Saint-Sylvestre : peu d’engouement, dans les bars et buvettes

Les populations de Ouagadougou ont fêté le réveillon de la Saint-Sylvestre, le vendredi 31 décembre 2021. Dans les bars et buvettes de la capitale, les animateurs étaient peu nombreux à s’y rendre.

Le caissier de « taxi-brousse », Marcus, souhaite le retour de la paix.

A « One night », un bar situé à Dapoya, secteur 3 de la ville de Ouagadougou, l’ambiance est quelconque aux environs de 23h40mn. L’intensité musicale perce le tympan des clients assis sur des tables garnies de bouteilles de bière et de sucrerie, attendant minuit pour manifester leur joie. Pendant ce temps, l’auberge « La Rose », à proximité de ce lieu de réjouissance, refuse du monde. Consommation de l’alcool oblige, d’autres fêtards y rentrent pour satisfaire leur libido. A minuit, la fête atteint son paroxysme. Elle est marquée par des feux d’artifice, mêlés de cris de joie des uns et des autres. Clients, serveuses et responsables du bar se retrouvent pour esquisser des pas de danse au son de la musique de l’artiste « Lokassa ya M’bongo », « Bonne année ».

Folle de joie, la serveuse, Djata Bako s’exprime : « aujourd’hui, c’est le jour de mon anniversaire. J’ai un an de plus. C’est une grâce pour moi de remercier Dieu. A toux ceux qui sont sortis pour célébrer la fête, je prie Dieu que chacun retourne chez lui paisiblement sous la protection de Dieu ». Dans son état euphorique, elle a exprimé sa gratitude à son employeur qui lui a offert une tenue d’anniversaire. Une action pour elle de remercier le responsable, Hervé Yaméogo. Dans sa chemise blanche, des lunettes accrochées au premier bouton, le gérant du maquis, M. Yaméogo livre une des particularités de sa bôite, par rapport à la célébration du nouvel an. « Nous connaissons les attentes de nos clients. Dans ce bar, nos valeurs reposent sur le respect, l’écoute et la patience. Ce qui fait la particularité de cette fête, c’est notre manière de se comporter avec les clients et le choix des musiques qui dégagent la joie de l’être humain », explique-t-il, tout sourire. Créé en 1993, « One night », selon lui, a toujours été un bar de réjouissances des fêtards au fil des années.

La morosité du marché

Malheureusement, contre toute attente, les recettes ne sont pas comparables aux années antérieures. Pour des raisons liées à l’insécurité, il a fait savoir que certaines personnes ne fréquentent plus les lieux publics, particulièrement les bars, les jours de fête, sous prétexte d’être surprises par des individus mal intentionnés. Malgré tout, il invite les populations à manifester leur joie, car « un Burkinabè » ne cède pas à la panique. Selon Lazare kafando, un client, il a préféré célébrer sa fête autrement dans ce bar. Selon lui, le nouvel an doit se fêter hors de la maison avec les amis. Aux environs de 22h15mn à la buvette « chez Sabine », située à Nemnin, les clients sont peu nombreux. Cette buvette qui, selon sa gérante Brigitte Moné, n’a en aucun moment enregistré une baisse pareille de sa clientèle la nuit de la Saint-Sylvestre. Au nombre d’une dizaine, les yeux fixés sur leurs smartphones, certains ont l’air tristes. Des explications de Brigitte Moné, les populations sont confrontées à un problème de moyens financiers pour manifester leur joie. Comparativement aux années antérieures, poursuit-elle, la majorité de ses clients étaient des hommes de tenue. «L’an dernier, il y avait un militaire qui venait consommer chez moi. Un jour, j’ai été informé qu’il a été tué au cours d’une attaque. Choquée par ces évènements douloureux, j’ai tiré une conclusion compte tenu de la morosité du marché pendant ces fêtes », regrette-t-elle.

La rentabilité économique de son entreprise, en ces moments, laisse à désirer, selon elle, car les nuits, des clients se méfient de fréquenter les bars et buvettes, le jour des fêtes. Au bar « taxi-brousse » sur l’avenue Kwamé-Nkrumah, vers 01h45mn,le spectacle est désolant. De l’intérieur comme de l’extérieur, les chaises attendent toujours des clients. Des vendeurs ambulants se promènent dans les environs à la recherche des consommateurs. Malheureusement, ce jour est particulier. L’ambiance n’était pas au rendez-vous. Selon le caissier Marcus, les bars ne sont plus bondés de fêtards. Surtout, explique-t-il, cette avenue est confrontée à un chaos économique les nuits, due à l’insécurité. Certains consommateurs se sont retirés pour se réjouir ailleurs. Mais, en général, pour cette fête, les populations ont préféré la célébrer dans leurs familles. Son client, Honoré Guébré, soutient que ses collègues ont dû rester à la maison pour fêter en famille, car les ressources financières ne sont pas au beau fixe. Par curiosité, il a décidé de prendre une bouteille de sucrerie avant de regagner son domicile. Il a en effet présenté ses vœux à la population et souhaité que la paix revienne dans le pays pour permettre aux responsables des bars de mener à bien leurs activités pendant les fêtes.

Oumarou RABO

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