Réconciliation nationale : Salia Sanou recommande d’abord la réparation des torts de l’insurrection

La région des Hauts-Bassins a organisé sa conférence régionale sur le processus de réconciliation nationale, le mardi 23 novembre 2021 à Bobo-Dioulasso. Placée sous le thème : « Forces vives et populations des Hauts-Bassins, participez massivement à cette conférence qui est votre tribune d’expression populaire », cette conférence a permis à la région de donner sa lecture sur le processus.

Le présidium de l’ouverture de la conférence régionale des Hauts-Bassins a invité les forces vives à faire des propositions constructives.

A l’instar de celles des autres régions, les forces vives des Hauts-Bassins ont tenu leur conférence régionale sur le processus de réconciliation nationale, le mardi 23 novembre 2021 à Bobo-Dioulasso. A l’occasion, l’ancien maire de Sya, Salia Sanou, qui a fait les frais de l’insurrection populaire de 2014, a exprimé tout le mal qu’il a à digérer la destruction de « tous » ses biens. En effet, Salia Sanou estime qu’avant tout pardon, il serait sage de songer à réparer les torts subis par les victimes de l’insurrection populaire avant de parler de réconciliation. « C’est bien de parler de la réconciliation, mais que deviennent les victimes ? », s’est interrogé l’ancien maire qui dit avoir tout perdu pendant l’insurrection parce que tous ses biens sont partis en flamme dans cette crise qui a eu raison du régime de l’ancien président Blaise Compaoré. Une pilule difficile à avaler par Salia Sanou qui n’a pas caché à ce forum régional des Hauts-Bassins son désir de se « venger » si l’occasion se présentait.

A l’ouverture des travaux, le gouverneur des Hauts-Bassins, Antoine Atiou, a précisé que le processus de réconciliation nationale est né de la volonté des premières autorités du pays qui ont noté la persistance des fractures sociales et le besoin de réconcilier les fils et les filles de la Nation. « La mission de la réconciliation nationale est de trouver des voies et moyens permettant le retour à des rapports pacifiques entre les citoyens, et entre l’Etat et les citoyens », a rappelé Antoine Atiou. Trois conférenciers ont animé les débats de Bobo-Dioulasso. Il s’agit de Mgr Yemboaro Paul Ouédraogo, archevêque du diocèse de Bobo-Dioulasso, de l’écrivaine et femme politique, Bernadette Dao et de l’historien Doti Bruno Sanou. Introduisant les échanges, l’archevêque de Bobo-Dioulasso a laissé entendre que la réconcilia-tion ne se décrète pas. Pour l’homme de Dieu, il faut que les personnes y adhèrent en acceptant de se pardonner. « Il n’y a pas de réconciliation sans pardon. Et ce pardon est conditionné à la reconnaissance de la faute, source de fracture, par son auteur », a fait savoir Mgr Yemboaro Paul Ouédraogo.

Kamélé FAYAMA

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