Budget de l’Etat, exercice 2022 : la loi de finance adoptée

L’Assemblée nationale a adopté la loi de finance pour l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2022, au cours d’une séance plénière, le jeudi 16 décembre 2021, à l’Hémicycle, à 101 députés « pour » et 26 abstentions. Les recettes totales s’établissent à 2 349 milliards 112 millions 550 mille FCFA et les dépenses totales à 2 919 milliards 148 millions 573 mille FCFA.

L’Assemblée nationale burkinabè a tenu sa session budgétaire, le jeudi 16 décembre 2021, à l’Hémicycle. Au cours de la séance plénière, elle a adopté la loi de finance initiale pour l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2022 à 101 députés « pour » contre 26 abstentions. Il ressort du rapport de la Commission des finances et du budget (COMFIB) que les recettes totales s’établissent à 2 349 milliards 112 millions 550 mille FCFA et les dépenses totales à 2 919 milliards 148 millions 573 mille FCFA, soit respectivement une hausse de 10,18% et de 9,22%. Selon le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Lassané Kaboré, les prévisions de recettes ordinaires se chiffrent à 2 010 milliards FCFA en 2022 contre 1 817,5 milliards F CFA en 2021 soit un accroissement de 192,5 milliards FCFA en valeur nominale et 10,6% en valeur relative. Les recettes ordinaires sont constituées, a-t-il indiqué, de recettes fiscales qui représentent 87,7% du total en 2022. « Les recettes ordinaires représentent 85,6% des recettes totales du budget de l’Etat en 2022 contre 85,3% en 2021. Quant aux recettes extraordinaires, elles se chiffrent en 2022 à 339,1 milliards FCFA contre 314,5 milliards FCFA en 2021 correspondant à une hausse de 24,6 milliards FCFA en valeur absolue et 7,8% en valeur relative », a déclaré Lassané Kaboré.

Améliorer le recouvrement des recettes ordinaires

En vue d’améliorer davantage le recouvrement des recettes ordinaires, a-t-il assuré, le gouvernement poursuivra les réformes en cours au niveau des régies de recettes. A cet titre, a-t-il expliqué, les principales actions porteront sur la poursuite de la digitalisation des services de la Direction générale des impôts (DGI), les activités d’information et de sensibilisation des contribuables sur les diverses échéances déclaratives des impôts et taxes contenus dans la loi de finance initiale de 2021. Sur cette liste, se trouvent également, a poursuivi le ministre Kaboré, le suivi régulier des obligations déclaratives et des paiements des contribuables, la poursuite des actions de formation et de sensibilisation des grandes et moyennes entreprises afin de recourir systématiquement au télépaiement. Il y a également, a-t-il ajouté, la poursuite des travaux d’analyse et d’apurement des arriérés fiscaux pour un meilleur ciblage des actions de recouvrement, l’application effective de la taxe sur les activités financières et le renforcement du contrôle des éléments de datation notamment la valeur des marchandises.

Le renforcement du contrôle non instructif par visage au scanner comme moyen de contrôle des chargements homogènes dans les services de douane et la relecture des textes relatifs aux bureaux frontaliers pour adapter les compétences aux réalités économiques actuelles et réduire les déperditions des recettes au cours du transit intérieur, sont aussi concernés, a laissé entendre M. Kaboré. « Les prévisions de dépenses du budget de l’Etat, exercice 2022 se chiffrent à 2 919, 1 milliards FCFA contre 2 672, 8 milliards FCFA en 2021 soit un accroissement de 9,2%. Elles sont constituées de dépenses ordinaires pour un montant de 1 913, 3 milliards FCFA et de dépenses en capitales de 1 005,8 milliards FCFA correspondant à des parts relatives de 65,5% et 34,5%. Ces parts relatives étaient de 66,7% et 33,3% en 2021 ; 65,9% et 34,1% en 2020 », a-t-il soutenu. La prédominance des dépenses ordinaires dans le budget 2022 s’explique essentiellement par l’évolution des dépenses de personnels qui sont passées de 878 milliards FCFA en 2020 à 950 milliards en 2021 et devant se situer à 1 012 milliards FCFA en 2022. « Leur part relative par rapport aux dépenses budgétaires totales est de 34,7% en 2022 contre 35,5% en 2021 et 34,7% en 2020. Elles absorbent 50,3% des ressources propres du budget de l’Etat 2022 contre 52,3% en 2021. Rapportées aux recettes fiscales, les dépenses de personnels représentent 57,4% en 2022 contre plus de 59% en 2021. Les dépenses d’investissements se chiffrent à 995,8 milliards FCFA en 2022 contre 871,2 milliards FCFA en 2021 soit une hausse de 124,6 milliards FCFA », a laissé entendre le ministre en charge de l’économie. S’agissant du déficit budgétaire, au regard du rapport de la COMFIB, il est évalué à -570 milliards 36 millions 23 mille en 2022 contre -540 milliards 800 millions 107 mille en 2021 soit une aggravation de 5,41%.

Le budget élaboré dans un contexte difficile Le ministre Kaboré a confié, à la fin de la séance budgétaire, que le budget de l’Etat, exercice 2022 a été élaboré dans un contexte particulièrement difficile pour le Burkina Faso lié à l’insécurité et à la COVID-19 qui handicapent l’économie mondiale. En conséquence, a-t-il dit, ce budget tient compte des priorités liées à ces aléas d’où une part importante de plus de 20% de l’ensemble des ressources est accordée aux secteurs de la défense et de la sécurité. « Cela montre à souhait l’importance que le gouvernement accorde à ces deux secteurs. Au niveau de la santé, le taux a été ramené à 13% contrairement aux autres années même si la cible c’est 15%. Cette adoption de la loi donne les moyens au gouvernement de poursuivre inlassablement la mise en œuvre de notre politique de développement y compris les autres politiques en termes de sécurisation du territoire », a-t-il affirmé. Par ailleurs, des concertations entre le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé et le ministre en charge de l’économie, rendues publiques lors de la séance plénière, font état d’une amélioration des conditions de rémunération, entre autres, des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Boukary BONKOUNGOU

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