Libye : Les incertitudes d’une présidentielle

Après le rendez-vous manqué du 24 décembre 2021, les Libyens devront attendre encore pour être situés sur la prochaine date de la présidentielle. Le parlement libyen qui s’est réuni le 28 décembre 2021 n’a pas pu arrêter une autre échéance et a renvoyé la question à une autre rencontre prévue la semaine prochaine.

Selon la commission parlementaire chargée du suivi des élections, « il serait hasardeux, à ce stade, de fixer une nouvelle date pour l’élection présidentielle ». A l’origine de ce blocage, l’incapacité de la commission électorale à publier la liste finale des candidats à la présidentielle. A l’heure actuelle, il est question de redéfinir une nouvelle feuille de route « réaliste et applicable » à même de conduire à l’organisation du scrutin lorsque la prochaine date sera retenue.

Alors que le peuple libyen attendait avec beaucoup d’espoir le scrutin présidentiel qui devrait apporter une éclaircie dans la grisaille de la Libye, il devra encore s’armer de patience et de courage. Devenue le terrain privilégié où se trament les jeux d’intérêts des grandes puissances depuis la chute de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, la Libye a du mal à se remettre du chaos.

Si la tenue de l’élection présidentielle est en train de s’installer dans une impasse, c’est parce que la validation de certaines candidatures est mal vue par certaines puissances qui voient leurs intérêts menacés. Que ne feront-elles pas pour maintenir le statu quo qui leur profite ? Pourquoi se hasarder à faire un saut dans l’inconnu quand cette situation actuelle du pays, partagé entre différentes factions qui font la loi, arrange plus d’un ?

Autant d’interrogations qui montrent la difficulté dans laquelle se trouve le processus électoral. Mais tout compte fait, il appartient à la classe politique libyenne et les chefs des tribus de se faire une raison pour parvenir à des concessions qui permettront au pays de renouer avec la stabilité.

Tant que les parties prenantes continueront à se regarder en chiens de faïence et à s’étriper pour des intérêts partisans, ceux qui veulent le maintien du statu quo exploiteront à souhait ces lézardes. Le pétrole libyen, principale ressource du pays, est en train d’être pillé par des puissances étrangères avec la complicité des Libyens qui prétendent agir au nom du pays.

Pour l’avenir de la Libye, tous devraient se convaincre de la nécessité de dépasser leurs contradictions entretenues par les égoïsmes démesurés afin de ramener la quiétude au sein de la population qui a assez payé un lourd tribut dans cette déstabilisation du pays. Le report sine die de la présidentielle est un prétexte pour prolonger l’exploitation du pétrole libyen.

S’ils pensent d’abord au pays et au peuple, les leaders politiques libyens devraient oser ce sursaut patriotique qui va à tout le moins, clore cette parenthèse chaotique en Libye. L’urgence de l’heure, c’est sans aucun doute le retour de la stabilité et la mise en place d’institutions au service de l’unité nationale. Sinon, le reste n’est qu’un pathétique de jeu de l’ego qui débouchera sur le néant. Il est temps que les Libyens parlent d’une seule voix dans le souci de la préservation du bien commun.

Karim BADOLO

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