Sauver l’école du péril terroriste

Lors du Conseil des ministres du mercredi 5 janvier 2022, un point a été fait sur les établissements scolaires affectés par le phénomène de l’insécurité. Il est ressorti que 3 280 établissements ont été fermés sur l’ensemble du territoire national du fait des attaques terroristes. Ce qui représente 13,09% des structures éducatives du pays. Une situation qui touche 511 221 élèves et 14 901 enseignants. Face à ce constat alarmant, des mesures ont été prises pour permettre aux élèves de poursuivre leur cursus. Ainsi 205 établissements ont pu rouvrir, ce qui a permis à 39 812 élèves et 1099 enseignants de retrouver le chemin des classes. Dans la même dynamique, 25 établissements ont été délocalisés et d’autres initiatives ont été prises pour réinscrire 135 981 élèves déplacés internes dans 3 673 établissements à travers le pays.

Ces efforts méritent d’être poursuivis afin de permettre à l’ensemble des élèves affectés dans leur cursus par l’insécurité de renouer avec l’école. Il faut le dire, l’éducation reste le véritable rempart contre tout l’obscurantisme ambiant et les agissements moyenâgeux de certains qui voudraient ramener le monde dans les ténèbres. Les terroristes s’en prennent à l’école parce qu’ils savent qu’elle est l’antithèse de leurs hérésies et de leur folie meurtrière. En dynamitant les écoles, les terroristes veulent empêcher la lumière de visiter les esprits afin qu’ils puissent réussir leur projet funeste de vouloir engluer la société dans l’obscurantisme.

Les moyens doivent donc être mobilisés à tout prix pour relever le défi de l’éducation. Si certains ont pu facilement succomber aux sirènes mortifères du terrorisme, c’est quelque part par manque d’éducation et de sens critique. Assurer la continuité du système éducatif au profit de tous les enfants burkinabè est aussi un impératif que la lutte armée contre les forces du mal. Plus que l’Etat, ce défi interpelle chaque citoyen. Défendre la pérennité de l’école, c’est aussi lutter contre les racines qui alimentent le terrorisme. C’est pourquoi de bonnes volontés devraient accompagner le gouvernement dans sa volonté de maintenir tous les enfants à l’école en apportant leurs contributions aux efforts qui sont déployés. L’engagement citoyen ne consiste pas seulement à vitupérer contre les dirigeants. Il implique que chacun apporte, selon ses capacités, sa pierre à l’édification des articulations qui tiennent la société dans son unité et dans sa diversité. Contre vents et marées, l’école doit être sauvée. Elle ne saurait être l’otage d’obscurantistes terroristes qui veulent vaille que vaille imposer leur diktat nihiliste. « L’école est à la société et à l’humanité, ce que la conscience est à tout être humain, instance de lucidité réflexive, créative qui peut nous faire tutoyer l’excellence de notre condition finie mais raisonnable », a si bien formulé le Pr Jacques Nanema.

Karim BADOLO

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