il n’était pas satisfait, il savait aussi le dire avec sourire, gaieté de cœur. Nous n’allons jamais l’oublier », confie M. Simboro.

Tout comme l’ancien député à

Le DG de la BADF et ancien cadre de la BCB, Daouda Simboro : « M. Hammuda était un homme unique et entier, prévisible, qui savait faire du recul quand il se rendait compte qu’il avait tort ».

l’Assemblée nationale, le président du géant groupe, Coris Bank International, Idrissa Nassa, fait aussi parti de la longue liste des bénéficiaires des bonnes œuvres de l’ancien patron de la BCB. En homme intègre, il a fait savoir que Mahmud Hammuda a été l’un des artisans de son rayonnement dans le secteur bancaire.

« Il m’a donné un prêt de 500 millions F CFA »

« Si Coris bank international est-ce qu’il est aujourd’hui, c’est en partie grâce à la BCB et à la confiance que M. Hammuda à témoigner à ma personne. Lorsque je reprenais la Financière du Burkina (FIB), un établissement financier qui était en difficultés, très peu de banques de la place me faisant confiance. La BACB dirigée à l’époque par Léonce Koné et la BCB étaient les seules banques qui s’étaient engagées à m’accompagner. Le premier prêt que M. Hammuda m’a donné est de 500 millions F CFA. C’était extraordinaire, exceptionnel à l’époque », relate-t-il.

Nassa a salué la mémoire de ce « grand visionnaire » au nom du club des dirigeants des banques et établissements financiers d’Afrique dont Mahmud Muhmuda a été membre fondateur et ancien président. Et d’ajouter qu’au sein de cette association, l’ancien directeur général de la BCB a été un formateur, un animateur, un conférencier, qui nous a toujours édifié sur les défis, l’évolution de la banque africaine. « Sa famille, n’est pas la seule éplorée, tous les Burkinabè sont éplorés. Et nous prions tous avec vous pour le repos de son âme », affirme Idrissa Nassa.

Le président du Groupe Coris Bank International, Idrissa Nassa : « Si Coris bank international est-ce qu’il est aujourd’hui, c’est en partie grâce à la BCB et à la confiance que M. Hammuda à témoigner à ma personne »

Au-delà de ses qualités managériales, d’homme de vision, celui qui a commencé sa carrière comme journaliste-présentateur à la télévision nationale libyenne était aussi plein d’humanisme, de générosité, surtout en faveur des plus démunies.

« Il était humain, apportait un soutien moral et financier aux agents en difficultés. Il soutenait les personnes handicapées qui venaient s’attrouper chaque vendredi matin devant la banque pour bénéficier de sa générosité », fait remarquer Mme Somé.

Le directeur général adjoint de la BCB, Hubert Léandre Kabré : « Nous nous demandions pourquoi, il s’investissait tant pour le développement du Burkina Faso qui n’est pas son pays ».

 

Un admirateur de la culture et du peuple burkinabè

L’homme a aussi été un soutien, un mentor pour la jeunesse burkinabè, surtout celle entreprenante. Il aidait les étudiants arabophones qui qui avaient des difficultés pour s’insérer sur le marché de l’emploi, révèle El hadj Adama Sakandé. Mahmud Hammuda a soutenu des gens qui sont aujourd’hui de grands opérateurs économiques dont je tairai les noms, poursuit M. Sakandé.

Sur le plan sportif, grâce à lui, la BCB sponsorisait l’Union sportive de Ouagadougou (USO), aujourd’hui en 2e division. Toutes ses bonnes œuvres, l’homme le faisait dans la « discrétion absolue », reconnaissent à l’unisson les témoins.

Sa famille, très touchée par cet honneur fait au leur, a traduit sa reconnaissance à la BCB. « Cet évènement est plein d’émotions au regard de toutes les paroles qui ont été exprimées décrivant Feu Hammuda comme un visionnaire, un pionnier, celui qui encourageait la réussite et tant d’autres qualifications. Son amour pour le Burkina était bien fondé. Il considérait la BCB comme un de ses enfants. Nous sommes tenus de garder des liens très étroits avec la BCB et avec le Burkina comme il l’aurait souhaité », confie l’un de ses fils, Mohammed Hammuda.  Et à son fils Alhadi Hammuda d’ajouter que leur père avait de l’admiration pour la culture et le peuple burkinabè, croyait en une Afrique unie et était convaincu que la coopération entre la Libye et les autres pays d’Afrique serait salutaire pour tous si elle était bien menée.

Ses fils, Mohammed Hammuda (gauche) et Alhadi Hammuda, venus de la Libye, ont traduit leur reconnaissance à la BCB pour cet hommage rendu à leur père

Ces témoignages des fils apportent une réponse à cette interrogation du directeur général adjoint de la BCB, Hubert Léandre Kabré : « Nous nous demandions pourquoi il s’investissait tant pour le développement du Burkina Faso qui n’est pas son pays. Pour nous, M. Hammuda n’était pas un Libyen mais plutôt un Burkinabè », conclut-il.

La BCB a clos cette cérémonie d’hommage par une remise d’attestation de reconnaissance à Mahmud Hammuda et de son portrait à sa famille.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

 

Encadré : Quelques réalisations de Mahmud Hammuda :

  • L’ouverture des guichets à la clientèle commerciale et institutionnelle ;
  • Le changement de dénomination de la banque BALIB à BCB ;
  • L’acquisition du terrain et la construction du siège de la BCB ;
  • L’inscription du personnel au Centre de formation de la formation bancaire (CFPB) en France ;
  • La contractualisation de prêt auprès de la BOAD ;
  • L’ouverture des agences de Bobo-Dioulasso, de Kwamé Nkrumah et de la Patte-d’oie ;
  • L’ouverture du capital de la banque aux institutions privées et publiques ;
  • etc.

Source : BCB

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