Ville morte à Fada N’Gourma : La grogne de la population persiste

« Le réseau routier de l’Est est le plus mauvais du pays », a déploré le SG du mouvement « U Gulmu Fi », Michel Ouoba (micro).

Les populations de la région de l’Est, sorties à l’appel du mouvement « U Gulmu Fi », ont observé une journée « ville morte », sur toute l’étendue du territoire régional pour exiger, entre autres, la sécurité, la réhabilitation des routes et du Centre hospitalier régional de Fada N’Gourma (CHR).

Commerces, débits de boisson, banques, stations de carburant, agences de téléphonie mobile, établissements scolaires, compagnies de transport ont fermé leurs portes, tôt, ce mercredi 10 novembre 2021, dans la ville de Fada N’Gourma. Un arrêt inhabituel des activités socioéconomiques dans la cité de Yendabli, mais également dans d’autres chefs-lieux de province de la région, pour répondre à l’appel du mouvement « U Gulmu Fi », qui a décrété ce jour « ville morte », sur toute l’étendue du territoire régional de l’Est. En effet, les premiers responsables du mouvement ont confié avoir choisi cette méthode pour exprimer leur ras-le-bol par rapport aux problèmes de développement auxquels l’Est est confronté.

Il s’agit, notamment, ont-ils précisé, du mauvais état du réseau routier, de l’état « défectueux » du Centre hospitalier régional de Fada (CHR) et de la situation sécuritaire marquée par des assassinats ciblés, des enlèvements et des déplacements massifs de populations vers des horizons plus sûrs. Ainsi, de nombreux manifestants ont pris d’assaut la place des Martyrs, ce jour, pour dénoncer ce qu’ils ont qualifié « d’abandon de la région ». Le Secrétaire général (SG) du mouvement « U Gulmu Fi », Michel Ouoba, en veut pour preuve, la lenteur « notoire », des travaux de réalisation et de réhabilitation des infrastructures routières.

La grogne populaire persiste à l’Est.

« Le réseau routier de l’Est est le plus mauvais du pays », a-t-il déploré. Quant à la situation sécuritaire, M. Ouoba a estimé qu’elle va de mal en pis. Car, a-t-il dit, 2/3 de la région restent inaccessibles du fait de l’insécurité. Pour lui, à travers cette manifestation « monstre », le mouvement veut montrer au monde entier que « l’Est est malade et a besoin d’être soigné ».

Exacerbation dans le Gulmu

Pour ce qui est du CHR de Fada, Moussa Ouédraogo du Syndicat national de la santé humaine et animale (SYNTSHA), s’est dit préoccupé par l’état de cet hôpital de référence. « Faites un tour au service de la maternité, vous verrez des femmes à même le sol. Le plateau technique est privé de matériels nécessaires si bien que les spécialistes affectés se sont vus dans l’obligation de replier… », a-t-il dépeint. Par ailleurs, Michel Ouoba a estimé que les populations doivent bénéficier des retombées du phosphate de Kotchari dans la Tapoa.

Une vieille revendication du mouvement « U Gulmu Fi », qui exige l’installation dans cette province d’une usine d’extraction et de transformation du minerai précieux. Si rien n’est fait pour satisfaire la plateforme revendicative, le mouvement, par la voix de son SG, Ouoba, reviendra à la charge. « Nous ne sommes pas contents de passer tout notre temps à marcher et à interpeller l’Etat.

Si rien ne bouge, nous sortirons pour trois jours et ensuite la région fera le dos rond pendant des jours illimités », a-t-il prévenu avant d’exhorter les autorités à faire siennes les préoccupations de la région. « Cette région si nous l’abandonnons, nous n’allons rien léguer à nos fils. Si nous ne léguons rien à nos fils, nous aurions échoué », a-t-il conclu.

Joanny SOW

Aboubakar COMBARY (Collaborateur)

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