L’introuvable « entente cordiale »

L’opposition politique autour du chef de file de l’opposition est sortie du bois, le 9 novembre dernier, avec une trouvaille qui entre en ligne droite de sa profession de foi sur la lutte engagée contre le terrorisme par le peuple burkinabè. Ainsi, après avoir expérimenté les marches nationales, le chef de file de l’opposition politique, Eddie Komboïgo et ses camarades ont trouvé une nouvelle stratégie de lutte politique : demander le départ du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, si dans un délai d’un mois (NDLR à compter du 9 novembre dernier), rien n’est fait pour endiguer la menace terroriste de plus en plus prégnante (des attaques ont été enregistrées hier dans le Soum et dans les Cascades, au moment ou nous couchions ces lignes avec des pertes en vies humaines). Cela, au moment où la nation mobilisée renforce les acquis autour d’un chef suprême engagé avec détermination par des actes concrets. Parmi lesquels, la nomination d’un ministre en charge de la défense issu des cadres des forces armées, la réorganisation dans la foulée du commandement militaire et la mise en œuvre d’une stratégie multidimensionnelle de lutte contre le terrorisme, la criminalité et le trafic transfrontalier avec des résultats manifestes. En témoigne le coup de semonce dans la fourmilière des trafics divers (carburant, médicaments…) qui alimenterait, en partie, une économie grise.

Qui plus est, si l’opposition avait prêté attention au message du général de brigade, Barthélémy Simporé, qui au nom du président du Faso, chef suprême des armées, a décliné la nouvelle vision que la hiérarchie entend insuffler aux forces armées, les Burkinabè dans leur ensemble ne se doutent pas qu’Eddie Komboïgo et les siens allaient tempérer leur maximalisme. La lutte contre le terrorisme depuis, a quitté le champ du conjoncturel pour descendre dans le structurel tant elle impacte tous les secteurs de la vie de la nation. Et pas que de notre sous-région.

A cette étape de la lutte, l’opposition devra mesurer les conséquences de cette requête à moins que cela ne soit un contre feu destiné à éluder la situation d’implosion au sein du principal parti d’opposition. Au demeurant, elle devra comprendre que la démission de Roch Marc Christian Kaboré à cette étape de la psychose terroriste, constituerait le coup de grâce. Elle ouvrira un boulevard pour des hommes qui épient le moindre signe d’inattention ou de distraction pour reprendre du poil de la bête. Les Burkinabè qui suivent l’actualité et mesurent les efforts faits par les autorités refuseront de donner un chèque en blanc à une opposition qui dénonce avec véhémence, mais qui propose rarement. Là où la communauté attend des propositions concrètes, l’opposition saupoudre des propositions. Il est tant que l’opposition quitte sa posture et mette ses pas dans la calebasse familiale suivant l’appel des anciens chefs d’Etat du Burkina Faso afin d’harmoniser les cadences dans l’esprit d’une entente cordiale, même de circonstance.

La lutte contre le terrorisme, de toute évidence, est un credo républicain sérieux pour être pris comme une occasion pour créer des dividendes électoralistes. La pluie terroriste nous a suffisamment battus pour que nous nous donnions en spectacle qui ressemble bien à une prime octroyée à des terroristes. Il est temps que les politiques sachent s’aligner sur la mouvance générale de l’heure pour ensemble combattre le seul et vrai ennemi qui vaille actuellement. L’opposition peut ne pas être d’accord avec les choix stratégiques tactiques du pouvoir. Pour cela, elle n’a pas besoin de cette publicité inutile qui renforce l’ennemi commun. Autour de la haute hiérarchie militaire, des ministres techniques Défense et Sécurité, elle peut partager ses vues. En espérant que ce sont réellement les pistes pour anéantir les terroristes. Mais plus d’une semaine après (le 9 novembre) après le message mémorable du ministre de la Défense, le général Aimé Barthélémy Simporé, cette sortie ressemble à s’y méprendre à de la provocation. Et les Burkinabè bien imprégnés se demandent à quelle fin. En tous les cas, « Le CFOP-BF ne sera jamais complice, ni du président Roch Marc Christian Kaboré ni du gouvernement. Au grand jamais ! ». A cette phrase d’Eddie Komboïgo et ses camarades, les Burkinabè répondent « au grand jamais la lutte contre le terrorisme ne se gagnera par un groupe sans toute la composante de la société Burkinabè ».

Mahamadi TIEGNA

mahamaditiegna@yahoo.fr

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