Assemblée nationale : trois ministres à la barre des députés

Le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, a présidé, le mardi 26 octobre 2021, une plénière consacrée à des questions adressées à trois membres du gouvernement. Celles-ci ont porté sur les préoccupations liées à la fermeture des frontières, à la vie chère, à la dégradation des infrastructures routières et scolaires.

Lors de ses premières Journées de redevabilité tenue du 1er au 4 juillet dernier, à Bobo Dioulasso, les populations du « Grand Ouest » avaient soumis leurs préoccupations aux députés. Pour donner suite à ces inquiétudes, l’Assemblée nationale a convié trois membres du gouvernement, en sa séance plénière du mardi 26 octobre 2021, afin d’apporter plus d’éclaircissements. En rapport aux mesures prises par le gouvernement pour venir à bout de la flambée des prix des produits de grande consommation, à la problématique de la réouverture des frontières et de l’état des infrastructures routières et éducatives au Burkina Faso.

« Nous avions dit aux populations des Hauts-Bassins que les questions qui nous ont été posées et pour lesquelles nous n’avions pas de réponses, nous allons faire en sorte de les adresser au gouvernement », a expliqué le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, à l’ouverture des débats. La première question sur les mesures prises par le gouvernement pour contenir la flambée des prix a été posée par le député Achille Tapsoba. La deuxième, qui est de l’honorable Mady Compaoré, porte sur la fermeture des frontières dans la zone UEMOA. Pour donner une réponse à ces deux questions adressées au gouvernement, c’est le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, qui a apporté les éclaircissements du gouvernement. Sur le renchérissement des produits de grande consommation, il a rappelé que la COVID-19 a occasionné le ralentissement de l’activité économique avec pour conséquences, la désorganisation des chaînes de production et de transport au niveau mondial et l’augmentation des coûts du fret, etc.

L’ouverture des frontières en vue

Une situation qui, à en croire le ministre Kaboré, n’a pas épargné le Burkina Faso. Et, c’est ce qui explique selon lui, la flambée des produits alimentaires. « Pour répondre à ces défis, le Gouvernement a mis en place des mesures de mitigation d’ordre conjoncturel et s’est engagé dans des mesures structurelles », a-t-il relevé. Parmi celles-ci, il a cité la surveillance du marché par les structures de contrôle pour s’assurer de la disponibilité des stocks et de la qualité des produits de grande consommation, la sensibilisation des commerçants sur le respect de la règlementation économique, la suspension de la délivrance des autorisations spéciales d’exportation des céréales locales, l’ouverture de plus 200 boutiques témoins supplémentaires de vente de céréales à prix subventionnés, etc. Pour ce qui est de la fermeture des frontières, Harouna Kaboré a fait savoir que la COVID-19 a contraint les Etats de l’UEMOA, excepté le Bénin, à fermer leurs frontières. Toutefois a-t-il indiqué, les chefs d’Etat ont décidé de l’ouverture des frontières à la circulation des biens. « Les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, ont instruit l’Organisation ouest africaine de la santé d’accélérer le processus d’installation des dispositifs de contrôle sanitaire aux frontières en vue d’une réouverture effective», a rassuré le ministre Kaboré. Ainsi, a-t-il ajouté, des concertations sont menées depuis août 2021 par la CEDEAO et l’UEMOA en vue d’une réouverture progressive des frontières.

La question de l’aménagement de la voie d’accès au barrage de Samandeni et celle de la qualité des infrastructures routières ont été respectivement posées par les honorables Al-Hassane Sinaré et Issouf Kabré. Les réponses à ces préoccupations ont été apportées par le ministre des Infrastructures et du Désenclavement, Eric Bougouma. Réagissant à la première interrogation, il a indiqué que cette voie, longue de 18km, va connaitre le démarrage de ses travaux de bitumage en 2022, sur financement du Fonds national routier. Dans ce sens, a-t-il fait savoir, les études de faisabilité du tronçon sont en cours. Pour ce qui concerne la qualité des infrastructures routières, Eric Bougouma a signifié qu’au- delà de toutes les récriminations, l’entretien routier a connu une amélioration depuis 2016 tout comme le niveau de la qualité. Il a rassuré que la construction des routes se fait suivant les normes de qualité reconnues à l’échelle communautaire et internationale. Pour ce qui est de la dégradation rapide du bitume, elle est liée à plusieurs facteurs, selon le ministre Bougouma. Il s’agit, a-t-il cité, des surcharges, du déversement des produits pétroliers sur les routes, du mauvais comportement des usagers, de la mauvaise performance de certaines entreprises, etc. « Nous sommes conscients des efforts à faire », a, cependant reconnu le ministre, ajoutant que des mesures idoines seront davantage prises afin de construire des infrastructures routières de qualité.

Le député Noel Toé a, quant à lui, interpellé le gouvernement sur la dégradation des infrastructures scolaires devenue selon lui, monnaie courante au Burkina Faso. Pour le ministre en charge de l’éducation nationale, Stanislas Ouaro, cette situation est une réalité. Il a, en effet, indiqué que depuis 2019, 139 établissements scolaires ont subi des dommages suite aux intempéries. Selon, le ministre Ouaro, 33% de ces écoles endommagées sont réalisées par les communes sur transfert de ressources. Pour remédier à cette situation, M. Ouaro a laissé entendre que des comités locaux de projets seront mis en place pour suivre de près la réalisation des infrastructures. Du reste, a-t-il soutenu, d’autres mesures seront prises pour l’atteinte des objectifs.

Soumaïla BONKOUNGOU

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