Nomination de Lassina Zerbo : le retour de la confiance ?

C’est sur un technocrate de haut vol que le choix du président du Faso s’est porté pour diriger le futur gouvernement. Le décret rendu public le vendredi 10 décembre dernier nomme Lassina Zerbo, 58 ans, Premier ministre, Chef du gouvernement. Jusque-là Secrétaire exécutif de la Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), le nouveau Premier ministre est plus connu dans les hautes sphères internationales que dans le landerneau politique national. Au-delà du cursus de ce géophysicien que la majorité des Burkinabè loue avec respect et considération, il est attendu du nouveau Premier ministre qu’il mette immédiatement les mains dans le cambouis pour restaurer la confiance perdue entre gouvernants et gouvernés.

Les derniers étant désabusés par une gestion marquée jusque-là par la course effrénée à l’argent qui affole les compteurs des organismes nationaux et inter-nationaux de contrôle (ASCE-LC, REN-LAC, GIABA…) et surtout par une crise sécuritaire qui fait non seulement des victimes (civiles et militaires) mais ronge insidieusement le moral des populations au point que l’implosion sociale n’était plus loin.

Le retour de la confiance facilitera sans nul doute une adhésion populaire à l’appel à contribution à l’effort de guerre lancé par le Chef de l’Etat à l’occasion de son message à la Nation, le 10 décembre 2021. On perçoit donc que deux tâches prioritaires attendent le nouveau Premier ministre. Réinstaurer une gouvernance vertueuse en édictant la tolérance zéro pour tous les prévarica-teurs et les flibustiers de l’administration publique. Laquelle doit répondre aux attentes des insurgés d’octobre 2014 et des Burkinabè dans leur ensemble. Aussi tous les dossiers pendants de crimes économiques devraient-ils être vidés sans état d’âme. Le second défi qui devra être relevé est celui sécuritaire dont dépend la survie du pays, en optant pour un langage de vérité et la responsabilisation de toutes les composantes de la société burkinabè. L’option militaire ne saurait être la panacée face à une crise culturelle, économique, qui com-mande d’interroger le passé pour mieux appréhender l’avenir. Sera-t-il à la démesure de la crise sécuritaire comme nous l’écrivions ? Saura-t-il bâtir une équipe gouvernementale de résilients à la hauteur des nombreux défis et attentes de ses concitoyens et dont la contribution est plus que jamais attendue ? Les derniers actes du commandant du navire battant pavillon Burkina Faso notamment la réorganisation au sein de l’Armée et l’opération « main propres » viennent convaincre davantage les plus sceptiques sur le fait que le pays a plié certes, mais qu’il ne rompra jamais, cela dans le droit fil de sa glorieuse histoire.

La Rédaction

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