Homme de l’année de Sidwaya : Pr Halidou Tinto, l’espoir de la lutte contre le paludisme

Dans quelques jours, l’année 2021 va faire place à 2022. Cette année, le « journal de tous les Burkinabè » a désigné, le Pr Halidou Tinto, directeur régional de l’IRSS au Centre-Ouest du Burkina et chef de l’Unité de recherches cliniques de Nanoro, comme sa personnalité de l’année. Grâce à ses prouesses, l’Afrique et le monde sont sereinement en train de mettre sur pied le premier vaccin contre le paludisme. A travers ces lignes à lui consacrées, nous vous faisons découvrir cette icône, ce brillant chercheur dont les travaux suscitent des espoirs dans la lutte pour l’éradication du paludisme.

Chercheur hors pair et symbole de la recherche du vaccin contre le paludisme, Pr Halidou Tinto est un scientifique qui fait la fierté du Burkina, de l’Afrique et du monde entier. Son combat contre l’anophèle femelle qui continue d’endeuiller de milliers d’africains chaque année, a commencé dès 1995 lorsqu’il oriente ses activités de recherche sur la surveillance épidémiologique de la résistance aux médicaments contre le paludisme en tant que chercheur associé au Centre Muraz à Bobo- Dioulasso (1995-1999), au développement de la médecine alternative contre le paludisme à la Royal Danish School of Pharmacy au Danemark (1999-2000).

Attaché de recherche à l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) du Burkina Faso (2001), en 2006, il obtient son PhD à l’Université d’Anvers (Belgique) où il travaille sur l’épidémiologie et les mécanismes de la résistance aux médicaments contre le paludisme au Burkina Faso et au Rwanda à l’Institut de médecine tropicale (ITM), d’Anvers. Après son doctorat, il crée l’Unité de recherche clinique de Nanoro en 2009. Dans ce laboratoire, Pr Tinto et son équipe travaillent d’arrache-pied avec pour objectif d’aider l’humanité à vaincre le paludisme avec des tests sur le vaccin RTS, S (vaccin de première génération), synthétisé par la firme pharmaceutique GSK, basée en Belgique. Les années passent, mais sa détermination ne faiblit pas. L’attente d’une prochaine vaccination contre le paludisme est grande à travers l’Afrique et le monde. Après une douzaine d’années de travail acharné, la lumière de l’espoir jaillit enfin dans le laboratoire de Nanoro.

Le candidat vaccin R21/Matrix-M, des chercheurs de l’unité de recherches cliniques de Nanoro et leurs partenaires de l’université d’Oxford au Royaume-Uni contre le paludisme montre une efficacité de l’ordre de 77%, devenant ainsi le premier vaccin à atteindre l’objectif d’efficacité vaccinale de 75% fixé par l’OMS. Depuis cette prouesse, ce brillant scientifique qui a été récompensé pour son parcours à travers son admission parmi les immortels de la prestigieuse Académie africaine des sciences, le 10 août 2020, ne cesse de glaner des prix et des reconnaissances au plan international et mondial. Directeur régional de l’IRSS au Centre-Ouest du Burkina et chef de l’unité de recherches cliniques de Nanoro, le Pr HalidouTinto a été déclaré, le 28 octobre 2021, par le « Internationale Achievements Research Center » basé au Canada, meilleur scientifique en sciences de la santé de l’année 2021, devenant ainsi le premier Burkinabè à recevoir cette prestigieuse distinction, parmi des dizaines de chercheurs du monde, pour ses travaux sur le candidat vaccin R21/Matrix-M. « Je pense que c’est surtout ce résultat qui a impacté le choix de ma personne en tant que premier responsable du centre ayant œuvré à présenter pour la première fois, dans l’histoire de l’humanité, un vaccin qui pouvait protéger jusqu’à 75% sur une année », affirme-t-il.

« La solution viendra du Burkina… »

Pour son combat pour la lutte contre le paludisme, il est nommé parmi les « Games changers » 2021 de la revue panafricaine Jeune Afrique. Après le titre de meilleur scientifique de l’année 2021 attribué par le « International Achievements Research Center » du Canada et celui honorifique de Game Changer, le mérite du Pr Halidou Tinto a encore été reconnu et salué courant décembre 2021, par l’Academic Union, basé à Oxford en Angleterre qui l’a désigné lauréat de la médaille de The Name in science 2021. L’Academic Union est une association académique internationale regroupant plus de 200 chanceliers d’université, des scientifiques et chercheurs qui poursuivent les idéaux d’excellence académique, d’innovation et d’accessibilité et s’engagent à diffuser ces valeurs fondamentales à travers sa communauté mondiale. Et cette distinction est faite aux personnalités les plus respectées dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation. Pour leur contribution personnelle à la recherche scientifique, les réalisations personnelles dans le développement de la science nationale, ainsi que la contribution à la résolution des problèmes sociaux, politiques et économiques régionaux et mondiaux. Grâce au Pr Halidou Tinto, la lutte contre le paludisme vient de prendre un tournant décisif. Le 6 novembre 2021, l’OMS a approuvé une large utilisation du vaccin RTS,S chez les enfants en Afrique subsaharienne et dans d’autres régions où la transmission du paludisme est modérée ou élevée en attendant les résultats de l’étude de la phase 3 du candidat vaccin R21/Matrix-M.

« Le vaccin RTS,S qui a été recommandé par l’OMS pour un usage à grande échelle, est le vaccin de première génération que nous avons testé, il y’a un peu plus de 10 ans », a expliqué Pr Tinto. Il soutient que ce vaccin qui a été synthétisé par la firme pharmaceutique GSK avait fait l’objet d’un essai clinique de phase 3 dans 11 sites répartis dans sept pays africains dont le Burkina avec le site de Nanoro. Au bout de cinq ans de travaux qui ont commencé en 2009 pour se terminer en 2013, il a pu être démontré que ce vaccin (avec une dose de rappel) protégeait sur une année à 56% et sur 4 ans à 39%. « Nous croyons que la solution contre le paludisme viendra du Burkina. Nous encourageons l’équipe à poursuivre la 3e phase pour nous donner des résultats qui permettront d’aller plus en avant pour que soit mis sur le marché un vaccin qui nous permettra de réduire la morbidité et la mortalité dues au paludisme », a déclaré le chercheur Tinto, auteur et co-auteurs de 223 articles scientifiques et de deux livres dans des revues scientifiques internationales.

Abdel Aziz NABALOUM

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