Traitement de l’information sécuritaire : Les communicateurs invités à plus de professionnalisme

Le Secrétaire général du ministère en charge de la communication, Rabankhi Abou-bakr Zida, s’est réjoui des analyses pertinentes, judicieuses et objectives, des partages d’expériences utiles, du dialogue fructueux entre praticiens et chercheurs, issus des 12es UACO.

La 12e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), tenues sous le thème : « Les responsabilités des acteurs de l’information et de la communication en contexte de défis sécuritaires et sanitaires en Afrique », a refermé ses portes, le vendredi 26 novembre 2021, dans la capitale burkinabè.

Les 12es Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) ont tenu leurs promesses. Placées sous le thème : « Les responsabilités des acteurs de l’information et de la communication en contexte de défis sécuritaires et sanitaires en Afrique », plusieurs activités inscrites dans le programme, à savoir conférence inaugurale, panels, masters class, exposition de matériel de l’information et de la communication, rencontres de travail, ont été réalisées.

A l’issue de 48 heures de travail, quatre recommandations ont sanctionné cette rencontre biennale des acteurs de l’information et de la communication du continent. Face aux manquements dans le traitement de l’information sécuritaire et leurs conséquences, les participants aux UACO ont recommandé aux journalistes de toujours mettre en avant les règles d’éthique et de déontologie ainsi que leurs responsabilités sociales lorsqu’ils abordent les questions sécuritaires. Dans l’objectif de faciliter l’accès aux sources d’informations pour des productions journalistiques de qualité, les 12es UACO ont invité les acteurs des médias et de la communication et les autorités à ne plus se regarder en chien de faïence, mais plutôt à améliorer leurs relations. L

a 3e recommandation est relative à l’institutionnalisation des masters class organisés au cours des présentes UACO, au regard de leur importance dans la formation des étudiants et des professionnels de l’information et de la communication. Enfin, face aux dérives dans l’exploitation des réseaux sociaux, les participants ont préconisé la mise en place des normes idoines pour une saine utilisation de l’internet.

Gouvernants et journalistes interpellés

Rendez-vous donné aux acteurs de l’information et de la
communication pour les 13es UACO, du 28 au 30 novembre 2023.

Le Secrétaire général du ministère en charge de la communication, Rabakhi Abou Bakr Zida, représentant le ministre de la Communication, a laissé entendre que ces conclusions sont une invite aux gouvernants à investir davantage dans la formation des journalistes, dans l’éducation des médias, à encourager le développement d’une offre professionnelle crédible et responsable, à soutenir et renforcer les capacités des organes de régulation pour une meilleure promotion des règles d’éthiques et déontologiques.

Il s’est réjoui des analyses pertinentes, judicieuses et objectives, des partages d’expériences utiles, du dialogue fructueux entre praticiens et chercheurs, issus de ces universités de la communication. Convaincu que ce cadre de réflexion ne saurait suffire pour épuiser la question de la responsabilité des acteurs de l’information et de la communication, M. Zida a invité ces derniers à davantage de professionnalisme. « C’est un débat de tous les temps et de tous les instants.

Chaque production journalistique et chaque acte de communication est toujours une occasion d’interrogation sur jusqu’où on peut aller au nom du droit du public à connaître la vérité », a-t-il indiqué. Les 12es UACO ont également servi de cadre pour la mise en place du Réseau africain des télédiffuseurs (RAT), regroupant les organismes de télédiffusion de l’espace UEMOA. L’honneur est revenu aux Burkinabè, Fidèle Tamini, directeur général de la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) de présider à la destinée de cette organisation sous-régionale. Rendez-vous est pris pour les 13es UACO qui se tiendront du 28 au 30 décembre 2023.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com


Propos d’experts

Pr Serge Théophile Balima, président du conseil scientifique des UACO : « Les journalistes, qui sont des professionnels de l’information, ont une grande responsabilité vis-à-vis de l’opinion publique, de la société ».

« Les réseaux sociaux constituent effectivement une menace pour le traitement de l’information par les journalistes et ils en sont conscients. Les journalistes, qui sont des professionnels de l’information, ont une grande responsabilité vis-à-vis de l’opinion publique, ont des comptes à rendre à la société ; alors que les activistes sur les réseaux sociaux, qui produisent et diffusent l’information, n’ont pas de responsabilité vis-à-vis des citoyens, du public. Ce ne sont donc pas les mêmes dimensions.

Le traitement de l’information en période de crise n’est pas si compliqué. Le journaliste doit se poser la question de savoir si l’information qu’il détient va être utile à son public, aux citoyens, à la société, à la sécurité des populations. Si la réponse est positive, il doit la donner. Mais si la réponse est négative, évidemment il ne doit pas diffuser cette information. Le repère du journaliste en pareille circonstance est l’intérêt de son public, des citoyens, des populations.

Les journalistes travaillent toujours dans un environnement de conflits d’intérêts. Les autorités gouvernementales ne voudraient jamais que les médias donnent des informations qui ne les arrangent pas ! Mais l’intérêt supérieur reste la sécurité des populations. Si votre information ne nuit pas à cet intérêt, vous la donnez et vous assumez. Il est vrai qu’il faut faciliter le travail des professionnels de l’information, mais les journalistes doivent aussi savoir négocier des rapports avec les autres parties prenantes de la sécurité afin de travailler en bonne entente dans l’intérêt des populations».


Dr Sahite Gaye, enseignant chercheur à l’université Cheick Anta Diop : « En contexte de crise, il convient de développer la communication publique qui est très différente de la communication politique »

« La communication est débat en Afrique et Ouagadougou est devenu durant ces trois jours, la capitale de la communication. Ce qu’il faut retenir est que dans une situation de risque sécuritaire et sanitaire, la communication a son mot à dire, pour ne pas dire qu’elle est au cœur de cette problématique. Comme indiqué dans les conclusions des UACO, il faut retenir qu’en situation de crise, le journaliste ou le communicateur/communicant, dans son travail d’information et de communication, doit faire attention.

Car l’information devient sensible. Mais le journaliste doit éviter de se transformer en communicant. L’autre élément est qu’en pareille circonstance, il convient de développer la communication publique qui est très différente de la communication politique. La communication publique est une communication d’intérêt général ; elle s’adresse à toute la population sans distinction».

Propos recueillis par M.S

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