Eviter la critique facile

Le Burkina Faso traverse, depuis quelques années, une double crise sécuritaire et sanitaire. Une situation qui, malheureusement, a des conséquences socioéconomiques sur le pays, affectant ipso facto le bien-être des Burkinabè. Mais, celle qui préoccupe plus est la problématique de l’hydre terroriste qui prend des proportions inquiétantes, au regard des assauts répétés et meurtriers des terroristes. Face à cela, les soldats au front, s’échinent à longueur de journée, à contenir la menace de ces forces du mal aux intentions inavouées.

Cette situation, jamais vécue au pays des Hommes intègres, cristallise l’attention, donnant lieu, dans différents milieux, à toutes sortes de conjectures. Pendant que nombre d’observateurs pensent que le pays viendra à bout de cette guerre asymétrique, d’autres par contre, pointent du doigt une prétendue incapacité de l’autorité à y faire face. Si les vœux de tout Burkinabè sont de voir cette crise prendre fin et cela est compréhensible, il ne faudrait pas tout de même perdre de vue sa complexité. C’est en effet une guerre non conventionnelle et qui évolue en fonction des réalités du terrain, aux dires de certains spécialistes de la sécurité.

C’est d’ailleurs cette complexité qui inhibe parfois les initiatives fortes déployées pour sa résolution laissant croire aux yeux de certains que rien n’est fait pour ramener la quiétude au sein des populations. Ainsi, plutôt que de se livrer à des polémiques, l’on devrait penser aux stratégies, aux solutions à apporter, si tant est que le Burkina Faso nous appartient tous et que nous la chérissons. Au nom de la liberté d’opinion et d’expression, il est admis que l’on puisse se prononcer sur la vie de la nation afin d’édifier ses concitoyens sur certains aspects.

Mais, il ne faudrait tout de même pas franchir le rubicon surtout quand il s’agit de la gestion d’une crise face à laquelle le pays est confronté depuis belle lurette et dont la gestion n’est pas aisée. Ce n’est pas à travers les discours aux relents politiques et accusateurs que la crise sécuritaire sera endiguée. Mais, bien plus, par l’union sacrée des fils et filles du Burkina, dans la synergie et en collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (FDS). Sans cela, toute critique aussi pertinente soit-elle, ne sera d’aucune utilité.

Dans cette dynamique, les politiques, l’opposition et la majorité, notamment, devraient agir pour donner cette unité. Dans ce contexte de crise sécuritaire sans précédent, il y a des comportements qui ne sont pas de nature à sortir le pays de l’impasse. Car, la lutte contre le terrorisme ne mérite pas qu’on l’appréhende avec assez de légèreté et des sorties pour le moins inappropriées de certains Burkinabè. Ce combat est une question de souveraineté nationale qui prime sur toute autre considération.

A ce propos, il est donc temps que les politiques de toutes obédiences taisent leur égo, privilégient l’intérêt général et fassent chorus derrière nos forces armées nationales pour bouter l’ennemi commun hors de nos frontières. L’exemple malien devrait, dans ce sens, servir de leçon dans la recherche de solution tous azimuts contre l’hydre terroriste. En effet, si depuis 2012, le pays de Soundjata Kéita n’est pas encore sorti de l’ornière après le départ forcé du pouvoir de feu Amadou Toumani Touré, l’on est enclin à se demander si l’incompétence supposée dont il a été accusé était fondée. Rien n’est moins sûr.

En tous les cas, le Mali est toujours plongé dans un bourbier inextricable dont l’issue demeure, malheureusement incertaine. Sachons donc raison garder. Il est de la responsabilité de l’ensemble du peuple burkinabè de travailler autant que faire se peut pour des actions concrètes de nature à contribuer à la résolution définitive de cette crise sécuritaire.

Soumaïla BONKOUNGOU

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