Procès des manifestants du 27 novembre 2021 : le dossier renvoyé au 15 décembre

Le procès des leaders des organisations de la société civile regroupés autour du mouvement « Sauvons le Burkina Faso », arrêtés à l’issue de la marche du 27 novembre dernier, s’est ouvert, à Ouagadougou, le mercredi 8 décembre 2021, au Tribunal de grande instance Ouaga I.

Poursuivis pour atteinte à la sûreté de l’Etat, troubles à l’ordre public, organisation de manifestation illégale et destruction de biens publics, Hervé Ouattara, Mamadou Drabo et Adama Tiendrébéogo dit Colonel, tous du mouvement «Sauvons le Burkina Faso», étaient à la barre du Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I, le mercredi 8 décembre 2021, pour répondre de ces faits à eux reprochés.

Le conseil de ces acteurs de la société civile, constitué, entre autres, de Me Prosper Farama, Me Ambroise Farama, Me Paul Kéré et Me N’Doro Nana, était aux côtés des accusés. A l’issue de l’appel du dossier, le procureur a souhaité pour une bonne administration de la justice, le renvoi de l’audience au 15 décembre 2021 à l’effet de joindre le dossier d’Abdoul Karim Baguian et celui de Marcel Tankoano à cette procédure. Après avoir entendu les avocats et les mis en cause, le tribunal a accédé à la requête du procureur en décidant du renvoi du dossier comme demandé. Mais en attendant cette date, les avocats de la partie civile ont formulé une demande de mise en liberté provisoire pour leurs clients. Cette requête s’appuie selon Me Paul Kéré, sur le fait que : « ce sont des gens connus et reconnus dans la capitale, qui ont leurs domiciles et leurs familles à Ouagadougou et qui se sont d’ailleurs battus en 2014 pour la consolidation des institutions de la république ». Le procureur, estimant que le délai de huit jours n’étant pas si long, n’a pas accordé la requête de mise en liberté provisoire. Ainsi, le dossier sera enrobé pour le 15 décembre 2021 pour une meilleure administration de la justice. Et Me Kéré de s’insurger face à cette décision qu’il qualifie d’incompréhensible.

« Mes clients ne comprennent pas pourquoi, ils ont été appréhendés », a-t-il souligné. La liberté de manifester, a-t-il ajouté, est un droit constitutionnel et la Constitution est au-dessus de tous, y compris l’arrêté du maire qui interdisait la marche. « La Constitution est au-dessus de la loi, du décret et de l’arrêté d’un maire », a-t-il relevé. L’avocat de la défense a dit se réserver le droit d’apporter un démenti à l’argument selon lequel la demande préalable d’autorisation n’a pas été déposée. Il a soutenu qu’elle a été bel et bien déposée. « C’est la mairie qui a refusé de la recevoir et nous avons un constat d’huissier qui va effectivement prouver que la demande a été déposée de sorte que l’illégalité présumée de la marche est battue en brèche », a confié Me Paul Kéré.

Emmanuel BICABA

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