Stabilité institutionnelle : Le CGD promeut les valeurs démocratiques

Le procureur du Faso, Charles Coulidiati : « la raison d’être de la justice est la cohésion sociale ».

Le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a tenu une conférence publique, le vendredi 21 janvier 2022, à Tenkodogo, sur la promotion des valeurs démocratiques et la cohésion sociale au Burkina Faso.

Le renforcement de la démocratie et la cohésion sociale tiennent à cœur le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD). Il a, à cet effet, organisé une conférence publique, le vendredi 21 janvier 2022 à Tenkodogo sur le thème : « La promotion des valeurs démocratiques en vue de la construction d’une stabilité institutionnelle et la cohésion sociale dans notre pays ». Cette conférence a été animée par le professeur de droit, Augustin Loada et le procureur du Faso de Tenkodogo, Charles Coulidiati.

Le premier a axé sa communication sur les valeurs démocratiques pour la consolidation de la stabilité institutionnelle. D’après le Pr Loada, il y a deux conceptions de la démocratie. Pour les uns, celle-ci renvoie aux élections qui attestent de la volonté populaire, critère essentiel de la légitimité. « C’est pour cette raison que la junte malienne subit une pression », a-t-il déclaré. Aux élections, il faut, a détaillé le conférencier, ajouter la reddition des comptes.

Ce qui suppose, à son avis, des sanctions en cas de mauvaise gouvernance. La deuxième conception de la démocratie pour les autres, a indiqué Augustin Loada, est la garantie des droits fondamentaux des citoyens, notamment les droits civils et politiques ; économiques et sociaux. La citoyenneté doit être inclusive. Pour ce faire, a-t-il déclaré, il faut que les citoyens puissent s’exprimer librement et qu’ils soient associés à la gestion de la chose publique.

Selon lui, le peuple demeure souverain même si des élections confèrent une légitimité aux gouvernants. « Elire un gouvernant, ce n’est pas lui signer un blanc-seing », a-t-il précisé.

Le rôle de la justice

Le second conférencier, le procureur du Faso, près le Tribunal de grande instance de Tenkodogo, Charles Coulidiati, s’est entretenu avec le public sur le renforcement de la cohésion sociale au Burkina Faso.

A son avis, cette dernière est synonyme du degré de confiance à l’Etat et à la société et la volonté de participer ensemble au développement. « L’exclusion, l’intolérance, les conflits communautaire et religieux, l’inégale répartition des richesses sont, entre autres, à l’origine de la fragilisation du tissu social », a-t-il souligné.

Les défis à relever pour une cohésion sociale, a poursuivi le conférencier, sont celui de la gouvernance, de la sécurité, du foncier, du contrôle de l’enseignement religieux, des initiatives locales de sécurité qui doivent intégrer les droits humains dans leurs pratiques. A l’occasion, le procureur du Faso a montré le rôle joué par la justice pour la cohésion sociale.

Celui-ci se traduit, selon lui, par l’assistance judiciaire, la réduction des délais de traitement des actes de justice, la réduction des délais de jugement et de la rédaction des décisions de justice, les audiences foraines qui permettent, à la fois, de dire le droit et de sensibiliser les populations, le contrôle des unités de police judiciaire afin qu’il n’y ait pas d’abus dans les détentions préventives.

A la question de plusieurs participants de savoir pourquoi la démocratie ne fonctionne pas en Afrique, le Pr Loada a soutenu qu’il faut l’adapter aux réalités africaines. Peut-on concilier chefferie traditionnelle et valeurs démocratiques ?

Pour Augustin Loada, il n’y a pas d’incompatibilité, la première peut aider à promouvoir les valeurs de la seconde. Répondant à une préoccupation d’un intervenant sur la suspension de Facebook, le conférencier a estimé que la meilleure option pour le gouvernement serait de laisser ce réseau social fonctionner au Burkina Faso quitte à veiller sur les usagers sous le contrôle de la justice.

Pour le procureur Coulidiati, la suspension de Facebook, contrairement à ce que d’aucuns pensent, ne relève pas pourtant de la dictature, car l’Exécutif est dans son rôle. Charles Coulidiati a dit ne pas comprendre pourquoi, en dépit des expressions de colère, aucune action n’ait été intentée, à ce jour, par un citoyen ou groupe de citoyens devant les juridictions contre cette mesure gouvernementale.

Anselme KAMBIRE

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