Le monde en 2021 : La montée des extrémismes

De l’assaut du Capitole le 6 janvier par des partisans de Donald Trump, furieux et dépités par la défaite de leur champion, à la prise de Kaboul par les Talibans en août en passant par une nouvelle confrontation israélo-palestinienne en mai et l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse en juillet, la scène politique internationale aura été marquée par la montée tout azimut des extrémismes de tous bords qui ont étendu le spectre de la guerre et ravivé la guerre froide que l’on croyait finie avec la chute du mur de Berlin, qui avait, semble-t-il, entraîné la mort (sic) des idéologies.

Un extrémisme qui n’a pas épargné l’Afrique, dont la plupart des régions sont en proie à un jihadisme (?) dont les contours sont pour le moins ondoyants et divers si tant est que derrière les raisons invoquées pour justifier cette sale guerre, se cachent d’autres motifs autrement plus mercantiles, chacune des puissances qui alimentent le conflit, entendant rester ou devenir le maître sur cette partie du monde dont on convient qu’elle est l’avenir du monde, au regard de ses ressources stratégiques et nécessaires pour la quatrième révolution industrielle.

Commencée donc sous de funestes augures, avec cette horde de partisans de Donald Trump qui ont saccagé le saint du saint de la démocratie américaine, sous l’œil médusé et incrédule de leurs compatriotes et du monde, l’année 2021 ne pouvait donc être que celle de la fureur et la guerre, avec cet exemple donné par la plus grande démocratie du monde.

Une année horrible qui atteindra l’un de ses pics dès le mois de mai, avec une nouvelle confrontation israélo-palestinienne, et Jérusalem-Est comme raison principale de cet embrasement.

Un choc qui aura fait 232 morts côté palestinien et 11 dans l’autre camp et qui n’a pas, loin s’en faut, résolu cette équation qui dure depuis la déclaration Balfour de 1917 et qui est devenue un abcès de fixation depuis la création de l’Etat hébreu en 1948, au cœur de la Palestine dont les deux cousins réclament l’héritage au nom d’un continuum historique sur lequel nous ne nous attarderons pas, là n’étant pas notre sujet. Indiquons tout simplement qu’Israël est plongé depuis, dans une crise politique et philosophique, dont il sortira difficilement, s’il ne « ressuscitait » pas les idées d’Ithzak Rabin en acceptant la solution de deux Etats et la cession de Jérusalem-Est aux Palestiniens.

Quant à Haïti, on peut dire que la résurrection n’est pas pour demain, depuis la mort du Président Moïse, et la mise sous coupe réglée du pays par des narcotrafiquants, contrôlés par les « capos » de Miami, dont on dit qu’ils ne seraient pas étrangers à l’assassinat d’un homme qui voulait mettre fin à ce trafic honteux. Haïti qui a faim, Haïti dynamité par les catastrophes naturelles et les maladies, le tableau dépeint par Césaire dans « Le cahier d’un retour au pays natal » est plus actuel que jamais.

Pour leur part, les Talibans afghans boivent du petit lait, eux qui, après une longue guerre de vingt ans, sont parvenus à vaincre les troupes occidentales coalisées et à les bouter hors de leur pays, au cours d’une retraite peu glorieuse que les Américains n’ont jusque-là pas digéré.

A côté de ces cataclysmes politiques, ceux, naturels sont venus nous rappeler la nécessité de parvenir à un accord sur le climat qui nous préserve de l’apocalypse qui nous pend au nez, si nous (surtout les grandes puissances) persistons dans cette course frénétique vers l’argent-roi, au détriment d’un écosystème mondial en voie de carbonisation très avancée.

L’Afrique dans l’œil du cyclone

Dans tous les cas, les signaux d’alerte n’ont pas manqué de nous le rappeler avec les inondations meurtrières survenues en Europe (Allemagne et Belgique) ainsi qu’aux Etats-Unis et au Brésil. L’échec de la COP26 n’incite pas à l’optimisme, surtout que la COVID-19 a freiné les efforts d’industrialisation des grands pollueurs qui sont pressés de remettre le turbo pour rattraper ce retard circonstanciel.

Tous les problèmes sus-invoqués, apparaissent cependant comme de la mie de pain au regard de ceux qui minent notre continent et qui ont pour nom, terrorisme, guerres civiles, crises sanitaire et alimentaire sans oublier le «menu fretin » comme le surendettement et le chômage des jeunes qui sera la bombe sociale de demain, si nos dirigeants n’optaient pas hic et nunc pour des solutions endogènes et intégrées, les programmes de développement ayant montré leurs limites.

Attardons-nous sur le terrorisme pour dire que les raisons invoquées pour justifier cet obscurantisme moyenâgeux nous semblent très loin de la réalité, la reconquête de l’Afrique à travers une conférence de Berlin bis nous paraissant la plus plausible. Continent de l’avenir, l’Afrique est devenue depuis l’avènement de la mondialisation, le nouvel eldorado à conquérir par tous les prédateurs savamment déguisés en « apporteurs » de bien-être et tous les coups sont permis comme à l’époque du triste souvenir de la colonne Voulet-Chanoine et autres Savorian de Brazza.

Une reconquête qui se fait par supplétifs pour les uns et à coups d’espèces sonnantes et trébuchantes et de chantage pour les autres. Face à cette nouvelle invasion qui menace la survie même de nos États, seul l’Etat fédéral africain théorisé par des savants comme Ki-Zerbo et Anta Diop apparaît comme la panacée. Une préoccupation que nos dirigeants ne prennent pas en compte, offrant nos Etats comme des moutons de sacrifice à cette mondialisation prédatrice dans laquelle les gros poissons mangent les alevins sans état d’âme. Une politique de la courte vue pour ne pas dire de la méconnaissance de l’histoire du monde qui nous maintient toujours dans notre position de damnés de la terre. Tristes tropiques.

Boubakar SY

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